(Photo d’une « Hallelujah Lass »)

Plusieurs gangs attaquent les fanfares de l’Armée du Salut. La population leur jette des rats morts et des pierres, plusieurs responsables sont emprisonnés en Angleterre, et en tout cas aux USA et en Suisse. Les journaux expliquent qu’il ne faut pas donner d’argent à l’Armée du Salut et William Booth est accusé de corruption et d’autoritarisme. Aucune église ne soutient ce mouvement.

1878

William Booth avait écrit dans le petit journal de son mouvement: «La mission chrétienne est une armée de volontaires». Cette phrase était devenue le fondement de l’Armée du Salut.

Souvent avec humour, beaucoup de vocabulaires sera emprunté à l’armée. Les lieux sont appelés des postes, les réunions des sièges, les lectures quotidiennes de la Bible, des rations, les nouveaux-nés sont des arrivées de renfort. Les nouveaux membres sont appelés des soldats, les responsables des lieutenants et autres officiers.

William Booth était appelé affectueusement par ses proches « général », avant même que l’appellation « Armée du Salut » n’existe.

Ces métaphores militaires « parlaient » aux habitants des bidons-villes, bien plus que le vocabulaire habituel des églises. Ils ne devenaient pas des « bigots » mais une armée se levant pour lutter avec force contre la pauvreté, l’ivrognerie, la prostitution, etc. et pour lutter avec force pour la salubrité publique, la santé, l’alphabétisation, etc.

Fin 1878, l’Armée du Salut comptait 81 corps (groupes) 127 officiers (responsables), dont 101 s’étaient convertis aux « spectacles » et autres réunions (voir le premier article) de William Booth et de son équipe. Presque tous les responsables étaient des habitants des bidons-villes.

1879

Les salutistes (les salvationistes) sont accueillis avec enthousiasme à Philadelphie, en Pennsylvanie, aux USA. La lieutenante Shirley Eliza écrit au général Booth pour le convaincre de lui envoyer des renforts.

1880

Le commissaire George Scott Railton et sept femmes officiers, ainsi que d’autres salutistes, s’agenouillent sur les quais de New York, le 10 mars 1880, pour remercier Dieu de les avoir gardés pendant leur voyage. (Le naufrage du Titanique s’est déroulé en 1912. Avant lui, beaucoup de voyageurs ne sont jamais arrivés en Amérique) .

Photo des salutistes venus d’Angleterre, à la sortie du bateau

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Comme en Grande-Bretagne, ces salutistes seront ridiculisés, arrêtés par les autorités ou encore attaqués. Trois salutistes y donneront leur vie.

A New-York, c’est dans les bas-fond de Manhattan qu’un homme, Harry Hill, propose son théâtre aux nouveaux arrivants pour y tenir une première réunion … d’église. Les salutistes chantent, prient et donnent des témoignages chrétiens. Harry Hill fait ce soir là, sa plus grande recette de l’année et propose aux salutistes de revenir tous les soirs. Ils ne reviendront pas.

Trois femmes, Annie Shaw, Lizzie Pearce et Emma Morris se rendront dans le New Jersey. Alice Coleman et Rachel Evans retourneront rapidement en Angleterre et Clara Price rejoindra Eliza Shirley à Philadelphie, en Pennsylvanie. Une grande partie de ces femmes étaient très jeunes, des lassies. Elles étaient appelées affectueusement (ou pas) des « Hallelujah Lassies ».  Plusieurs se marieront un peu plus tard et certaines continueront de servir dans l’Armée du Salut.

La dernière colonelle arrivée avec cette délégation, Emma Westbrook, était premièrement « nounou » dans la famille Booth. Elle est restée à New York pour annoncer l’Évangile au Grand Union Hall devant parfois 800 personnes.

Sur la photo, quelques « Hallelujah Lassies »

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1882

Cette année là, en Grande-Bretagne, 56 bâtiments de l’Armée du Salut sont attaqués et 669 salutistes agressés.

(Je n’ai pas trouvé le total du nombre de bâtiments. C’était le tout début et leur nombre varie chaque année. Si 56 se sont fait attaquer, c’est qu’il en existait en tout cas 56. Mais 56 peut ne représenter aussi qu’une petite partie de l’ensemble des bâtiments. Après 1890, année de la parution du premier livre de William Booth, les chiffres « exploseront »)

1883

Trois ans après s’être agenouillés sur les quais de New-York, les Salvationistes ont atteint la Californie, le Connecticut, l’Indiana, le Kentucky, le Maryland, le Massachusetts, le Michigan, le Missouri, le New Jersey, New York, l’Ohio et la Pennsylvanie.

1886

Stephen Grover Cleveland, président des Etats-Unis de 1885 à 1889, reçoit une première délégation des officiers de l’Armée du Salut. Cet accueil chaleureux, à titre personnel, de la part d’un président étasuniens, sera suivi par des réceptions similaires à la Maison Blanche, par les présidents suivants.

Le mouvement de l’Armée du Salut se répand au Canada, en Australie, en France, en Suisse, en Inde, en Afrique du Sud, en Islande et localement dans de plus petites unités.

Béréenne attitude

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