agapes-aux-catacombes-de-sainte-domitille-a-rome(Fresque d’une Agape aux Catacombes de Sainte Domitille à Rome, entre 100 et 200 ap JC)

En grec, eucharisteó signifie remercier Dieu, rendre grâce, avoir de la gratitude envers Dieu. Avant chaque repas, les hébreux (non-chrétiens) remerciaient pour le repas et dans différentes autres circonstances.

Par exemple, avant la distribution des quelques pains et poissons à la foule immense, Jésus remerciera Dieu pour la nourriture.

Jean6:11 Et Jésus prit les pains; et après avoir rendu grâces (eucharisteó), il les distribua aux disciples, et les disciples à ceux qui étaient assis, et de même des poissons, autant qu’ils en voulaient.

Lorsque Dieu a ressuscité Lazare, l’ami de Jésus, ce dernier a rendu grâce à Dieu, a remercié Dieu.

Jean11:41 Ils levèrent donc la pierre [de dessus le lieu] où le mort était couché. Et Jésus levant ses yeux au ciel, dit : Père, je te rends grâces (eucharisteó) de ce que tu m’as exaucé.

Paul remerciera Dieu pour différentes choses, par exemple:

1Corinthiens1:4 Je rends toujours grâces (eucharisteó) à mon Dieu à cause de vous, pour la grâce de Dieu qui vous a été donnée en Jésus-Christ;

Les premiers chrétiens

«Si un repas ou un souper est organisé par quelqu’un en faveur des pauvres, s’il s’agit d’un repas du Seigneur (kuriakon), l’évêque doit être présent, quand on allume la lampe. (…)»

(Strong 2960:  kuriakos, c’est à dire, spécial, particulier pour le Seigneur)

La citation ci-dessus est tirée des Canons d’Hippolyte (CPG 1792). Ce texte parle de ce que pratiquait les chrétiens entre 200 et 250.

Les festins, les repas, les orgies, les noces, les célébrations, les banquets, les fêtes, existaient dans tous les peuples.

« Quoi donc d’étonnant qu’une si grande charité ait des repas communs ? (…)  Notre repas fait voir sa raison d’être par son nom : on l’appelle d’un nom qui signifie « amour » chez les Grecs.  (agape) (…) c’est un rafraîchissement  par lequel nous soulageons les pauvres, non que nous les traitions comme vos parasites (…) mais parce que, devant Dieu, les humbles jouissent d’une considération plus grande. (…) On ne se met à table qu’après avoir goûté de la prière à Dieu. On mange autant que la faim l’exige ; on boit autant que la chasteté le permet. On se rassasie comme des hommes qui se souviennent que, même la nuit, ils doivent adorer Dieu ; on converse en gens qui savent que le Seigneur les entend. Après qu’on s’est lavé les mains et qu’on a allumé les lumières, chacun est invité à se lever pour chanter, en l’honneur de Dieu, un cantique qu’on tire, suivant ses moyens, soit des saintes Ecritures, soit de son propre esprit. C’est une épreuve qui montre comment il a bu. Le repas finit comme il a commencé, par la prière. Puis chacun s’en va de son côté, (..) avec le même souci de modestie et de pudeur, en gens qui ont pris à table une leçon plutôt qu’un repas. »

Texte de Tertullien (Apologétique, ch. 39, par Daniel Rops  » L’église des apôtres et des martyres » page 245)

Tertullien est né et mort à Carthage en Tunisie. Vers 193 il devient chrétien. « On ne naît pas chrétien, on le devient » écrira-t-il dans son Apologie (XVIII)

Tertullien  relève les particularismes du repas du Seigneur, le différenciant des festins païens. Tertullien souligne  la pudeur, c’est à dire la non-débauche des participants au Repas du Seigneur, pendant mais encore après le repas, une fois seul. Les festins (repas en commun), y compris dans les temples païens, ressemblaient habituellement plus à des orgies. C’est à dire, beaucoup boire, beaucoup manger et avoir des relations sexuelles de toutes sortes les uns avec les autres, en particulier avec les prêtres et les prêtresses des temples et d’autres esclaves.

Il souligne aussi le fait de ne pas considérer les pauvres comme des parasites mais comme des personnes respectées par Dieu.

C’est Tertullien qui utilisera pour la première fois le terme sacrement, uniquement en parlant du baptême, qu’il appellera sacrément de la foi.  Il a repris pour la première fois un terme juridique qui n’existait pas dans le Nouveau Testament et que les premiers chrétiens n’utilisaient pas.

Le sacrement était à  son époque (vers les années 200),  la caution donnée avant un procès, et le serment qui allait avec. Devant le tribunal romain, le prévenu était engagé par le serment du sacrement.

C’est Augustin ( 354-430) qui commencera de développer autour du terme sacrement. (Selon le Petit Dictionnaire de Liturgie et de Théologie Sacramentaire, de Ngalula Tumba).  Plusieurs sacrements sont récents et n’existaient dans aucune église (catholique, orthodoxe, etc) pendant plusieurs siècles.

Dans le Nouveau Testament

Jésus dans l’Évangile de Luc (Chapitre 14) parle des célébrations-repas-festins-banquets, ainsi:

8 Lorsque tu seras invité par quelqu’un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu’il n’y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, 9 et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire : Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d’aller occuper la dernière place. 10 Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que, quand celui qui t’a invité viendra, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. 11 Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. 12 Il dit aussi à celui qui l’avait invité : Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. 13 Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. 14 Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. 15 Un de ceux qui étaient à table, après avoir entendu ces paroles, dit à Jésus : Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! 16 Et Jésus lui répondit : Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. 17 A l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés : Venez, car tout est déjà prêt. 18 Mais tous unanimement se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir; excuse-moi, je te prie …

Jude nous parle des agapes ainsi dans le Nouveau Testament:

12 Ce sont des écueils dans vos agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes.  (…) qui marchent selon leurs convoitises, qui ont à la bouche des paroles hautaines, qui admirent les personnes par motif d’intérêt.  17 Mais vous, bien-aimés …

Dans la lettre aux Corinthiens en particulier

Les apôtres peuvent-ils eux aussi se nourrir aux repas organisés dans les temples?

Habituellement, les prêtres païens  dans toutes les villes se nourrissaient au temple, ils mangeaient la nourriture apportée par le peuple, en sacrifice aux idoles. Dans la première alliance (dans l’ancien testament), c’est ce que faisait aussi les prêtres hébreux, tous les 3 ans, une partie des dîmes étaient données au temple de Jérusalem pour nourrir les lévites, les préposés au temple ou encore les descendants d’Araon, la tribu des prêtres – sacrificateurs hébreux. Les pauvres et ceux qui avaient apportés des sacrifices se nourrissaient eux aussi au Temple. Manger au temple (et aux synagogues) était une pratique courante et quotidienne et dans toutes les villes.

Les apôtres dans le passage de la Bible suivant sont remis en question: doivent-ils, peuvent-ils se nourrir aux différents temples? Et s’ils sont invités chez un particulier, peuvent-ils consommer une viande qui a été sacrifiée aux idoles?

1Corinthiens 8 à 12, extraits:

De quoi doivent vivre les apotres?

Comment manger? Avec quel revenu? Beaucoup à ces époques mangeaient dans les repas publics. D’autre part, en se nourrissant dans les temples, la question des viandes sacrifiées aux idoles est délicate. Peut-on manger  les viandes sacrifiées aux idoles?

1Corinthiens 8:4 Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’il n’y a point d’idole dans le monde, et qu’il n’y a qu’un seul Dieu.  5 Car, s’il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs,  6 néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes.  7 Mais cette connaissance n’est pas chez tous. Quelques-uns, d’après la manière dont ils envisagent encore l’idole, mangent de ces viandes comme étant sacrifiées aux idoles, et leur conscience, qui est faible, en est souillée.  8 Ce n’est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu: si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus; si nous n’en mangeons pas, nous n’avons rien de moins.

Manger assis à table, dans un temple d’idoles?

Suite de la lettre aux Corinthiens: 9 Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d’achoppement pour les faibles.  10 Car, si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d’idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles?  11 Et ainsi le faible périra par ta connaissance, le frère pour lequel Christ est mort!  12 En péchant de la sorte contre les frères, et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre Christ.

Libre devant Dieu mais ne choquer personne?

Suite de la lettre aux Corinthiens: 13 C’est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère.  9 Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas apôtre? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur? N’êtes-vous pas mon oeuvre dans le Seigneur? (…)

Les apotres peuvent-ils se nourrir de la nourriture des temples (païens ou juifs) des villes?

Suite de la lettre aux Corinthiens: 6 Ou bien, est-ce que moi seul et Barnabas nous n’avons pas le droit de ne point travailler?  7 Qui jamais fait le service militaire à ses propres frais? Qui est-ce qui plante une vigne, et n’en mange pas le fruit? Qui est-ce qui fait paître un troupeau, et ne se nourrit pas du lait du troupeau?  8 Ces choses que je dis, n’existent-elles que dans les usages des hommes? la loi ne les dit-elle pas aussi?  9 Car il est écrit dans la loi de Moïse: Tu n’emmuselleras point le boeuf quand il foule le grain. Dieu se met-il en peine des boeufs,  10 ou parle-t-il uniquement à cause de nous? Oui, c’est à cause de nous qu’il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain fouler avec l’espérance d’y avoir part.  11 Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une grosse affaire si nous moissonnons vos biens temporels.  12 Si d’autres jouissent de ce droit sur vous, n’est-ce pas plutôt à nous d’en jouir? Mais nous n’avons point usé de ce droit; au contraire, nous souffrons tout, afin de ne pas créer d’obstacle à l’Évangile de Christ.  13 Ne savez-vous pas que ceux qui remplissent les fonctions sacrées sont nourris par le temple, que ceux qui servent à l’autel ont part à l’autel?  14 De même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile.(…)

Pain spirituel ou matériel?

(Les hébreux font beaucoup moins de séparations que nous-mêmes, entre le spirituel et le matériel)

Suite de la lettre aux Corinthiens: 3 qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel,  4 et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ.  5 Mais la plupart d’entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert.  6 Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu.  7 Ne devenez point idolâtres, comme quelques-uns d’eux, selon qu’il est écrit: Le peuple s’assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir.  (…)   14 C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie.  15 Je parle comme à des hommes intelligents; jugez vous-mêmes de ce que je dis.

Les chrétiens bénissent la coupe de la communion au sang de Christ et non pas la coupe de la communion aux idoles (la coupe dans ce passage est certainement spirituelle) puis les chrétiens rompent le pain (spirituel) unique qui rassemble l’ensemble de tous les sauvés (de tous les chrétiens)

Suite de la lettre aux Corinthiens: 16 La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion au corps de Christ?  17 Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps; car nous participons tous à un même pain.

Petite parenthèse: dans la didachè

Après vous être rassasiés, rendez grâces (eucharistarios) ainsi : «nous te rendons grâces, Père saint, pour ton saint Nom que tu as fait habiter dans nos coeurs et pour la connaissance et la foi et l’immortalité que tu nous as révélées par Jésus Ton Enfant – à Toi la gloire pour les siècles. C’est Toi, Maître tout puissant, qui as créé toutes choses à cause de Ton Nom, qui as donné la nourriture et le breuvage aux hommes pour qu’ils en jouissent, afin qu’ils te rendent grâces (eucharistarios) – mais à nous tu as daigné accorder une nourriture et un breuvage spirituels et la vie éternelle par Ton Enfant – avant toutes choses nous Te rendons grâces parce que Tu es puissant – à Toi la gloire pour les siècles – Souviens-Toi, Seigneur, de Ton Église, pour la délivrer de tout mal et la rendre parfaite dans Ton amour et rassemble-la des quatre vents, elle que tu as sanctifiée, dans Ton royaume que Tu lui as préparé, car à Toi sont la puissance et la gloire pour les siècles – Que la grâce arrive et que ce monde passe! Hosanna au Fils de David! Si quelqu’un est saint, qu’il vienne – s’il ne l’est pas, qu’il se tourne [vers Dieu] – maranatha – amen »

La didachè a été écrite du temps des apotres ou peu après. Elle était premièrement lue dans beaucoup d’assemblées, avant la canonisation du Nouveau Testament. Puis, comme tous les écrits non-canonisés, elle disparut entièrement. Deux exemplaires ont été retrouvés récemment et traduits en français. Le mot « eucharistie » signifiait encore à ces époques : rendre grâce à Dieu, remercier Dieu, le sacrement de l’eucharistie n’ayant pas encore été instauré.

Le repas du Seigneur (la table du Seigneur): faire un festin païen et en même temps un festin chrétien?

Fin de la parenthèse et suite de la lettre aux Corinthiens: 18 Voyez les Israélites selon la chair: ceux qui mangent les victimes ne sont-ils pas en communion avec l’autel?  19 Que dis-je donc? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu’une idole est quelque chose? Nullement.  20 Je dis que ce qu’on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons.  21 Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur, et la coupe des démons; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons.  22 Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur? Sommes-nous plus forts que lui?  23 Tout est permis, mais tout n’est pas utile; tout est permis, mais tout n’édifie pas.  24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui.  25 Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous enquérir de rien par motif de conscience;  26 car la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme.

Bien que …

Suite de la lettre aux Corinthiens: 27 Si un non-croyant vous invite et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qu’on vous présentera, sans vous enquérir de rien par motif de conscience.  28 Mais si quelqu’un vous dit: Ceci a été offert en sacrifice! n’en mangez pas, à cause de celui qui a donné l’avertissement, et à cause de la conscience.  29 Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l’autre. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère?  30 Si je mange avec actions de grâces (eucharistarios), pourquoi serais-je blâmé au sujet d’une chose dont je rends grâces?  31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.  32 Ne soyez en scandale ni aux Grecs, ni aux Juifs, ni à l’Église de Dieu,  33 de la même manière que moi aussi je m’efforce en toutes choses de complaire à tous, cherchant, non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés.  1 Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ.  2 Je vous loue de ce que vous vous souvenez de moi à tous égards, et de ce que vous retenez mes instructions telles que je vous les ai données. (…) 18 Et d’abord, j’apprends que, lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, -et je le crois en partie,  19 car il faut qu’il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous. –

Le repas du Seigneur: certains ont faim, d’autres sont ivres

Suite de la lettre aux Corinthiens: 20 Lors donc que vous vous réunissez, ce n’est pas pour manger le repas du Seigneur;  21 car, quand on se met à table, chacun commence par prendre son propre repas, et l’un a faim, tandis que l’autre est ivre.  22 N’avez-vous pas des maisons pour y manger et boire?

Faire honte à ceux qui n’ont rien?

Suite de la lettre aux Corinthiens: Ou méprisez-vous l’Église de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n’ont rien? Que vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela je ne vous loue point.  23 Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain,  24 et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit: Ceci est mon corps, qui est (…) pour vous; faites ceci en mémoire de moi.  25 De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.  26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.  27 C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.  28 Que chacun donc s’éprouve soi-même, (réalise qu’il fait partie du pain, réalise ce qu’est le corps du Seigneur et qu’il en fait partie) et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe;  29 car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même.

Petite parenthèse sur le corps du Seigneur

Nous sommes nous, le corps de Christ: Éphésiens 5:23 Christ est le chef de l’Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. – Romains 12:5-6 nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. – Jean 11:52 réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés – etc, etc (voir plus bas) Fin de la parenthèse

Attendre les derniers arrivés pour que les plus pauvres aient à manger

Suite de la lettre aux Corinthiens: 30 C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts.  31 Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés.  32 Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.  33 Ainsi, mes frères, lorsque vous vous réunissez pour le repas, attendez-vous les uns les autres.

Le corps est un, il a plusieurs membres

Suite de la lettre aux Corinthiens: 34 Si quelqu’un a faim, qu’il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour attirer un jugement sur vous. Je réglerai les autres choses quand je serai arrivé.  12 Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance.  2 Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers les idoles muettes, selon que vous étiez conduits.  3 C’est pourquoi je vous déclare que nul, s’il parle par l’Esprit de Dieu, ne dit: Jésus est anathème! et que nul ne peut dire: Jésus est le Seigneur! si ce n’est par le Saint Esprit.  4 Il y a diversité de dons, mais le même Esprit;  5 diversité de ministères, mais le même Seigneur;  6 diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.  7 Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. (…) 11 Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.  12 Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il de Christ.  13 Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit.  14 Ainsi le corps n’est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. (…)

Paul termine en parlant de ceux qui s’empiffre dans les repas organisés pour les pauvres, et qu’il ne reste plus suffisamment pour eux et donc que plusieurs sont morts (de faim, de maladie dues à la malnutrition). Ce que Jude dénonce lui aussi, dans sa toute petite épitre en parlant des agapes (voir plus haut dans cet article). Le premier but était de donner à manger à tous en suffisance, comme dans la première alliance.

Dans l’histoire

C’est beaucoup plus tard, qu’il sera instauré l’eucharistie. Les protestants ne retourneront pas aux agapes des premiers chrétiens mais instaureront la sainte-cène, le saint-repas du soir, (la cena), échantillons de pain et de vin qui ne nourrissent personne …

Suite de la lettre aux Corinthiens: 20 Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps.  21 L’oeil ne peut pas dire à la main: Je n’ai pas besoin de toi; ni la tête dire aux pieds: Je n’ai pas besoin de vous.  22 Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires  23 et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes (=les plus pauvres) reçoivent le plus d’honneur,  24 tandis que ceux qui sont honnêtes (=les plus riches) n’en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait,  25 afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres.  26 Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.

Paul sur la considération, l’honneur, écrit de prendre en considération ceux qui sont « les plus petits » dans la société, en prendre soin de la même manière qu’envers des personnes plus « importantes ». Ceux qui avaient le plus d’honneur, c’est à dire un statut important dans la société, avaient suffisamment à manger, sans avoir besoin de venir aux agapes. On attendait d’eux par contre, qu’ils organisent des agapes pour les pauvres. C’est la fonction première de la charge d’évêque décrite en Tite et Timothée: distribuer de la nourriture à chacun dans l’église de façon équitable, c’est à dire, être un bon économe de Dieu.

Tertulien  par la suite en avait lui aussi parlé, dans le texte donné en début d’article :

Notre repas fait voir sa raison d’être par son nom : on l’appelle d’un nom qui signifie « amour » chez les Grecs.  (agape) (…) c’est un rafraîchissement  par lequel nous soulageons les pauvres, non que nous les traitions comme vos parasites,(…) mais parce que, devant Dieu, les humbles jouissent d’une considération plus grande.

Paul après les chapitres 10 à 12, continue ainsi sa première lettre aux Corinthiens. Extraits:

13 Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l’espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité. (en grec, agape) 14 Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels …

Les agapes

Dans les premières bibles en latin (Vetus latina), agape était traduit en latin par dilectio, que nous pourrions traduire en français par amour divin.  Jérôme (347-420),  dans la Vulgate, transformera agape (dilectio en latin) en charité (caritas en latin).

Les premiers chrétiens nourrissaient tous les pauvres

L’empereur Julien l’Apostat (360 ap. J-C),  dans une lettre à Arsakios, prêtre non chrétien en Galatie, relève que les chrétiens nourrissaient chacun.

Nous avons oublié ce que la religion des chrétiens a principalement revendiqué, à savoir la philanthropie (l’amour, le bien-être) envers les étrangers, l’inlassable sollicitude d’une sépulture pour les morts, et le sérieux de la vie morale. (…)  En effet, c’est une honte que parmi les Juifs, personne ne mendie, et que les Galiléens impies [les chrétiens] nourrissent non seulement leurs pauvres, mais aussi les nôtres.»

Cité dans: Jacques Blocher and Jacques Blandenier. L’evangélisation du monde vol. 1. Nogent-sur-Marne; Lavigny: Ed. de l’Institut biblique de Nogent : Ed. des Groupes Missionnaires, 1998

Livre des Actes 4 (Nouveau Testament)

Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent (=personne n’avait faim) tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin.

En lisant le Nouveau Testament en entier, quelles étaient les priorités pour les premiers chrétiens lorsqu’ils se retrouvaient? Quand et comment se rassemblaient-ils, pour faire quoi? Et dans les évangiles, que faisait Jésus? Quels étaient les actes quotidiens, les habitudes de Jésus et de ses disciples? Où et quand et dans quelles circonstances enseignaient-ils? Et déjà, que faisaient-ils ensemble? Comment se déroulaient leurs journées? Ces questions se posent en reprenant toutes les évangiles (et le NT en entier) et non pas en mettant en évidence un petit passage ou un autre à lui tout seul.

La responsabilité, la charge, des premiers responsables instaurés par les apôtres, sera de prendre soin de l’église, c’est à dire de chacun. Premièrement nourrir équitablement les chrétiens pauvres de la ville de Jérusalem. 7 personnes seront présentées aux apotres pour ce service-ministère-travail, dans le livre des Actes au chapitre 6. Par la suite, la même chose sera mis en place dans les villes autre que Jérusalem. Le début des lettres à Tite et Timothée nous parle de la charge d’évêque. (et de la charge d’économe)

Béréenne attitude

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