« C’est dans la nature de l’homme de construire la cage la plus compliquée de règles et de règlements dans laquelle se piéger puis avec autant d’ingéniosité et d’enthousiasme, de tordre son cerveau pour y échapper. Le Carême était un défi ; le jeu était d’en débusquer les failles. »

La nourriture des nobles en Angleterre dans l’histoire

Un aristocrate anglais vers les années 1500 mangeait 1’700 grammes de viande pour un repas, nos steak actuels pèsent entre 100 et 180 grammes, les très grands font 200 grammes. En hiver, un aristocrate anglais ne mangeait que 1’100 grammes de viande par repas, c’est à dire uniquement l’équivalence de 11 petits steak de 100 grammes. Les suivants, dans l’échelle sociale, ne mangeaient que 950 grammes de viande par repas. Quand aux pauvres …

Les moines dans l’histoire

Dans certains cas, la profusion sur les tables des nobles était surpassée par celle des monastères bénédictins qui servaient jusqu’à seize services lors de certains jours de fête. Des exceptions au Carême étaient fréquentes pour des groupes définis de façon très floue. Thomas d’Aquin (1225–1274) croyait que des dispenses devaient être fournies pour les enfants, les personnes âgées, les pèlerins, les ouvriers et les mendiants mais pas les pauvres aussi longtemps qu’ils avaient un quelconque abri. Il existe de nombreux rapports sur des membres des ordres monastiques qui ne respectaient pas les restrictions en invoquant des interprétations habiles de la Bible.

S’il existe des descriptions de l’étiquette à tenir pour les banquets, on sait moins de choses sur les détails des repas quotidiens de l’élite ou sur les manières des gens simples et des pauvres. On peut néanmoins supposer qu’il n’y avait pas de manières extravagantes comme un repas à plusieurs plats, des épices exotiques ou un lavage des mains dans de l’eau parfumée dans les repas de tous les jours. (Selon l’article: « La cuisine médiévale » de wikipédia)

Les jeûnes dans l’église

Les Églises catholique et orthodoxe décrétaient que les festins alternaient avec les jeûnes. Dans une grande partie de l’Europe, certains jours de la semaine et de nombreuses dates du calendrier étaient jeûnées. La viande, les produits laitiers comme le lait ou le fromage et les œufs étaient interdits mais le poisson était autorisé. Le jeûne était destiné à mortifier le corps, renforcer l’âme et rappeler le sacrifice de Jésus Christ pour l’humanité. (Selon l’article: « La cuisine médiévale » de wikipédia) L’intention n’était pas de caractériser certains produits comme étant impurs mais plutôt d’enseigner une leçon spirituelle dans la maîtrise de soi à travers l’abstinence. Durant les sévères jours de jeûne, le nombre de repas était également réduit à un. Même si la plupart des personnes respectaient ces restrictions et faisaient pénitence s’ils les violaient, il existait de nombreuses manières de contourner le problème, un conflit entre les idéaux et les pratiques résumé par l’auteur Bridget Ann Henisch :

« C’est dans la nature de l’homme de construire la cage la plus compliquée de règles et de règlements dans laquelle se piéger puis avec autant d’ingéniosité et d’enthousiasme, de tordre son cerveau pour y échapper. Le Carême était un défi ; le jeu était d’en débusquer les failles. »

(NDLR: puis il est arrivé le protestantisme et avant lui, d’autres lecteurs de la Bible qui avait pour premier but d’agir et de parler avec vérité … et d’apporter de la liberté … et de la nourriture aux pauvres, de l’instruction à tous, que chacun puisse comprendre la Bible par lui-même, etc)

Si les produits d’origine animale devaient être évités durant les périodes de pénitence, des compromis pragmatiques existaient souvent. La définition du « poisson » était souvent étendue aux animaux marins et semi-marins comme les baleines, les bernaches, les macareux et même les castors. Le choix des ingrédients était peut-être limité mais cela ne signifiait pas que les plats étaient plus petits. Les banquets des jours réservés au poisson pouvaient être splendides et ils étaient des occasions populaires permettant de servir des nourritures donnant l’illusion d’être de la viande, du fromage ou des œufs. Le poisson pouvait être moulé sous la forme de gibier et des faux œufs pouvaient être fabriqués en remplissant des œufs vides avec des œufs de poisson et du lait d’amande, le tout étant cuit sur des charbons ardents. Si les membres de l’Église byzantine suivaient une ligne dure et décourageaient tout raffinement culinaire pour le clergé, leurs équivalents occidentaux étaient bien plus souples.

La société médiévale était fortement stratifiée. À une époque où la famine était courante et la hiérarchie sociale était souvent brutalement appliquée, la nourriture était un marqueur social important qui n’a plus d’équivalent actuel dans la plupart des pays développés.

À la fin du Moyen Âge, la richesse grandissante de la bourgeoisie marchande et commerciale fit qu’elle commença à imiter les coutumes de l’aristocratie et menaçait de briser certaines barrières symboliques entre la noblesse et les catégories inférieures de la société médiévale. La réponse se matérialisa de deux manières : des avertissements sur les dangers d’adopter un régime alimentaire inadapté à sa catégorie sociale et l’instauration de lois somptuaires pour réduire la profusion des banquets des roturiers.

Le début de cet article est un résumé de ce paragraphe:

Des documents détaillés sont disponibles pour la résidence de Richard de Beauchamp, un aristocrate anglais du début du XVe siècle et ces derniers indiquent que les gentry (nobles sans titres) du foyer recevaient la quantité impressionnante d’1,7 kg de viande diverses dans un repas de viande typique de l’automne et d’1,1 kg pendant l’hiver ainsi que 400 g de pain et 90 cl de bière ou de vin (et il y avait certainement deux repas de viande par jour, cinq jours par semaine en dehors du Carême). En 1469, dans la résidence d’Henry Stafford, les membres de la gentry recevaient 950 g de viande par repas et tous les autres en avaient 480 g ; chacun avait également 200 g de pain et 90 cl d’alcool. En plus de ces quantités, certains membres de ces résidences (habituellement une minorité) prenaient un petit-déjeuner qui n’incluait pas de viande mais comprenait probablement un autre litre de bière ; de plus, des quantités inconnues de pain et de bière pouvaient être consommées entre les repas.

Extraits de l’article de wikipédia: La cuisine médiévale