Irénée de Lyon et ses coauteurs écrivaient très peu de temps après la fin des apôtres, vers 180:

Livre 2 – il est mieux de savoir peu de choses et de s’approcher de DIEU par l’amour que de se croire savant – l’orgueil pousse a faire des recherches aberrantes – rattacher des choses non clairement exprimées et ne tombant pas sous notre regard à des interprétations de paraboles que chacun imagine de la manière qu’il veut, c’est déraisonnable.

Aucune règle de vérité

De la sorte, en effet, il n’y aura de règle de vérité chez personne autant il y aura d’hommes à interpréter les paraboles, autant on verra surgir de vérités antagonistes et de théories contradictoires.

Toutes les Écritures, tant prophétiques qu’évangéliques  que tous peuvent pareillement entendre, lors même que tous ne croient pas pour autant  proclament clairement et sans ambiguïté qu’un seul et unique Dieu, à l’exclusion de tout autre, a fait toutes choses par son Verbe, les visibles et les invisibles, les célestes et les terrestres, celles qui vivent dans les eaux et celles qui rampent sous la terre, comme nous l’avons prouvé par les paroles mêmes des Ecritures – ces gens qui, en présence d’une manifestation aussi claire, sont aveugles des yeux et ne veulent pas voir la lumière de la prédication ; qui s’enchaînent eux-mêmes et qui, par de ténébreuses explications de paraboles, s’imaginent avoir trouvé chacun son propre Dieu.

Car, en ce qui concerne le Père imaginé par les hérétiques, aucune Écriture ne dit quoi que ce soit de façon claire, en propres termes et sans contestation possible : – eux-mêmes en témoignent en disant que c’est en secret que le Sauveur aurait livré ces enseignements, et cela non pas à tous, mais à quelques disciples capables de saisir et comprenant ce qu’il indiquait au moyen d’énigmes et de paraboles. (…)puisque les paraboles sont susceptibles d’explications multiples, fonder sur elles sa recherche de Dieu en délaissant ce qui est certain, indubitable et vrai, -si nous ne pouvons trouver la solution de toutes les questions soulevées par les Écritures, n’allons pas pour cela chercher un autre Dieu en dehors de Celui qui est le vrai Dieu : ce serait le comble de l’impiété. – Nous devons abandonner de telles questions au Dieu qui nous a faits, sachant très bien que les Écritures (des apôtres et l’AT) sont parfaites, données qu’elles ont été par le Verbe de Dieu et par son Esprit, mais que nous, dans toute la mesure où nous sommes inférieurs au Verbe de Dieu et à son Esprit, dans cette même mesure nous avons besoin de recevoir la connaissance des mystères de Dieu.

Par Irénée de Lyon

Ndlr : cela concerne directement les gnostiques. Mais ces hérésies ne restent-elles pas des hérésies dans d’autres contextes, sous d’autres latitudes, à d’autres époques ?

Béréenne attitude

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