La Bible fait-elle une différence entre les veuves dont le mari est mort et les veuves dont le mari n’est pas mort? C’est à dire, la Bible fait-elle une différence entre les femmes répudiées et les veuves, ou encore entre les femmes qui seraient librement parties car mal nourries ou mal vêtues par leur mari? Et qu’en est-il des divorcées, ou celles dont le mari a disparu à la guerre ou dont le mari les a abandonnées. Il existe certainement d’autres cas de figure encore. En particulier encore, les femmes violées souvent rejetées par leur famille, mari, par toute leur communauté.

La Bible fait-elle des distinctions entre toutes ces femmes ?

Népal de nos jours

(…) culturellement, une veuve est tenue responsable de sa situation. Autrement dit, si une femme est veuve, c’est de sa faute. Aussi, le sort des veuves népalaises est des plus déplorable.

Maroc de nos jours

Le mépris de l’autre, celui de la famille, de la société qui ne pardonne pas à la femme d’être divorcée; plus grave: d’être répudiée. C’est toujours elle, la responsable, la coupable. (…)  Il faut reconnaître que les hommes ont beau être des gens évolués, la femme ne représente pas moins pour eux qu’un simple objet de désir sexuel (…)

RDC (République Démocratique du Congo) de nos jours

Les femmes violées, à cause de la guerre, sont rejetées de toute part. Entre parenthèse, dans tous les pays et à toutes les guerres, des femmes et des enfants (et des hommes) ont été violés. Généralement, après la guerre, ces femmes sont rejetées, et plus encore leurs enfants.

Bangladesh de nos jours

(…) l’abandon des femmes répudiées (…) les imams (…) enfoncent le clou de l’oppression des femmes, à l’aide de leur autorité religieuse. Personne ne lit le Coran, dans lequel il n’est pas écrit, par exemple, qu’être battue aide à la sanctification. (Même si ce sont d’autres écritures, une phrase à relever dans un blog qui encourage à vérifier dans les écritures. 🙂 ) (Tous ces exemples, sont des citations)

Papouasie-Nouvelle-Guinée de nos jours

… la femme perd son statut et elle ne peut retourner dans sa famille, car ses parents et les membres de la communauté la rejettent. Ces femmes répudiées n’ont d’autre choix que de se tourner vers l’argent du sexe pour subvenir à le leurs besoins et nourrir leurs enfants. Les enfants eux-mêmes peuvent alors se trouver impliqués (dans le commerce du sexe) (…) les forces de police réservent un traitement particulier aux femmes prostituées (…) celles-ci sont régulièrement maltraitées (…)

Les germains dans l’histoire

La répudiation de la femme par l’homme pour cause de stérilité était considéré comme normal. Les Germains du Haut Moyen Âge, par exemple, valorisaient la fécondité comme une preuve de la faveur des dieux.

France et Grande-Bretagne

Je n’ai pas trouvé d’étude sur Internet sur les femmes et les enfants dans l’histoire de la France mais uniquement de très longs récits, qui démontrent néanmoins de façon explicite que les femmes répudiées atterrissaient pour la plupart dans la rue, puis principalement au bordel. Quand à leurs enfants … ?

Une phrase dans un article explique dans la plus grande neutralité:

« Les femmes se prostituent quand elles sont sans ressources, migrantes du milieu rural, filles exclues du mariage après un viol, servantes chassées, veuves abandonnées ».

La vraie réalité de ces femmes ne transparaît pas, aucun mot n’indique qu’elles n’avaient pas d’autres choix. L’article n’indique pas non plus comment vivaient les femmes mariées, ce qu’elles faisaient pour ne pas se retrouver à la rue, par exemple. L’article ne commente pas non plus cette phrase-ci: « filles exclues du mariage après un viol ».

La Grande-Bretagne, vers 1750, avait instauré cette loi: «L’être même, ou l’existence légale de la femme, est suspendu tout le temps du mariage, ou tout au moins, il est incorporé et intégré à celui de son mari: c’est sous l’aile, la protection et la garantie de celui-ci qu’elle exécute tout».

Qu’elle exécute tout… son existence légale est suspendue…

Lorsque divorcer est devenu un acte payant en Angleterre, plusieurs maris avaient vendu leur femme au plus offrant. Le dernier cas juridiquement connu date de 1913.

Puis, il est arrivé la guerre de 14-18. Les tribunaux avaient d’autres priorités que la traite des femmes et leur esclavage.  Si avant la guerre, les femmes n’avaient que des devoirs et des obligations, après la guerre, les femmes commenceront d’avoir quelques droits et un peu de liberté.

Jusqu’en 1950, toujours en Grande-Bretagne, si un mari trouvait un défaut à sa femme, il pouvait dire qu’il la considérait comme impure, et demander le divorce. Une femme divorcée se retrouvait régulièrement à la rue, réellement à la rue, et la plupart du temps au bordel.

Les femmes qui tombaient enceintes hors mariage devenaient impures et se retrouvaient elles aussi régulièrement au bordel. Les pères eux, n’étaient pas inquiétés.  Même s’il y avait eu viol. La fille violée était rejetée et ne pouvait souvent plus même se marier. Les femmes étaient donc en danger constant de se retrouver au bordel. Et souvent en danger constant de se faire violer. Qui les aurait défendues? Leurs parents les mettaient à la rue…

Nous sommes en 1950 en Grande-Bretagne.

Plusieurs racontaient, toujours à ces époques, qu’étudier aurait pu rendre malade une femme. Les femmes silencieuses et effacées étaient montrées en exemple. A l’inverse, les premières étudiantes femmes ont été grandement méprisées.

Age nubile – être consentante

La nubilité correspond environ à l’age de la puberté. Le corps de la fille est considéré comme suffisamment formé pour qu’elle puisse accoucher. L’age nubile n’est pas la majorité matrimoniale. (Au alentour de 20 ans, selon les pays et les époques) A partir de la majorité, les parents n’ont plus aucun droit sur le mariage et la vente de leurs enfants.

Être consentante signifie qu’à partir d’un certain age, une fille est de toute façon consentante pour toute relation sexuelle.

Que fait une fille qui a été mariée par ses parents à 12 ans, lorsqu’elle arrive à l’age de la majorité ? Elle a 8 ans de mariage et probablement déjà une famille nombreuse. Sans aucun soutient et pour la plupart, avec pour choix, rester mariée,  mendier (de crever de faim dans la rue) ou de vendre son corps.

La même loi était en vigueur aussi bien pour les filles mariées par leurs parents que vendues à la prostitution par leur parents et pour les enfants des esclaves.

Dès qu’elle avait atteint un certain age, une fille devenait de toute façon «consentante pour tout». Son mari avait absolument tous les droits sur son épouse. Quand aux bordels…

Dans l’histoire, l’age nubile concernaient premièrement les esclaves. Par la suite, des lois furent instaurées pour tout un chacun.

En France, si un mari ou un conjoint violait sa femme, la femme était encore automatiquement considérée comme consentante jusqu’il y a peu. Depuis 2010, les tribunaux français ne partent plus du principe qu’une femme est de toute façon consentante.

En Angleterre, l’Armée du Salut (néo-protestante) avait fait remonter l’age nubile de 13 à 16 ans en 1885. En Inde, les anglais avaient établi un «âge de consentement» pour les filles.  A cette époque, cet age remontera de 10 à 12 ans, 6 ans après la nouvelle loi en Angleterre.

Lors de la séparation de l’église de l’État, en France, l’état a fait passer l’age nubile de 12 à 13 ans pour les filles et de 14 à 15 ans pour les garçons.

En résumé, en 1891, les filles pouvaient être mariées ou vendues dès 16 ans sur sol anglais, dès 12, en Inde et dès 13 en France. Nous parlons encore et toujours de « consentement »! Vocabulaire passablement tordu de ces époques…

Le catholicisme romain fixait le consentement des filles à leur age pubère-nubile: 12 ans. En 1917, cet age passe de 12 à 14 ans. (Canon numéro 1083 dans sa rédaction du 23 janvier 1983. Ce canon existe toujours).

Du temps de Jésus

Du temps des premiers chrétiens, la terre entière était concernée. Les juifs (lorsqu’ils suivaient Dieu) et les chrétiens (lorsqu’ils l’étaient dans leur COEUR) ne faisaient pas cela. Les non-chrétiens (les païens) étaient surpris de ce que les chrétiens ne vendent pas une partie de leurs enfants pour la prostitution.

Les parents marient ou vendaient leurs enfants comme bon leur semblaient! Les romains par exemple ne gardait que leur filles ainée.

Lorsque dans un pays, une loi impose aux païens de se comporter en chrétiens, ces derniers contournent la loi. Le paganisme n’a pas de frontière.

Les responsables juifs, du temps de Jésus

Hillel l’ancien en parlant aux hommes du divorce: «On peut répudier une femme si elle a mal préparé un plat, si elle commet une maladresse, si elle laisse brûler le rôti». Shammaï par contre, enseignait qu’il fallait divorcer uniquement pour de très bonnes raisons.

Shammaï et en particulier Hillel, étaient considérés et le sont encore comme les plus grands sages du Sanhédrin juif du temps d’Hérode et de l’empereur Auguste, donc du temps de Jésus sur la terre.

Rabbi Aquiba, un autre grand responsable ayant vécu peu après les apôtres, expliquait aux hommes:  «Si quelqu’un voit une femme plus belle que la sienne qu’il répudie la sienne». Il disait se baser sur les écritures (de l’Ancien Testament)  pour dire ce qui précède: «car il est écrit: « Si elle n’a pas trouvé grâce à tes yeux».

Jésus leur répondra sévèrement

Il y avait clairement deux courants de pensées, comme de nos jours nous parlerions de libéralisme et d’intégrisme. Lorsque les pharisiens, saducéens, et autres scribes vinrent interroger Jésus, c’était premièrement pour connaitre sa position par rapport aux enseignements de Shammaï et d’Hillel.  Ils demandèrent à Jésus:

Matthieu 19:3 Est-il possible de répudier une femme pour n’importe quel motif?

C’est dans ce contexte que Jésus se fâchera contre les hébreux sur leur façon de répudier leurs épouses. Les disciples répondront à Jésus:

Matthieu 19:10  Si la condition de l’homme est de devoir prendre soin de son épouse, autant ne pas nous marier.

Implicitement: ne pas pouvoir en changer comme bon nous semble. Et premièrement et en toutes lettres, les disciples sont étonnés d’entendre qu’ils puissent avoir à prendre soin de leur épouse…

Jésus voyait trop de femmes répudiées se retrouver à la rue, à la merci de la violence des passants, de la faim, de la soif, de la solitude, des humiliations, etc, etc. Jésus pensera comme à son habitude, à prendre soin des plus faibles.

C’est dans ce genre de contexte que Jésus se fâchera avec les pharisiens (et autres scribes et responsables) sur leur façon d’enseigner le peuple à répudier leurs épouses « pour tout et n’importe quoi ».

Dans l’ancienne alliance (Ancien Testament)

  • Deutéronome 10:17-18 Car l’Eternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements.
  • La dîme envers les veuves et les orphelins Deutéronome 14:29 Deutéronome 26;12
  • Les fêtes pour l’Eternel : Tu te réjouiras (avec) l’orphelin et la veuve Deutéronome 16 :11 et 14
  • Préservez les droits des veuves et des orphelins Deutéronome 24 :17-21
  • Laissez ‘des restes de récoltes’ dans les champs et sur les arbres fruitiers, afin que les veuves puissent les glaner (Ruth et Naomie) Deutéronome 24:19
  • Maudit soit celui qui porte atteinte au droit de la veuve et de l’orphelin Deutéronome 27:19 – Exode 22:22-24
  • Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Faites droit à l’orphelin, Défendez la veuve. Ésaïe 1:17,
  • etc, etc, etc

Psaumes 68:3-6 Mais les justes se réjouissent, ils triomphent devant Dieu, Ils ont des transports d’allégresse. Chantez à Dieu, célébrez son nom! Frayez le chemin à celui qui s’avance à travers les plaines! L’Eternel est son nom: réjouissez-vous devant lui! Le père des orphelins, le défenseur des veuves, C’est Dieu dans sa demeure sainte. Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés

Qu’est-ce qu’une veuve?

Hébreu: almanah (strong 490)

Veuve. Mot qui a pour racine: Alman

Hébreu: alman (strong 488)

Veuve, rejetée, répudiée, délaissée, abandonnée, abandonnée comme une veuve. Généralement traduit par: abandonnée

Dans la loi de Moïse

Les femmes étaient autorisées à quitter leur mari lorsqu’elles manquaient de nourriture, de vêtements et d’affection.  Une porte de sortie est offerte aux femmes afin qu’elles ne manquent de rien.

Exode 21:10-11 (…) nourriture, vêtement, droit conjugal. Et si le mari ne fait pas ces trois choses, son épouse pourra sortir libre (partir librement) et sans donner de l’argent. (C’est à dire, sans rembourser sa dot).

Un mot hébreux spécifique aux femmes répudiées

Il existe un mot spécifique en hébreux pour les femmes répudiées : garash (Stong no 1644). Dans l’ancien testament, répudiée (garash) est utilisé quelques rares fois au coté du mot veuve, uniquement dans les préceptes envers les sacrificateurs (sauf exceptions)

Dans la nouvelle alliance (Nouveau Testament)

Jacques 1:27 La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde.

Les veuves et les veuves vraiment veuves

1 Timothée 5:3 et 16 Honore les veuves qui sont vraiment veuves; Que si quelque homme ou quelque femme fidèle a des veuves, qu’ils les assistent, mais que l’Eglise n’en soit point chargée, afin qu’il y ait assez pour celles qui sont vraiment veuves.

L’église nourrissait chaque jour les femmes (et leurs enfants) qui n’étaient pas nourries par un mari, par leur famille ou par un ou une chrétienne. D’autre part, « honore ton père et ta mère », est compris par les hébreux comme prendre matériellement soin de ses parents,  les nourrir et les vêtir, s’ils ne peuvent pas subvenir à leur besoin. Honorer une veuve, veut aussi dire en prendre soin, la nourrir, etc. Les veuves vraiment veuves, n’avaient personne pour les nourrir, ni mari ni famille ni entourage, donc les chrétiens les nourrissaient dans la suite de ce qui était pratiqué par les hébreux.

Aimer son épouse comme Christ, c’est aussi prendre soin de son corps

Éphésiens 5:25-30 Maris, aimez vos femmes, comme Christ (…) C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Eglise, parce que nous sommes membres de son corps.

Qu’est-ce qu’une veuve dans la langue grecque ?

Chéra (strong 5503)

Littéralement ou figurativement veuve. Déficience de mari, manque de mari.

Littéralement veuve, c’est à dire, son mari est décédé. Figurativement veuve, son mari n’est pas mort, mais elle est dans la même situation qu’une femme dont le mari serait mort.  Déficience, manque de mari : elle n’a pas à ses cotés, un mari sur lequel compter, en tout premier pour être nourrie et vêtue.

Dans les faits, chacun avait à manger, parmi les chrétiens. Il n’y avait pas de personne exclue, les chrétiens s’occupaient de tous : des pauvres, des veuves, des répudiées.

Actes 4:34 Aucun d’eux n’était dans le besoin

Une veuve véritable n’a personne pour la nourrir mais son mari n’est pas forcement mort.

Dans la Bible entière, « veuve », un terme générique?

Dans la Bible, veuve semble être souvent un terme utilisé comme « générique », et ce mot inclurait toutes les femmes seules (sans personne pour les nourrir et les vêtir) les femmes répudiées, abandonnées, celles dont le mari est mort, celles dont le mari a disparu, celles dont le mari n’est pas mort.

Selon Theonoptie, « veuves et orphelins » englobe toute personne nécessiteuse, y compris les hommes, ou encore les handicapés et les malades, hommes, femmes ou enfants.

Et les orphelins? Leur père pourrait-il être vivant mais les avoir abandonnés ?

Hébreux: yathowm (strong 3490)

Orphelin. Sans père. Vient d’une racine qui signifie: être seul

Grec: Orphanos (strong 3737)

Privé, d’un père, de parents. Privés d’un maître, d’un guide, d’un gardien. Orphelin

Béréenne attitude

Sources