Le point commun de l’ensemble des protestants est d’avoir lu la Bible. Les réformateurs étaient pour la plupart des moines ou des prêtres catholiques qui avaient étudié le grec et l’hébreu. En dehors d’eux, seuls quelques rois possédaient une Bible et plusieurs laïcs réfugiés dans les montagnes et les régions reculées d’Europe. Ils fuyaient l’inquisition 300 ans déjà avant le début historique de la réforme.

Plusieurs prêtres catholiques avaient découvert le salut gratuit (sans indulgences et sans pénitences) dans la Bible. Ils incitaient leurs élèves prêtres à découvrir par eux-mêmes dans la Bible la Grâce de Dieu. Un courant de chrétiens toujours plus grand souhaitait une réformation de l’Eglise de l’intérieur.

  • Les témoins de la foi : les protestants

En latin pro devant et testare  témoigner: exprimer avec certitude, promettre avec force (à quelqu’un) que quelque chose est vrai, que quelque chose existe. (voir Hébreux 11 et 12) Actuellement, le terme attestant (au pluriel avec un s) a été repris par les protestants qui soutiennent la foi protestante de la réforme de 1517.

A l’intérieur des couvents, il y avait des tableaux d’affichage. Tous les moines s’en servaient pour afficher librement leurs thèses et réflexions. Un dénommé Luther apposera lui aussi comme les autres moines ses thèses sur le tableau d’affichage de son couvant. L’histoire retiendra principalement son nom.

Après avoir imprimé des indulgences, Gutenberg imprima la Bible. Il était déjà mort, lors que Luther est né.

L’histoire retiendra principalement le nom de Genève mais bien d’autres villes et régions accueillirent elles aussi les lecteurs de la Bible venus se réfugier en Suisse. En France, en Italie, en Allemagne, en Grand-Bretagne, en Hollande, etc toujours plus de chrétiens croyaient maintenant au salut par la Grâce de Dieu, sans devoir ‘payer son salut’ par des actes ou différentes pénitences et surtout sans le payer par des indulgences. Les périodes de paix leur donnaient la possibilité de communiquer, et le temps de traduire la Bible en langues courantes, à l’intention des personnes qui ne connaissaient pas le grec ou le latin. Bien que l’imprimerie et la Bible existait de tout temps, dans plusieurs langues vulgaires (courantes) ou encore en arménien, latin, slavon, copte, guèze et certainement encore dans d’autres langues « de bases » comme le perse ou l’arabe.

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  • Les états protestants

Avec les lecteurs de la Bible, de nombreux commerçants arrivèrent en Suisse. Genève en particulier s’agrandira et sera appelée la Rome protestante. En 1536, la commune adopte le protestantisme d’Etat (théocratie). 5 ans plus tard, Genève qui avait expulsé Calvin de la ville plusieurs années auparavant, lui demande de revenir et d’organiser la politique et les lois protestantes. La Suède par exemple, était déjà un pays protestant depuis 1527, pratiquement 10 ans avant la ville de Genève.

Mur des réformateurs à Genève en Suisse

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Amiral de Coligny – Guillaume le Taciturne – Frédéric-Guillaume de Brandebourg – *** – Guillaume Farel – Jean Calvin – Théodore de Bèze – John Knox – *** – Roger Williams – Olivier Cromwell – Etienne Bocskay

En Europe, différents cas de figure se précisèrent alors. Des dynasties entières de rois devenant protestants, certains états devinrent des monarchies protestantes. Les courants pacifistes du protestantisme souhaitaient pour plusieurs la liberté de culte. C’est à dire, que l’état n’oblige personne à … être chrétien. Ou encore que l’état n’oblige personne à adhérer à un courant du christianisme ou à un autre.  (Peut-on rendre chrétien par la force? Par exemple en rendant le baptême des bébés obligatoire? Cela produit-il des chrétiens réellement chrétiens? Avec des COEURS de chrétien?) D’autres souhaitèrent imposer la religion protestante à tous, dans la suite des états catholiques. Plusieurs mirent leurs biens en commun et avec d’autres, ils souhaitaient ne pas intervenir dans l’état, et que ce dernier ne s’occupe pas non plus de la croyance des uns et des autres. Beaucoup se réfugieront dans les montagnes de France et d’Italie, en Suisse et ailleurs,  et plus tard fuiront les persécutions jusqu’en Amérique.

  • Se battre ou ne pas se battre ?

Parmi les nobles (riches, puissants) indépendamment de leur (non)foi,  plusieurs essayèrent de récupérer politiquement les lecteurs de la Bible, les incitant à prendre les armes. Dans différentes régions d’Europe quelques groupes se soulevèrent les uns contre les autres, ou encore contre les autorités en place.  Il s’en suivi beaucoup de conflits. Considérés parfois comme des guerres entre protestants et catholiques, ces combats furent souvent liés à la politique, au pouvoir et à l’argent. (Et liés à la politique, au pouvoir et à l’argent de la papauté). Ce qui n’a rien à voir avec le christianisme (ce qui n’a rien à voir avec la croyance des uns ou des autres).

Agrandissement du centre du mur des réformateurs

reformateurs mur geneveGuillaume Farel – Jean Calvin – Théodore de Bèze – John Knox

Passablement de chrétiens ne souhaitèrent ni se battre ni s’associer à l’un ou l’autre courant politique ou autre roi. Parmi les mouvements pacifiques,  beaucoup de vaudois (les lecteurs de la Bible persécutés depuis 300 ans) et une grande partie des anabaptistes (les protestants qui souhaitaient la liberté de culte) demandaient d’avoir la possibilité d’avoir la Bible et de pouvoir la lire, sans craindre pour leur vie et celle de leur famille. Ils ne souhaiteront pas non plus avoir l’obligation d’être baptisés dès la naissance par l’un ou l’autre état chrétien. Plusieurs d’entre eux se refirent baptiser en toute connaissance de cause, en tant qu’adulte, ce qui leur valu la persécution et des catholiques et des protestants.

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  • La multitude des réformateurs

Les très nombreux réformateurs suivaient dans les grandes lignes une même pensée: le salut par la foi seule et donc gratuit, c’est à dire sans avoir besoin de payer une indulgence pour être sauvé ou encore de pratiquer des pénitences ou d’autres actions (œuvres).

Un courant central du protestantisme se dessinait et ceux qui s’en écartaient trop étaient parfois tués, emprisonnés, torturés ou noyés. Le catholicisme s’il pratiquait ce qui précède, pratiquait aussi la mise à ban. Cela signifie que n’importe qui peut tuer dans sa propre maison, dans la rue, la personne mise à ban, ou le groupe de personne. Ce qui explique par exemple, un massacre comme celui de la Saint-Barthélemy, pratiqué par la population même. Clairement, une personne mise à ban peut être tuée par tous les habitants de sa ville (et des autres villes, si la personne est connue en dehors de sa ville). Luther fut par exemple mis à ban par le catholicisme.

Beaucoup de documentations nous est parvenue sur de très nombreux réformateurs. Pour plusieurs, les sources divergent en plusieurs points en particulier pour les lecteur de la Bible souhaitant la liberté de culte et donc sans l’obligation d’être protestant ou catholique. Certaines sources sont aussi relevées encore et encore au détriment de bien d’autres, réduisant l’histoire à quelques événements et une poignée de noms.

Béréenne attitude

Un des bas relief du mur des réformateurs à Genève

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Nostre pere qvi es es cieulx sanctifie soit ton nom ton royavlme adviengne ta volvnte soit faicte en la terre comme av ciel. Donne novs av jovrdhvy nostre pain cottidien et novs pardonne nos offenses ainsi qve novs pardonnons a ceulx qvi novs offensent et ne novs indvitz point en tentation mais novs delivre du mal AMEN

Pierre Viret, assisté de Guillaume Farel et de Froment administra publiquement le premier baptême évangélique. Le 22 février 1534 ayant prêché devant l’assemblée réunie par Baudichon de la Maison Neuve. La réforme prêchée au peuple de Genève en présence des envoyés de Berne

  1. Voir l’ensemble du mur des réformateurs en bas de cette page (descendre pour avoir de plus grandes photos)
  2. Voir aussi la biographie de plusieurs réformateurs en anglais dans  cette même page
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