Athanase, en parlant des livres de la Bible, en 367:

Ce sont les fontaines du salut, celui qui a soif peut être désaltéré par les Paroles Vivantes qu’ils contiennent. En leur sein, seul la doctrine de la piété est proclamée. Que personne n’en ajoute d’autres, et qu’aucun ne soit pris à l’extérieur d’eux.  A leur propos, le Seigneur avait humilié les Sadducéens. Il avait dit: Vous errez, car vous ne connaissez pas les Écritures.

(Traduction libre à partir de l’anglais)

Avant la canonisation de la Bible

Selon ce que nous pouvons lire partout de nos jours, à ces époques, la Bible n’existe pas encore en temps que telle. Les chrétiens, lorsqu’ils se retrouvent, lisent toutes les lettres que s’écrivent les uns et les autres, différents livres et textes, plus ou moins «notre» ancien Testament actuel, les évangiles, les lettres des apôtres, etc. Mais ils considèrent dès le départ, des livres comme étant inspirés, et d’autres lettres comme étant simplement des lettres.

Comme il y a soudain énormément de textes, de lettres,  et de nombreux résumés et copies, passablement d’écrits, comme la didachè par exemple, disparaissent.

C’est principalement au concile œcuménique de Trente (1545 – 1563) entre les catholiques et les protestants (sans les différents orthodoxes, sans les coptes et les éthiopiens, sans les anabaptistes ou encore leur équivalant dans les pays anglo-saxon) qu’il sera parlé de canon par rapport à la Bible.  A la base, chacun parlait uniquement de livres inspirés.

Un canon, c’est plutôt, une «confession de foi», et bien plus largement, une loi votée par le dit concile, loi qui peut être sans aucun rapport avec la Bible et sans rapport avec la croyance. Aux conciles, il était établi une sorte de «règlement qui si possible, conviendrait à tous», composé de plusieurs points, les canons. Chacun des points étaient proposés selon les conciles précédents, et les «discussions en cours» (les désaccords et donc les accords proposés du moment), et il était énoncé pour chaque point, un «canon», lequel était voté par les responsables des villes représentées.

Saintes-Ecritures – Parole de Dieu

Auparavant, tous s’entendaient déjà pour la plupart des livres de «notre» Bible actuelle qui étaient considérés en tout cas comme inspirés et souvent comme «sacrés», Saintes-Ecritures ou Parole de Dieu, deux termes utilisés par les premiers chrétiens. Par contre, les livres « deutérocanoniques » de l’Ancien Testament seront discutés jusqu’au concile de Trente.

D’autres écrits

Les premiers chrétiens s’écrivaient beaucoup d’une ville à l’autre. Tous les chrétiens d’une ville écrivaient aux chrétiens d’une autre ville, lorsqu’il y avait des choses difficiles et délicates à régler ou pour se donner des nouvelles. Les chrétiens écrivaient aussi à un ami ou à un autre, et leur envoyait parfois des sortes de « résumés de la croyance chrétienne ». Devant la multitude des écrits (ou/et certainement aussi, après une grande persécution qui avait détruit la plupart des écritures chrétiennes?)(inspirées ou non), il y a soudain eu une volonté de « faire le point » au sujet des écrits existants. Les manuscrits ont été triés et choisis, afin de transmettre aux générations suivantes,  un texte « conforme ».  Dans toutes les langues qui s’écrivaient, il a été élaboré une sorte d’étalon de base. Par la suite, la plupart de ces langues ont évolué et sont devenues des langues mortes mais la Bible a suivi l’évolution des langues. Passablement de langues parlées, se sont d’ailleurs écrit pour la première fois, pour écrire La Bible.plan langues bible vernaculaire

De très nombreux écrits «disparaissent» soudainement pour ne laisser à la portée des chrétiens que les textes inspirés: plus ou moins « notre » Bible actuelle.

Il faudra passablement de conciles pour choisir l’ensemble des textes et les différentes régions ne permettrons pas tous la lecture de l’Apocalypse de Jean dans leurs églises, pendant plusieurs siècles après Jésus-Christ.

Les conciles au départ, rassemblaient tous les chrétiens. Puis, suite aux premières divisions, les uns se retrouvaient entre eux, et les autres entre eux aussi. Différents conciles œcuméniques rassembleront les chrétiens de tous les camps, c’est à dire, de tous les chrétiens invités ou encore de tous ceux qui acceptaient de venir.

Lors des conciles «en petit comité», il était décidé quels livres autoriser dans les villes avoisinantes, en partant des listes précédentes de livres de la Bible.  Plusieurs (groupes de) chrétiens dans l’histoire avaient fait des listes, par exemple, en écrivant à un de leurs amis la liste de livres qu’ils pensaient inspirés de Dieu.  Généralement, il est gardé le nom d’une unique personne, même lorsque l’église entière d’une ville (les chrétiens de toute une ville) écrivaient à (tous les chrétiens d’) une autre ville.

Ces listes englobent toutes à peu près les mêmes livres. Par contre Grégoire (mort en 390) n’incluait pas l’Apocalypse dans sa liste ni le Concile local de Laodicée vers 380 (Corpus canonique de l’Église orthodoxe). Amphiloque d’Iconium (mort vers 400 ou bien mort en 896?) place l’Apocalypse dans sa liste mais écrit: « Quant à l’Apocalypse de Jean, certains l’approuvent mais la majorité la dit fausse ». La liste d’Athanase (mort en 373) ne contient pas l’Apocalypse, entre autres exemples de listes.

La plus ancienne liste retrouvée, écrite environ en 170 et découverte récemment par Murati, considère deux Apocalypses, celui de Jean et celui de Pierre. L’Apocalypse de Pierre décrit les tourments de l’enfer et les bénédictions des cieux. Il était considéré comme vrai et lu par les chrétiens à ces époques.

L’Apocalypse de Jean (celui de « nos » Bible actuelle) fut autorisé en 419 par le Concile œcuménique qui a suivi plusieurs Concile à Carthage, dont celui de 397 qui avait incorporé l’Apocalypse dans sa liste et il semblerait que depuis, les occidentaux se sont basé sur ce qui avait été dit en 419. A ces époques, tous les canons, toutes les propositions de loi, étaient votées par les responsables de chaque ville. Puis, il était retenu, les canons qui avaient été approuvés par le plus grand nombre. (Sources détaillées en anglais sur les différentes listes de livre de la Bible)

Aucun de ces conciles n’a défini si les livres deutérocanoniques ou encore l’Apocalypse étaient « à parfaite égalité » avec les autres livres inspirés (les autres livres de « notre » Bible actuelle).

Dans l’autre sens, la plus grande partie des livres nos Bible actuelles ont été dès le départ considérés comme Écritures Saintes, y compris les livres du Nouveau Testament.

De 1545 à  1563, pendant presque 20 ans,  le concile œcuménique de la ville de Trente entre les catholiques et les protestants (sans les orthodoxes, grecs, russes, coptes, éthiopiens et sans les anabaptistes, anglicans, quakers et d’autres congrégations) statuera sur de très nombreuses choses et il définira les mêmes livres pour ces deux groupes. Il n’existait pas de différence entre les livres catholiques et protestants autre que de partir du grec (de la Septante LXX) ou de l’hébreu (des textes massorétiques) pour l’ancien testament. Protestants et catholiques sont partis des deux sources.

A partir de 1835, donc 300 ans après le début du protestantisme historique, les livres deutérocanoniques furent supprimés de plusieurs traductions protestantes pour rendre La Bible moins volumineuse et moins coûteuse. Il était auparavant mentionné dans ces Bibles, qui étaient les mêmes que les Bibles catholiques, que les livres deutérocanoniques ne faisaient pas partie du canon hébraïque. Les catholiques disent la même chose. C’est à dire, qu’ils n’ont jamais dit que les livres deutérocanoniques étaient « à parfaite égalité » avec les livres inspirés. Quant à l’Apocalypse???

Les différents orthodoxes, les coptes, les éthiopiens et bien d’autres qui ne participaient pas au concile de la ville de Trente garderont leurs différentes listes. La Bible éthiopienne par exemple, contient passablement de livres « en plus » qui ne se retrouvent dans aucune autre Bible.

Béréenne attitude

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