Paul explique dans sa première lettre aux Corinthiens la différence entre le métier d’évangéliste et le ministère d’évangéliste. Le premier est un un choix personnel: je veux faire le métier d’évangéliste. Le deuxième est imposé par Dieu. Paul écrit que Dieu lui impose d’être évangéliste, malgré lui. Dieu confie ses affaires à Paul: annoncer le salut. Cet évangile de l’immortalité qu’il annonce sous la contrainte ne coute rien à personne (n’occasionne pas de frais). Par contre, s’il avait choisi lui-même d’annoncer l’évangile, alors il mériterait un salaire.

Car, si j’évangélise, je n’ai pas de quoi me glorifier, car c’est une nécessité qui m’est imposée, car malheur à moi si je n’évangélise pas. Car, si je fais cela volontairement, j’en ai un salaire; mais si c’est malgré moi, une administration m’est confiée. Quel est donc mon salaire? C’est que, en évangélisant, je rends l’évangile exempt de frais, pour ne pas user comme d’une chose à moi de mon droit dans l’évangile. Car, étant libre à l’égard de tous, je me suis asservi à tous, afin de gagner le plus de gens; et pour les Juifs, je suis devenu comme Juif, afin de gagner les Juifs; pour ceux qui étaient sous la loi, comme si j’étais sous la loi, n’étant pas moi-même sous la loi, afin de gagner ceux qui étaient sous la loi; pour ceux qui étaient sans loi, comme si j’étais sans loi (non que je sois sans loi quant à Dieu, mais je suis justement soumis à Christ), afin de gagner ceux qui étaient sans loi. Je suis devenu pour les faibles comme faible, afin de gagner les faibles; je suis devenu toutes choses pour tous, afin que de toute manière j’en sauve quelques-uns. Et je fais toutes choses à cause de l’évangile, afin que je sois coparticipant avec lui. Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice courent tous, mais un seul reçoit le prix? Courez de telle manière que vous le remportiez. Or quiconque combat dans l’arène vit de régime en toutes choses; eux donc, afin de recevoir une couronne corruptible; mais nous, afin d’en recevoir une incorruptible. 1 Corinthiens 9:16-25 (Darby)

Veillez donc, en vous souvenant que, pendant trois ans, je n’ai cessé nuit et jour d’avertir avec larmes chacun de vous. Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de donner l’héritage parmi tous ceux qui sont sanctifiés. Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. En tout, je vous ai montré qu’il faut travailler ainsi, pour venir en aide aux faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Cela dit, il se mit à genoux, pour prier avec eux tous. Tous, avec de grandes lamentations, se jetaient au cou de Paul et l’embrassaient ; ils étaient surtout affligés parce qu’il avait dit qu’ils n’allaient plus revoir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au navire. (Dira Paul en pensant que c’était ses dernières paroles) (Actes 20)

Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Celui qui n’est pas le berger, qui n’est pas le propriétaire des brebis, mais que l’on paye pour les garder, se sauve, lui, dès qu’il voit venir le loup, et il abandonne les brebis; alors le loup se précipite sur elles, il s’empare de quelques-unes et disperse le troupeau. Cet homme agit ainsi parce qu’il est payé pour faire ce travail et qu’il n’a aucun souci des brebis. Jean 10:11-13 (Sem)

Cela n’est pas sans rappeler l’histoire de quelques personnes. Par exemple celles de:

Georges Muller (1805-1898) (Petit résumé de sa biographie)

  1. George Müller fut envoyé au collège afin de s’y préparer à être pasteur, non dans le but de servir Dieu, mais. uniquement et exclusivement pour avoir une profession et une vie facile.
  2. Néanmoins, lorsqu’il eut vingt ans, la vie de ce jeune homme subit une transformation complète.
  3. reçu l’appel à devenir missionnaire
  4. Müller reconnut l’erreur, plus ou moins universelle, qui consiste à beaucoup lire au sujet de la Bible, mais à très peu lire celle-ci. (…)  » Le Seigneur m’a aidé à abandonner les commentaires et à faire de la simple lecture de la Parole de Dieu, l’objet de ma méditation. Et ainsi, lorsque la première nuit, je fermai la porte de ma chambre pour prier et méditer les Ecritures, j’appris en quelques heures plus que je ne l’avais fait auparavant en plusieurs mois.  » Il ajouta:  » La principale différence, cependant, fut que je reçus de cette manière la véritable force nécessaire à mon âme « .
  5. Trois ans avant sa mort, George Müller écrivit:  » Dans toute ma vie de croyant, soit pendant soixante-neuf ans, je ne me souviens pas avoir jamais cherché SINCEREMENT ET AVEC PATIENCE à connaître la volonté de Dieu au moyen des enseignements du Saint-Esprit par l’intermédiaire de la Parole de Dieu, et ne pas avoir été guidé avec certitude. Cependant, si mon coeur n’était pas suffisamment sincère et pur devant Dieu, ou si je ne cherchais pas avec patience les instructions de Dieu, ou si j’accordais la préférence au conseil du prochain plutôt qu’à la Parole du Dieu vivant, alors je me trompais gravement « .
  6. (Ndlr) Sans jamais demander un centime aux hommes mais tout à Dieu, Georges Müller a pu nourrir chaque jours 2000 orphelins, entretenir 189 missionnaires et soutenir 100 écoles.  120’000 enfants des rues ont reçus de l’instruction et presque 10’000 ont passé par ses orphelinats. Sans faire d’appel aux dons,  Georges Müller a brassé des millions … il y a 100 ans … donc, aujourd’hui cela représente certainement 10 ou 100 fois plus.
  7. Les orphelins étaient plus instruits que bien d’autres enfants de la même région, le but étant qu’ils aient tous un bon travail et puisse fonder une famille. Beaucoup enverront des lettres de remerciement et soutiendront financièrement les orphelinats, une fois devenu adulte.
  8. Les journaux publièrent l’avis suivant, cinquante ans après sa mort: “L’orphelinat de George Müller, à Bristol, demeure l’une des merveilles du monde. Depuis sa fondation en 1836, le chiffre des contributions que Dieu lui a accordées uniquement en réponse aux prières, atteint plus de vingt millions de dollars et le nombre des orphelins recueillis s’élève à 19’935. Bien que les vitres de près de quatre cents fenêtres aient été récemment brisées par les bombes (au cours de la Seconde Guerre mondiale), aucun enfant, aucun membre du personnel n’a été blessé “.

William Booth (1829- 1912) (Mini résumé de sa bio)

  1. Trois choses, à cette époque, se disputaient son esprit : les affaires, la politique et la religion. Il s’appliquait à sa tâche quotidienne et courtisait la fortune, non pour lui, mais pour sa mère et ses soeurs.
  2. Mais sa pauvreté spirituelle l’inquiétait (…) . L’Église anglicane, avec son rituel et ses magnifiques cérémonies, n’apportait nul apaisement à l’âme de William. Nulle vie ne semblait palpiter sous les voûtes de l’église paroissiale qui faisaient songer à un vaste tombeau, où la religion momifiée reposait, entourée des bandelettes du formalisme.
  3. Un prédicateur (…) impressionna profondément le jeune homme.(…) « Une âme meurt à chaque minute… » Nul doute que sans mes deux amis, qui m’entraînèrent dehors, je serais resté ce soir-là à la réunion et j’aurais donné mon coeur à Dieu.
  4. Loin de soupirer après les plaisirs du monde : livres, gains et amusements, écrira-t-il dans ses notes biographiques, ma nouvelle nature me poussait à les fuir. Ils avaient perdu tout charme pour moi. Quel intérêt pouvaient posséder les romans, même ceux de Walter Scott ou de Fenimore Cooper, comparés à l’histoire de mon Sauveur ? Que devenaient les plus brillants orateurs auprès de l’apôtre Paul ?
  5. L’espoir de gagner de l’argent, allumé en moi par le désir d’aider ma pauvre mère et mes soeurs, s’éteignait pour faire place à la passion des richesses spirituelles : de nombreuses âmes sauvées.
  6. Bientôt on le vit, la Bible en main et l’amour de Dieu au coeur, se rendre chaque soir, après sa journée à la boutique du prêteur sur gages, dans les ruelles infectes et bordées de taudis, où croupissaient les miséreux du faubourg de Narrow Marsh (le marais étroit), dont les masures s’entassent au pied du rocher que couronne la prison du comté. Là, debout sur une chaise, à un carrefour, il s’adressait à ces parias de la société moderne. Ce qu’étaient ses allocutions, le Général nous en donne une idée dans ces quelques lignes : C’est dans les bas-fonds et les misérables faubourgs de Nottingham que j’ai appris à parler en public. Les réunions en plein air constituent la meilleure école du prédicateur ; là, il faut à tout prix être intéressant, trouver le mot qui frappe et accroche l’attention des auditeurs, si vous voulez garder un auditoire.
  7. Le zèle du jeune converti scandalisait (!) les respectables membres de l’Eglise Wesleyenne. Ils ne voyaient pas d’un bon oeil leur chapelle envahie par ces miséreux, ces déguenillés. (…) L’amour du peuple, (…) était bien étouffé sous la cendre de la respectabilité. (…) Après les épreuves habituelles, les sermons d’essai prêchés devant les pasteurs et les anciens de la région, William Booth fut officiellement reconnu prédicateur laïque de l’Eglise Wesleyenne. Il allait, le dimanche, dans quelque village écarté où il passait la journée à exhorter et à évangéliser. (Ndlr : tout en travaillant en semaine)
  8. Citation : Après ma conversion, ma conscience devint encore plus sensible, elle affirma davantage la suprématie du vrai et du juste. Depuis le jour où j’ai été amené à juger mes actions et mon caractère aux lumières de la vérité révélée dans la Bible, et dans mon âme par le Saint-Esprit, je n’aurais pu me permettre d’accomplir un acte que je condamnais dans mon for intérieur, sans m’infliger d’indicibles tortures. J’ai toujours eu horreur de l’hypocrisie, c’est-à-dire de la fausseté et de toute comédie de vertu, si à la mode soit-il, et si puissante la tentation d’agir comme la multitude.
  9. La vocation de William Booth lui vint tout à la fois du Dieu qu’il adorait et des foules qu’il aimait.
  10. Il écrit lui-même : « L’ignorance a des effets différents sur les diverses classes de personnes. Certains ignorants s’en vont, infatués d’eux-mêmes, gonflés de leur propre satisfaction. D’autres sont humiliés et attristés par leur ignorance. J’appartenais à la seconde catégorie. Je gémissais continuellement : « Oh ! mon Dieu, je suis bien petit spirituellement et je sais bien peu de chose. Donne-moi une occasion d’acquérir la science et d’apprendre à conduire d’une manière fructueuse l’affaire la plus importante : l’oeuvre du salut des hommes, travail auquel tu m’as appelé et qui m’est si cher. »
  11. L’Eglise Méthodiste répondit aux désirs du jeune homme ; elle prit des dispositions pour qu’il étudiât sous la direction d’un savant pasteur : M. Cook. William partit pour Londres et vint s’établir auprès de son professeur.
    Bientôt William Booth désenchanta. Il confia au papier son opinion sur ses études : Au lieu de mieux me préparer pour l’oeuvre du salut des hommes, en me fournissant les connaissances nécessaires à ce travail, et en me montrant par la pratique quotidienne comment employer ces connaissances, je dus étudier le latin, le grec, des sciences variées et d’autres sujets que je jugeais, d’un coup d’oeil, pouvoir m’être de peu de secours dans le travail qui se présentait à moi. Néanmoins, je me mis à l’oeuvre et, avec toute mon énergie, je me plongeai dans mes études. Mon professeur était un homme de grande valeur et d’aspect imposant. Les livres qu’il écrivit, sur des problèmes théologiques difficiles, étaient des plus estimés
  12. William Booth ne semble pas avoir été un brillant étudiant en théologie. Il ne pénétra jamais bien avant dans les arcanes des spéculations philosophiques. Il ne montra guère d’inclination pour l’étude des questions théologiques abstruses. « On dut souvent le trouver plongé dans une ardente prière à l’heure où il aurait dû apprendre les conjugaisons des verbes grecs », déclare une personne qui le connut bien, (…) cependant, il avait conscience de son insuffisance intellectuelle et de son besoin de nouvelles connaissances ; mais en même temps, il était hanté par la pensée des âmes en perdition. L’idée des hommes et des femmes perdus à jamais, tandis qu’il tournait les pages de ses livres de cours l’affolait
  13. (Petite parenthèse) L’assemblée lui accorda l’autorisation de se marier à la fin de sa première année de ministère, au lieu de l’obliger à attendre 4 ans, comme prévu par le règlement de son assemblée.
  14. (Ndlr) Il a donc dû se plier à de très nombreux règlements contraignants, qui a chaque fois l’empêchait de pratiquer ce qu’il souhaitait plus que tout : évangéliser les âmes perdues, ainsi que de très nombreuses « rebuffades » pour lui-même ou bien ceux qu’il amenait à l’église. Aussi, il a écrit à la fin de sa vie : Que personne ne suppose que je garde le moindre ressentiment contre les Églises à cause de la façon dont elles me traitèrent jadis. Je ne désire jeter la pierre à aucune d’elles. Dieu m’a préservé toute ma vie de semblables sentiments, (…) Mais je désire faire comprendre clairement aux lecteurs en terre païenne, comment j’ai été conduit à créer une organisation tout à fait en dehors des Églises chrétiennes, cela pour remplir ma mission …
  15. Il nous faut même veiller à empêcher (…) de crainte qu’ils ne perdent le contact avec les masses et ne se contentent d’un auditoire d’admirateurs
  16. (NDLR) L’armée du Salut a fourni du travail à des milliers de personnes, habillé et nourri des millions de personnes, etc, etc (je ne retrouve plus les chiffres exactes … mais ce sont des chiffres énormes et cette œuvre s’est propagée en quelques années dans plus de 48 pays pour en atteindre 100 de plus au minimum par la suite)
  17. Si beaucoup l’ont rejeté durant sa vie, pour l’enterrement de William, Londres a été complètement bloqué pendant plusieurs heures …
  18. Son épouse Catherine a sans cesse été partie prenante de cette oeuvre, amenant les femmes sur le devant de la scène.

Spurgeon et bien d’autres ont aussi  nourri et instruit bien des enfants des rues et donnés l’accès à la Bible aux personnes qui ne savaient pas lire (énormément à son époque). Bien que ce ne sont pas ces hommes qui sont importants mais Dieu ! A noter aussi, que ces personnes ont reçus énormément d’argent pour les autres et non pour eux-mêmes. Pour d’autres.

Béréenne attitude

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