Extrait de l’article:

5 techniques pour empêcher les SDF de dormir dans un endroit chaud, tout en décorant

Lorsque vous croisez des galets dans votre hall d’immeuble cela n’attire pas nécessairement votre attention. Pourtant regardez les bien à deux fois. Ces innocents ornements passablement kitsch ne servent pas seulement à égayer votre entrée d’immeuble, il sont également de redoutables repoussoir à SDF.

Bancs penchés ou compartimentés dans le métro, grillages pointus, pics, poteaux, bornes…

L’arsenal plein d’inventivité ne manque pas pour empêcher les sans-abris de s’assoir ou de s’allonger dans l’espace public ou privé. Attention quand même de ne pas faire passer l’esthétique avant l’efficacité.

Un style à part entière

« L’architecture de prévention situationnelle », courant de pensée né dans les années 1960 aux Etats Unis, présuppose que les villes sont les terreaux idéals de la criminalité et qu’il faut par conséquent les rendre inaccessibles ou inhospitalières pour les individus jugés potentiellement dangereux. Cette thèse d’un urbanisme criminogène arrive en France sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing et entraine une première vague d’aménagement du territoire qui sera poursuivi et même amplifié sous Mitterrand. Aujourd’hui ce type d’architecture est devenue monnaie courante et est utilisé aussi bien par les instances publiques que les particuliers. Sous couvert de préserver la sécurité, beaucoup de dispositifs urbains sanctionnent en réalité la pauvreté et l’exclusion.

Le collectif « Survival group »

Collectif d’artistes fondé en 1997 par Arnaud Elfort et Guillaume Scheller, le Survival Group met en lumière pour mieux les dénoncer ces « anti-sites » ou « excroissance urbaines anti-SDF » bien souvent invisibles et banalisés en les photographiant ou par des happenings (inauguration d’un faux projet artistique intitulé « Esthétique Assedic »).

Extrait d’un article de Carole Bailly du 8 Novembre 2012, à partir du blog www streetpress com

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