Le nom religion, en grec threskeia, est quatre fois dans le nouveau testament. Ce terme est utilisé deux fois pour des situations à ne pas prendre en exemple dans les Actes et Colossiens. (1) et deux fois dans Jacques, voir ci-dessous.

  • Jacques 1 : 26-27 Si quelqu’un croit être religieux, (threskos), sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son coeur, la religion (threskeia) de cet homme est vaine. La religion (threskeia) pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde.

L’adjectif religieux, en grec threskos, est utilisé une unique fois dans le nouveau testament dans ce même passage de Jacques.

Jacques définit donc ainsi la religion pure et sans tache:

  1. visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions
  2. se préserver des souillures du monde
  3. mesurer nos paroles

Les veuves et les orphelins est une expression pour parler de toute personne dans les difficultés ou la fragilité.

Visiter ne signifie pas apporter des fleurs et du chocolat mais évaluer les besoins et y pourvoir.

Pour la dernière chose que Jacques décrit, la Bible de la liturgie traduit: «se garder sans tache au milieu du monde», la traduction française Semeur parle de « ne pas se laisser corrompre», la Bible des Peuples et la NBS traduisent par «ne pas se laisser contaminer par le monde».

Jacques continue son explication dans le chapitre suivant et affirme que mesurer ses paroles permet de gérer toutes les autres choses.

Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu’un ne bronche point en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride. Si nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu’ils nous obéissent, nous dirigeons aussi leur corps tout entier. Voici, même les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. (…) Lequel d’entre vous est sage et intelligent? Qu’il montre ses oeuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse. (…) La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie.  Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix.

L’importance des paroles que nous prononçons se retrouve constamment dans la première alliance. Par exemple: Eternel, mets une garde à ma bouche, Veille sur la porte de mes lèvres (Psaumes 141:3) Celui qui veille sur sa bouche garde son âme; Celui qui ouvre de grandes lèvres court à sa perte. (Proverbes 13:3)

  • Mesurer nos paroles, et dire du bien de Dieu?

Ci-dessous, un extrait du chapitre 13 de la lettre aux Hébreux, rejoint la description de la religion chrétienne par Jacques: ne pas se laisser corrompre par des doctrines diverses, dire de bonnes choses et prendre soin des autres.

Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères; car il est bon que le coeur soit affermi par la grâce (…) Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-a-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom Et n’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.

Dire de bonnes choses sur Dieu, tout en ayant conscience de leurs portées, en ayant premièrement conscience de la grandeur de Dieu, préserve généralement, de passablement de choses.

(1) Les deux autres utilisations du nom religion dans le Nouveau Testament. (Ces passages ne sont pas à prendre en considération en temps que « modèle à suivre »).

  • Actes 26 : 5 Ils savent depuis longtemps, s’ils veulent le déclarer, que j’ai vécu pharisien, selon la secte la plus rigide de notre religion (threskeia).
  • Colossiens 2 : 18 Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte (threskeia) des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles

En dehors de la lettre de Jacques

  •  Jésus

Matthieu 25 : Parabole de Jésus : Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.

Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger (…) Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger(…) toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.

Luc 14 Il dit aussi à celui qui l’avait invité: Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes.

Etc…

  • Jean

1Jean 3:17-25 : Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos coeurs devant lui

  • Pierre

1Pierre 4:9-10 Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmures. Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, (les diverses bénédictions) que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu,

  • Jacques

Jacques 2:15-16 Si un frère ou une soeur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise: Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il?

  • Paul

Romains 15:25-30 Présentement je vais à Jérusalem, pour le service des saints. Car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu s’imposer une contribution en faveur des pauvres parmi les saints (=les chrétiens) de Jérusalem. Elles l’ont bien voulu, et elles le leur devaient; car si les païens ont eu part à leurs avantages spirituels, ils doivent aussi les assister dans les choses temporelles. (les choses de la vie de tous les jours)

Etc, etc …………

La première fonction instaurée par les apôtres

Les premiers anciens, reconnus par les chrétiens, serviront aux tables. Les apôtres souhaitaient être dispensés de cette tâche pour se consacrer à La Parole. Les apôtres faisaient distribuer premièrement eux-mêmes la nourriture chaque jour aux pauvres,  puis ils ont délégué cette tâche. Ce sont ici les tous premiers apôtres, ceux qui avaient la connaissance parfaite de l’évangile, mentionnés par exemple en Éphésiens :

Éphésiens 2:20 et 3:5 Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre angulaire. Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ.

Le ministère de ces apôtres là s’est terminé à leur mort : eux avaient la connaissance parfaite et ont en quelque sorte établi l’évangile, très rapidement et en résumé, grosso-modo, ‘la doctrine de Christ’. Et eux ont établi ce que l’église devait faire. Nous retrouvons de nos jours, le tout dans le Nouveau Testament.

Les pauvres étaient premièrement  nourris chaque jour au Temple et dans les nombreuses synagogues de Jérusalem. En dehors de Jérusalem, d’autres synagogues nourrissaient les pauvres. Lorsque les chrétiens seront chassés du Temple et des synagogues, ils organiseront eux-mêmes des repas pour les pauvres, des agapes.

Parmi les 7 choisis pour servir aux tables, Étienne par exemple,  enseignera aussi devant tout le sanhédrin réuni, l’ensemble des docteurs de la loi du temple (du tribunal) de Jérusalem. (Actes 7) et fera des prodiges et de grands miracles parmi le peuple.

La nourriture et les visites

Jésus dans ses paraboles parlera régulièrement de réelle nourriture.

Visiter, selon le dictionnaire de la concordance Strong c’est : regarder dans le but d’aider ou de rendre des bienfaits – avoir soin de. Visiter est justement utilisé par exemple dans le contexte de la religion qui est mentionné en début d’article:

Jacques 1:27 La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde.

« Les veuves et les orphelins » est une expression qui dans toute la Bible signifie les pauvres de toutes sortes. De nos jours, dans plusieurs pays, il n’y a pas d’aide de l’état envers les malades et d’autres pauvres, et particulièrement envers les enfants des rues.

Le terme veuve englobe aussi les femmes répudiées, abandonnées, etc, c’est à dire, sans personne pour les nourrir. Ce qu’explique Paul envers les veuves qui sont véritablement veuves (1 Timothée 5:16).

Dans Matthieu 25, dans la parabole des brebis et des boucs, visiter signifie : prendre connaissance des besoins des prisonniers et des malades et pourvoir à leurs besoins. Les prisonniers chrétiens étaient nourris par l’extérieur et non pas par la prison elle-même. Et les malades  ne pouvaient pas travailler et donc manger.

Les anciens servaient premièrement aux tables, c’est à dire leur ministère était de prendre soin de tous (voir l’utilisation de ce terme dans le Nouveau Testament), de veiller à ce que tous mangent chaque jour, etc. Par la suite, ils se visitaient d’une ville à l’autre et éventuellement pourvoyaient au besoin des chrétiens de toute une région. (La collecte du premier jour de la semaine par exemple, de Romains 16)

Les économes de Dieu

Selon le dictionnaire de la concordance Strong, un économe est entre autre un intendant, un gestionnaire à qui le maître de la maison ou le propriétaire a confié la gestion de ses affaires. Et encore quelqu’un qui fournit une portion convenable à chacun.

Actes 6 En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour. Les douze convoquèrent la multitude des disciples, et dirent: Il n’est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. Cette proposition plut à toute l’assemblée. Ils élurent Étienne, homme plein de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche. Ils les présentèrent aux apôtres, qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains. La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. Étienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple …

Les femmes hellénistes, c’est à dire d’origine grecque recevaient moins de nourriture que les femmes juives lors des distributions de nourriture de chaque jour. C’est pourquoi, certains murmuraient, c’est à dire critiquaient les distributions dans le dos des apôtres. Les apôtres, qui présidaient premièrement ce travail, demanderont donc à être aidés par des personnes reconnues comme exemplaires parmi les chrétiens.

Si les 7 pour servir aux tables, l’avaient été à Jérusalem, lorsqu’il y aura des chrétiens dans d’autres villes, de mêmes responsables seront nommés dans les autres villes.  Tite et Timothée en particulier, s’attelleront à cette tâche.

Dans les lettres à Tite et Timothée, l’évêque doit être irréprochable, en premier comme économe de Dieu, il doit exercer l’hospitalité et être parfaitement honnête, en ce qui concerne l’argent, ainsi que ses enfants.  L’évêque ne doit pas rechercher un intérêt pour lui-même.

L’évêque doit savoir faire distribuer une portion convenable à chacun dans sa propre maison, afin de pouvoir prendre soin de l’église de Dieu et lui distribuer à elle, des portions équitables:

1Timothée 3 extrait : Il faut donc que l’évêque soit irréprochable (…) hospitalier (…) désintéressé. Il faut qu’il dirige bien sa propre maison,  et qu’il tienne ses enfants (…) dans une parfaite honnêteté;  car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Eglise de Dieu ?

Tite 1 extrait   (…) s’il s’y trouve quelque homme irréprochable (…) car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu (…) attaché à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs.

Comme les premiers apôtres (Actes 6) et les 7 désignés pour servir aux tables à Jérusalem, comme Etienne par exemple, qui parlait entre autre aussi devant le Sanhédrin entier, les évêques s’occupent et de la Parole et de servir aux tables.  Prendre soin se retrouve dans le contexte de la parabole du bon samaritain :

Luc 10:34-35 (Le samaritain) s’approcha (du blessé) et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour.

Terme qui se retrouve envers les évêques :

1 Timothée 3 : 5 (concernant l’évêque) car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Eglise de Dieu ?

A noter que diriger et prendre soin sont utilisé dans cette phrase comme des synonymes.

Les évêques (epi-skopos) visiteront (du verbe visiter : epi-skeptomai : racine epi et skopos) les uns et les autres pour les fortifier dans la foi et se rendre compte de leur besoin matériel et y pourvoir. Visiter que la lettre aux hébreux traduit ainsi: Or quelqu’un a rendu quelque part ce témoignage : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, Ou le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui?  (grec, epi-skeptomai) (Hébreux2:6)

Lorsqu’il y eu beaucoup de chrétiens pauvres à Jérusalem, Tite avait, par exemple, organisé une collecte de la part de chrétiens d’autres régions, pour leur venir en aide. Il avait aussi été mandaté par Paul pour organisé que dans chaque ville, il y ait des personnes de confiance pour nourrir les pauvres. Ce que les apôtres avaient instauré uniquement à Jérusalem: servir aux tables (Les sept d’Actes 6) sera propagé dans les autres villes.

Actes 20 : 28 Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître (poimaino) l’Eglise du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. (…) Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. En tout, je vous ai montré qu’il faut travailler ainsi, pour venir en aide aux faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

Quelques exemples dans l’histoire des chrétiens

St Augustin (354-430) il transforma aussi l’aspect de l’Afrique du Nord par l’implantation d’établissements de charité dans treize villes, qui furent un modèle de Christianisme authentique pour tout l’Empire Romain.

John Wyclif (1329-1384) il mit aussi en marche un mouvement populaire de prêcheurs laïques et de personnes travaillant dans l’assistance et le secours qui redonnèrent de l’espoir aux pauvres pour la première fois en plus d’un siècle.

Jean Huss (1374-1415) il mit aussi sur pied aussi une véritable armée de
secouristes d’urgence en un temps où l’Europe Centrale affrontait des
désastres en série.

La Genève de Jean Calvin (1509-1564) elle fut connue aussi comme un refuge sûr pour tous les Européens en détresse: les pauvres, les persécutés, et les dépossédés.

George Whitefield (1714-1770); il fut aussi le principal soutien du premier orphelinat de la Géorgie et l’initiateur de la première association de secours et du premier hôpital dans la colonie.

Charles Haddon Spurgeon (1834-1892); il fut aussi le fondateur de plus de 60 établissements de charité, comprenant des hôpitaux, des orphelinats et un hospice. Il fut créé aussi le Pastors’ College en 1857 que sera appelé par la suite, le Spurgeon’College.

Dwight L. Moody (1837-1899); il fut aussi responsable de plus de 150
missions de rue, soupes populaires, centre médicaux et autres missions
de secours.

Sources de ce qui précède: A l’ombre de l’abondance, par George Grant (sauf la phrase en italique)

D’autres exemples

Georges Muller, (1805 – 1898) 20’000 enfants des rues recueillis dans des orphelinats et 120’000 scolarisés. (George Müller n’a jamais fait de recherche de fonds, pas plus qu’il ne s’est endetté, bien que le coût de construction des cinq maisons se soit élevé à plus de 100 000 livres Sterling. Plusieurs fois, il a reçu des dons de nourriture non sollicités quelques heures seulement avant le repas des enfants. Par exemple, lors d’une occasion (bien documentée), ils remerciaient Dieu pour le petit déjeuner quand tous les enfants étaient assis à la table et bien qu’il n’y avait rien à manger dans la maison. À la fin de la prière, le boulanger frappa à la porte avec suffisamment de pains frais pour nourrir tout le monde)

Catherine et William Booth (fondateurs de l’Armée du Salut) des millions de personnes nourries et réhabilitées sur tous les continents.

Gwen et David Wilkerson (fondateurs de Teen Challenge) des milliers de personnes sorties des addictions dans plus de 100 pays.

Denis Mukwegwe, dit l’homme qui répare les femmes,  dirige un hôpital dans la région du Kivu, en RDC, et opère avec son équipe des milliers de femmes qui ont été sexuellement mutilées, à cause des guerrillas liées au riche sous-sol (coltan, etc)  et les réhabilite entièrement, même sur un plan professionnel.

Mercy Ships, Les Navires de l’Espoir, fondés par Don et Doyon Stephens,  parcourent le monde entier depuis 1978 avec 4 grands navires-hôpitaux.  70 pays ont été visités, pour y dispenser des soins gratuitement envers 2,5 millions de bénéficiaires directs, pour une valeur  d’un milliard de dollars.

Les chrétiens unanimement reconnus par tous, sont ou ont été dans les faits des évêques. Ils ont nourri et relevé les « pauvres de leurs époques ». Ils étaient tous des économes de Dieu, tous ont brassés des millions mais non pour eux-mêmes mais pour en relever d’autres. D’autres. Les nécessiteux ne sont pas restés en marge de la société mais ont été réhabilités entièrement. Ce qui est différent de nourrir des pauvres qui le resteront.

A l’inverse, faire partie de tel ou tel groupe, ne rend personne chrétien. En d’autres terme, les « oeuvres » ne sont jamais « chrétiennes » en elles-mêmes. Plusieurs non-chrétiens peuvent y travailler et généralement, très vite après la première génération, passablement de non-chrétiens  y travaillent. (Voir même d’anti-christ et donc d’anti-chrétiens, afin de discréditer le travail des réels chrétiens)

Chacun est chrétien devant Dieu (ou pas) indépendamment de son (r)attachement à tel ou tel groupe, à telle ou telle organisation, église, confession de foi, etc, etc.

Dans l’histoire, lorsque beaucoup de chrétiens agissent, très vite, ils se retrouvent confrontés à de faux-frères.

  • 2 Corinthiens 11:13 Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ.
  • Matthieu 7:15 Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.
  • Galates 2:4 Segond 1910: faux frères furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus Christ, avec l’intention de nous asservir (Galates 2:4 King James 1611 – 2006: faux frères infiltrés par négligence …)

Les agapes

Des repas étaient organisés, des distributions de nourriture, des agapes, pour prendre soin des pauvres. La lettre de Jude nous en parle par exemple, et la première lettre aux Corinthiens. Ceux qui avaient la possibilité de manger devaient se nourrir dans leur maison et laisser les pauvres manger, afin de ne pas leur faire honte. Ils devaient s’attendre les uns les autres afin de premièrement rassasier les pauvres. Certains se permettaient de manger avant tous, et il ne restait plus suffisamment pour les plus pauvres. Plusieurs manquant de nourriture tombaient malades, beaucoup étaient même déjà morts.

«Si un repas ou un souper est organisé par quelqu’un en faveur des pauvres, s’il s’agit d’un repas du Seigneur, l’évêque doit être présent, quand on allume la lampe. (…)»

La citation ci-dessus est tirée des Canons d’Hippolyte (CPG 1792). Ce texte parle de ce que pratiquait les chrétiens entre 200 et 250.

« Quoi donc d’étonnant qu’une si grande charité ait des repas communs ? (…)  Notre repas fait voir sa raison d’être par son nom : on l’appelle d’un nom qui signifie « amour » chez les Grecs.  (agape) (…) c’est un rafraîchissement  par lequel nous soulageons les pauvres, non que nous les traitions comme vos parasites (…) mais parce que, devant Dieu, les humbles jouissent d’une considération plus grande. (…) On ne se met à table qu’après avoir goûté de la prière à Dieu. On mange autant que la faim l’exige ; on boit autant que la chasteté le permet. On se rassasie comme des hommes qui se souviennent que, même la nuit, ils doivent adorer Dieu ; on converse en gens qui savent que le Seigneur les entend. Après qu’on s’est lavé les mains et qu’on a allumé les lumières, chacun est invité à se lever pour chanter, en l’honneur de Dieu, un cantique qu’on tire, suivant ses moyens, soit des saintes Ecritures, soit de son propre esprit. C’est une épreuve qui montre comment il a bu. Le repas finit comme il a commencé, par la prière. Puis chacun s’en va de son côté, (..) avec le même souci de modestie et de pudeur, en gens qui ont pris à table une leçon plutôt qu’un repas »

Texte de Tertullien (Apologétique, ch. 39, par Daniel Rops  » L’église des apôtres et des martyres » page 245)

Tertullien est né et mort à Carthage en Tunisie. Vers 193 il devient chrétien. « On ne naît pas chrétien, on le devient » écrira-t-il dans son Apologie (XVIII)

Tertullien  relève les particularismes du repas du Seigneur, le différenciant des festins païens. Tertullien souligne  la pudeur, c’est à dire la non-débauche des participants au Repas du Seigneur, pendant mais encore après le repas, une fois seul. Les festins (repas en commun), y compris dans les temples païens, ressemblaient habituellement plus à des orgies. C’est à dire, beaucoup boire, beaucoup manger et avoir des relations sexuelles de toutes sortes les uns avec les autres, en particulier avec les prêtres et les prêtresses des temples et d’autres esclaves.

Il souligne aussi le fait de ne pas considérer les pauvres comme des parasites mais comme des personnes respectées par Dieu.

Les dîmes

Dans la première alliance, avant la venue de Jésus sur la terre, les pauvres et les lévites venaient se servir des dîmes aux portes des villes (Deutéronome 23). Dans les fêtes, les pauvres étaient largement nourris et se réjouissaient avec les plus riches. Les hébreux, les circoncis, ont gardé de nombreuses lois de la première alliance, et selon leurs coutumes, sur l’aide à apporter aux pauvres. Préceptes qui étaient en vigueur, lorsque Jésus est venu sur la terre.  Les premiers chrétiens ont continué de subvenir aux besoins des pauvres, dans un but d’égalité, dans un but qu’il n’y ait personne qui ait insuffisamment.  (2 Corinthiens 8 et 9, chapitres qui détaillent la collecte du premier jour de la semaine, en faveur des chrétiens pauvres de Jérusalem de Romains 16) Bien sur, ceux qui n’avaient déjà pas de trop, ne donnaient pas encore à d’autres, qui avaient eux en suffisance.

Tous les chrétiens ont à manger

Les observateurs non-chrétiens lorsqu’ils décrivent les premiers chrétiens (après la Bible), en parlent souvent en trois phrases. Ils relèvent deux choses : les chrétiens suivent Jésus-Christ.  Les historiens ne donnent pas d’autres noms d’apôtres, ou de personne. Ils relèvent aussi une deuxième chose :  personne n’avait faim parmi les chrétiens. Les chrétiens nourrissaient ‘leurs’ pauvres et même les pauvres non-chrétiens.  Les historiens ne relèvent aucun ‘rituel’, aucune habitude, aucun particularisme autre, sauf d’offrir à tous une tombe dans l’attente de la résurrection.

Béréenne attitude

La famille du terme « évêque » dans la totalité du NT

Epi-scopos a pour racine epi (strong 1909) skopos (strong 4649) et le sens d’epi-skopeo (strong 1983)

  • Luc 19 : 44 ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée (epi-skope).
  • Actes 1 : 20 Or, il est écrit dans le livre des Psaumes : Que sa demeure devienne déserte, Et que personne ne l’habite ! Et : Qu’un autre prenne sa charge (epi-skope) !
  • 1 Timothée 3 : 1 Cette parole est certaine : Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque (epi-skope), il désire une oeuvre excellente.
  • 1 Pierre 2 : 12 Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes oeuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera (epi-skope).

  • Actes 20 : 28 Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques (epis-kopos), pour paître l’Eglise du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang.
  • Philippiens 1 : 1 Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques (epi-skopos) et aux diacres :
  • 1 Timothée 3 : 2 Il faut donc que l’évêque (epi-skopos) soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement.
  • Tite 1 : 7 Car il faut que l’évêque (epi-skopos) soit irréprochable, comme économe de Dieu; qu’il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête;
  • 1 Pierre 2 : 25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien (epi-skopos) de vos âmes.

  • Hébreux 12 : 15 Veillez (epi-skopeo) à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés;
  • 1 Pierre 5 : 2 Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde (d’autres traduisent par: sous vos soins) (epi-skopeo), non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec dévouement