Paul ferait-il de la discrimination envers les femmes ? Il a écrit à plusieurs reprises sur les femmes, le mariage, etc. Que dit Paul réellement, dans quel contexte global?

« Femmes soyez soumises à vos maris », se retrouve sous la plume de Paul et sous la plume de Pierre dans sa première lettre au chapitre 5 (v1 et v5) dans le nouveau testament. Dans les épitres de Paul, ces passages sont suivis immédiatement par des recommandations aux maris.

Répéter en boucle : « femmes soyez soumises à vos maris », en isolant cette phrase du reste des épitres de Paul, pourrait laisser entendre que le mari domine sur son épouse. Pourtant ce n’est pas ce que dit Paul. Que dit Paul aux maris ? D’aimer leur femme.

En ne coupant pas en deux les passages sur la soumission de la femme mais en lisant le tout en suivant, comme Paul les a écrits, on constate que les maris doivent donner leur vie entière à leur épouse. Aimer leur épouse comme ils s’aiment eux-mêmes. La nourrir, la vêtir et l’aimer aussi bien qu’eux-mêmes.(1)

Aimer ou se soumettre, qu’est-ce qui est plus facile ? Donner notre vie entière à notre conjoint, aimer une personne comme Christ a aimé l’église ou se soumettre à l’autre, qu’est-ce qui est réellement le plus difficile?

Comment Christ a-t-il aimé l’église et comment l’aime-t-il encore? Quel genre de chef est-il? Comment se comporte Christ avec Son Église?

Jésus se soumettait à Dieu. Il s’est soumis jusqu’à sa propre mort. Jésus nous parlera du royaume par une parabole sur des serviteurs que le maitre trouve veillant, et c’est lui, le maitre, qui servira ses serviteurs. Jésus a lavé les pieds de ses disciples, tâche réservée habituellement aux serviteurs, entre autres exemples de service de Jésus. Souvent d’autre part, il est écrit que Jésus prend soin de son église.

Et Paul? Il parlera de lui-même comme étant un domestique, un esclave, un serviteur, un galérien pour le service de Dieu, pour l’église. Il dira de lui-même: je me suis fait le serviteur de tous. Peu avant « femmes soyez soumises à vos maris », dans la lettre aux Colossiens, le verset est : « soyez soumis les uns aux autres ». Replacer dans le contexte entier des écrits de Paul la phrase sur la soumission de la femme, donne à cette exhortation une autre dimension.

En lisant l’entier des écrits de Paul (et l’entier des lettres et des Évangiles) nous découvrons que tous étaient soumis. Même Jésus. Notre chef par excellence s’est lui-même soumis à Dieu. Jésus, chef de l’église, l’a aimée d’un amour incommensurable. Jésus ne domine pas l’église, il en prend soin.

Paul soulignera plusieurs fois de se soumettre les uns aux autres. En relevant la soumission dans sa globalité, la phrase « femmes soyez soumises à vos maris » devient alors une des formes de soumission parmi d’autres.

C’est bien après les premiers chrétiens, que les femmes seront évincées.

Citation: « Le ministère de la femme fut interdit par le canon XI (11) du concile de Laodicée en 363. On remarquera que l’on ne peut interdire que ce qui existe » (Voir les sources dans l’article de ce blog: Le ministère de la femme interdit à Laodicée en 363)

Qui de nous a entendu ou lu des enseignements sur la femme et apôtre Junia(s)? Ce n’est que depuis très peu de temps que nous connaissons cette femme car pendant des siècles, en Occident, une partie du christianisme l’a faite passer pour un homme.  Plus récemment, la King Jame, la référence de la Bible en anglais l’a soudain fait passer pour un homme, ainsi que Nympha. Mais ce n’est pas en fonction de l’éventuelle discrimination de Paul. Ou de sa misogynie. Et c’est même de sa plume, dans sa lettre aux Romains, que nous pouvons lire la grande considération qu’il avait pour Junia(s), la femme apôtre en question.

Par ailleurs, Paul utilise le grec anthropos à plusieurs reprises pour parler des diaconats-ministères-services, et non pas le grec aner. Anthropos signifiant: humain possiblement homme ou femme, et aner signifiant: homme de sexe masculin. Depuis quelques années, plusieurs traductions françaises ont commencé de faire la différence entre le grec aner et le grec anthropos en traduisant ce dernier par humain, ou encore par chacun ou une personne.

Paul utilise  par ailleurs régulièrement des mots de la famille de diacona. Plusieurs traductions françaises écrivent « diaconesse », lorsqu’il s’agit d’une femme, et « ministre », lorsqu’il s’agit d’un homme, alors qu’en grec, il n’y a qu’un seul et unique terme, et donc sous la plume de Paul. Lui n’en utilise qu’un pour désigner et les ministères-services masculins et les diaconats-services féminins: diaconos (en temps que nom, verbe ou adjectif).

Est-ce que Paul discrimine réellement les femmes?

Béréenne attitude

1Pierre3

Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara, qui obéissait à Abraham et l’appelait son seigneur. C’est d’elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte. Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion, d’humilité.

Ephésiens 5

Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur [Et]vous maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est donné lui-même pour elle. Afin qu’il la sanctifiât, après l’avoir nettoyée dans le baptême d’eau et par sa parole : Afin qu’il se la rendît une Eglise glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni autre chose semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irrépréhensible. Les maris donc doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps ; celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Car personne n’a jamais eu en haine sa propre chair, mais il la nourrit et l’entretient, comme le Seigneur entretient l’Eglise. Car nous sommes membres de son corps, étant de sa chair, et de ses os. C’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère, et il s’unira à sa femme, et les deux seront une même chair. Ce mystère est grand, or je parle de Christ et de l’Eglise. Que chacun de vous aime donc sa femme comme soi-même ; et que la femme révère son mari

Colossiens 3

Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes, et ne vous aigrissez pas contre elles

Tite2

Dis aux hommes âgés d’être maîtres d’eux-mêmes, respectables, réfléchis, pleins de force dans la foi, l’amour et la persévérance. Qu’il en soit de même des femmes âgées: qu’elles aient un comportement digne de Dieu; qu’elles ne soient pas médisantes ni adonnées à la boisson. Qu’elles s’attachent plutôt à enseigner le bien: qu’elles conduisent ainsi les jeunes femmes à la sagesse en leur apprenant à aimer leur mari et leurs enfants, à mener une vie équilibrée et *pure, à être des maîtresses de maison bonnes et actives, à être soumises à leur mari. Ainsi la Parole de Dieu ne sera pas discréditée. Recommande aussi aux jeunes gens de …

Note

Paul connaissait les écritures et notamment que par Moise, dans le livre d’Exode, il est demandé aux maris de continuer de donner la même quantité de nourriture, de vêtements et d’amour aux épouses, lorsqu’un homme prend une nouvelle épouse. (A ces époques, les hommes étaient polygames et toutes les épouses étaient achetées à leur père). Si un mari ne prenait plus soin de l’une de ses femmes, dans l’ancienne alliance, elle pouvait quitter son mari librement et se remarier avec un « meilleur mari » qui la nourrirait, la vêtirait et l’aimerait convenablement. (Exode 21:10-11)

Les hébreux devenus chrétiens connaissaient les écritures et donc Exode. A certaines époques et de nos jours encore dans plusieurs régions du monde, les femmes ne pouvant pas subvenir seules à leurs besoins, la première « exigence » envers les maris est de subvenir aux vêtements et à la nourriture de leur femme(s). Il n’y a pas de possibilité pour les femmes de gagner leur vie, elles n’ont d’autres choix que de se prostituer, glaner, mendier ou habiter chez leur père, mari, famille. Tous les 3 ans, dans la première alliance, (dans l’AT) la dîme n’était pas mangée devant Dieu mais mise à disposition des femmes seules (et de leurs enfants). Par la suite, les premiers chrétiens ont pris soins des femmes qui n’avaient personne pour les nourrir (et de leurs enfants).

(De nos jours, dans plusieurs régions du monde les femmes peuvent subvenir entièrement seules à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. D’autres sont à la rue et souvent dirigées de force vers la prostitution. Prendre en compte le fait qu’une femme peut subvenir à ses besoins est encore un tout autre sujet.)

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