(Colossiens 4:15 Traduction de la Bible: Peuples) Vous saluerez les frères de Laodicée, spécialement Nymphas et l’Église qui se réunit dans sa maison.

Nympha(s) dans l’histoire, a soudain été considérée comme un homme. Nous savons aujourd’hui qu’elle est une femme car le pronom qui accompagne son nom est féminin dans les manuscrits les plus anciens.

En grec ancien, les noms changent de terminaison en fonction de la grammaire. Un « s » (ou un accent) est souvent ajouté à la fin des noms masculins, lorsque le nom est sujet de la phrase. Les noms féminins, Junia et Nympha ont été intentionnellement rendus masculins: JuniaS et NymphaS, au cours de l’histoire. (1)

Accent et « s »

Le grec et le latin s’écrivaient premièrement en majuscule et sans accent. Lorsque ces langues se sont écrit en minuscule, les « s » muets sont devenus des accents. En français aussi, plusieurs « s » muet ont été remplacé par des circonflexes. Ospital est devenu hôpital,  forest,  forêt, ou encore isle a lui aussi perdu son « s » muet et s’écrit maintenant île.

Selon l’époque, l’écriture des manuscrits est différente, c’est pourquoi, l’article parle parfois d’accents (plus ou moins circonflexes) et parfois de « s » pour dire la même chose.

Junia et Nympha

D’après un article en anglais de Margaret Mowczko (blog newlife.id.au) « Stephanas or Stephana: Man or Woman? ». Uniquement la partie qui concerne Nympha (et Junia)

Il est communément admis par les érudits bibliques contemporains que Junias et Nymphas,  d’après la transcription de leur nom dans plusieurs anciennes traductions anglaises, [1] sont en fait deux femmes: Junia (Romains 16: 7) et Nympha (Colossiens 4:15).[2]

À moment donné, les noms de Junia et de Nympha ont été masculinisés dans certains textes grecs par l’ajout d’accents. Le pronom personnel, dans Colossiens 4:15, a également été modifié. Le pronom féminin (correspondant à l’anglais « her ») (en français « elle ») a été remplacé par un pronom masculin (correspondant à «his») (en français « lui ») ou dans certains manuscrits,  remplacé par un pronom au genre indéfini.

(Ndlr: En anglais et en grec, le féminin-masculin « sa » ou « son » dans la phrase « Nympha et sa maison », est en fonction de la personne pour signifier: « maison à elle » (her house), ou « maison à lui » (his house). Le pronom n’est pas en fonction de « maison » comme en français.)

Ces altérations de genre envers ces deux femmes se sont produites à deux occasions différentes, au cours du moyen âge.(…) puis copiées par d’autres scribes, et certaines de ces copies grecques ont ensuite été utilisées comme base pour plusieurs traductions anglaises de la Bible (Ndlr: et françaises et de passablement d’autres langues). Quelques traductions modernes conservent encore ces erreurs.[4]

D’après un article en anglais de Margaret Mowczko: « Stephanas or Stephana: Man or Woman? »

D’autre part, la lettre aux laodicéens, était considérée comme faisant partie du Nouveau Testament jusqu’au 4ème siècle.  Elle se trouve dans un peu plus d’une centaine de manuscrits de la Vulgate.  En supposant qu’elle soit de Paul, ce serait en quelque sorte une carte postale, qu’il aurait envoyée depuis la prison de Rome, qui n’apporte pas d’informations théologiques. Elle pourrait apporter par contre, des informations non-théologiques, par exemple, avoir été écrite à l’Église de Laodicée, Église de Nymphas, une femme…

(Colossiens 4:15-18 Traduction de la Bible: Louis Segond 1910) Saluez les frères qui sont à Laodicée, et Nymphas, et l’Eglise qui est dans sa maison. Lorsque cette lettre aura été lue chez vous, faites en sorte qu’elle soit aussi lue dans l’Église des Laodicéens, et que vous lisiez à votre tour celle qui vous arrivera de Laodicée.

Béréenne attitude

Ndlr sur la grammaire

(1) En grec ancien, les noms se déclinent en fonction de la grammaire, un peu comme les verbes en français. Les noms changent de terminaisons en fonction des cas (accusatif, datif, vocatif, etc) et en fonction de leur radical. Comme en français, tous les noms ne prennent pas forcement de « s » au pluriel, certains prennent par exemple un « x ».

Les noms masculins avec un radical du principal groupe de déclinaison prennent un « s » (= un accent) à la fin au nominatif.

Dans le Nouveau Testament, Stephanas, Thomas, Judas, Kephas, Akulas (Aquila), etc, s’écrivent avec un « s » au nominatif (principalement sujet) mais sans «s» final au génitif (lorsque un nom donne des indications sur un autre nom, par exemple lorsqu’un nom démontre l’appartenance d’un autre nom).

Exemple: dans la phrase « la maison de Stéphana » en 1Corinthiens 16:15-18, Stéphana(s) en grec n’a pas de « s » final  car c’est un génitif.  Junia et Nympha ont été intentionnellement rendu masculin: Junias et Nymphas, lorsqu’ils étaient au nominatif.

Notes reprises de l’article en anglais de Margaret Mowczko

[1] «Unanimement, les premiers pères écrivent Junia (sans le s), et considèrent que Junia est une femme. (voir l’article de ce blog sur Junia) La version anglaise officielle de 1611 a suivi cette lecture «Junia», nom féminin.  «Junias» est devenu masculin dans les traductions anglaises, seulement à partir de 1881, lors de la publication d’une version révisée de la King James. Luther, dans sa traduction allemande de 1552, avait aussi opté pour le masculin «den Juniam». Depuis lors, les traductions en Europe, ont suivi pour la plupart cette interprétation masculine. (Source: John Thorley, « Junia, une femme apôtre » in Novum Testamentum, Vol. 38, 18 Janvier 1996)
[2] Nous savons que Junia est vraiment une femme car le nom masculinisé Junias  n’apparait dans aucun papyrus ancien et sur aucune inscription, alors que Junia (nom féminin) apparaît plusieurs fois.
(Ndlr: personne n’a trouvé d’homme s’appelant Junia dans l’histoire mais le nom de femmes s’appelant Junia apparait sur des papyrus, des tombes, etc)
Nous savons que Nympha est vraiment une femme, car le pronom qui accompagne le nom est féminin dans les manuscrits les plus anciens de Colossiens 4:15.
[3] Les formes masculines et féminines pour Junia et Nympha sont pratiquement identiques à l’accusatif. Si les accents sont différents, les lettres sont les mêmes. Ces noms ne figurent qu’à l’accusatif dans le Nouveau Testament. [Voir note 8]

D’après les observations de Margaret Mowczko, le nom masculin de Nympha et le pronom masculin correspondant se trouve dans le Textus Receptus. Il a affecté la traduction de Nympha dans les traductions anglaises KJV et NKJV (Ndlr: et de beaucoup d’autres langues, dont le français) Le nom de Junia est masculinisé dans le Texte Majoritaire et dans la traduction de Wescott et Hort, et cette traduction a affecté la transcription de Junia dans les traductions anglaises  NASB, NIV 84, etc. Ces erreurs (et d’autres) apparaissent également dans d’autres manuscrits grecs. Mais ils n’apparaissent pas dans les manuscrits grecs plus anciens. Ces derniers sont considérés comme plus fidèles aux lettres originales de Paul.
[4] Différentes bibles anglophones ont le masculin « Nymphas » avec le pronom masculin « lui ». La plupart des traductions anglaises modernes ont « Nympha » et « elle » dans Colossiens 4:15.
[5]  (…)
[6] Avec un circonflexe sur l’alpha final. (Voir note 8).
[7] (…)
[8] Il existes quelques variantes à propos des accents du nom de Nympha dans les manuscrits grecs
[9] …

(Les autres notes concernent Stephanas)