Le nom des martyrs chrétiens, et souvent leur témoignage au moment même de leur extermination sur les bûchés, avaient été recueillis par Jean Crespin.

En 1998, David El Kenz a écrit un livre: Les bûchers du roi: la culture protestante des martyrs (1523-1572) Il estime que Jean Crespin n’avait pas connaissance de tous les martyrs que l’inquisition tuait et que le Martyrologe de Crespin ne reflète donc pas l’ensemble des suppliciés. Par exemple, à la page 130, David El Kenz écrit: « la sous-estimation de l’Histoire des martyrs est encore plus importante pour la séquence 1544-1549. Les arrêts mentionnent alors cent quinze exécutions tandis que le martyrologe n’en expose que trente-six. Crespin ignore 80% des exécutés pour hérésie par ordre du Parlement de Paris entre 1540 et 1548 ». (Le concile de Trente s’est déroulé de 1545 à 1563)

Crespin compilera dans des carnets leur témoignage, puis en fera des livres. Au fur et à mesure qu’il recueillera des noms, il complétera ses écrits et en modifiera la disposition pour introduire les nouvelles données dans les pages déjà bien remplies des 2, puis des 3 livres de l’histoire des martyrs chrétiens.

Beaucoup sont morts pour avoir possédé une Bible. L’inquisition interdisait sa lecture depuis 300 ans déjà. Mais il y avait sur les bûchés de l’inquisition d’autres personnes qui elles, ne sont pas mortes pour le nom de Jésus. Il est possible que Crespin ait eu parfois connaissance de martyrs non-chrétiens, et qu’il ait choisi de ne pas mettre leur nom dans ses livres? En effet, l’inquisition exécutait pour hérésie un peu n’importe qui et pour n’importe quoi.

Jésus a-t-il enseigné de brûler ceux qui ne pensaient pas comme lui?

Il n’est pas certain que dans son livre tout récent, David El Kenz, parte de données qui fassent la différence entre les martyrs chrétiens, et d’autres suppliciés. D’autre part, comme les persécutions s’étendaient sur une grande surface géographique, il est probable que Crespin n’ait pas eu connaissance de l’ensemble des martyrs chrétiens.

Béréenne attitude

CRESPIN Jean; GOULART Simon: Histoire des martyrs persecutez et mis à mort pour la vérité de l’Evangile depuis les temps des apostres jusques à present : comprinse en douze livres, contenant les actes mémorables du Seigneur en l’infirmité des siens, non seulement contre les efforts du monde, mais aussi contre diverses sortes d’assaux et hérésies monstrueuses, en plusieurs provinces de l’Europe, notamment à Rome, en Espagne, et ès Pays bas : les préfaces monstrent une conformité de l’estat des Eglises de ce dernier siècle, avec celui de la primitive Eglise de Jésus Christ. Reveuë et augmentee en ceste éd. des deux derniers livres, item de plusieurs histoires, et notes remarquables ès précédens : avec deux indices, l’un des principaux points de la vraye et fausse religion, amplement traitez, soustenuz, ou réfutez, l’autre, contenant les noms des martyrs mentionnez en ceste histoire. [Genève], [héritiers d’Eustache Vignon], 1608.
In-folio, imprimé sur deux colonnes de [8]-765-[5]ff. pleine basane brune, dos muet à nerfs. Quelques ff. brunis, mouillures, quelques angles de pages froissés, manque les 2 derniers feuillets de tables. Reliure rustique. Le « martyrologue protestant », grand classique du temps, mais néanmoins devenu rare. (Source : La Librairie ancienne, Genève, Suisse)

Le livre mesure 30 x 38 cm de hauteur pour 1.760 pages. (Une règle d’école mesure 30cm)

Il existe en google books: Jean Crespin: Le martyrologe

Extraits du martyrologe à partir du livre de Matthieu Leliève:

« Portraits et récits Huguenots »: – Étienne Brun, du Dauphiné, dit aux Juges qui l’envoyaient au bûcher: «Pauvres gens, que pensez-vous faire? Vous me voulez condamner à la mort; vous vous trompez, ce sera à la vie».
«Mon père», disait Baudechon Oguier à son père, enchaîné à côté de lui sur le bûcher, «prenez courage, encore un peu, et nous entrerons en la maison éternelle». Puis, pendant que les flammes dévoraient leurs corps, on les entendit dire: «Jésus-Christ, Fils de Dieu, nous te recommandons nos esprits». Quelques jours plus tard, un second bûcher réunissait Martin Oguier et sa mère. Cette vaillante chrétienne, parvenue sur l’échafaud, dit à son fils: «Monte, Martin, monte, mon fils». Et elle ajouta: «Parle haut, Martin, afin qu’on voie que nous ne sommes pas hérétiques». Quand il eut parlé au peuple, elle éleva la voix à son tour et dit: «Nous sommes chrétiens, et ce que nous souffrons n’est point pour meurtre ni pour larcin, mais pour ce que nous ne voulons rien croire que la Parole de Dieu».
Michelle de Caignoncle, jeune femme de bonne maison, de Valenciennes, disait à ses compagnons de bûcher, en leur montrant les juges qui s’étaient mis à une fenêtre pour assister à leur supplice: «Voyez-vous ceux-là! ils ont bien d’autres tourments que nous, car ils ont un bourreau en leur conscience; mais nous, en souffrant pour Jésus-Christ, avons repos et certitude de notre salut». À une pauvre femme qui lui disait, comme elle allait au supplice: «Hélas! Mademoiselle, vous ne nous donnerez plus l’aumône», elle répondit en lui donnant ses souliers: «Tenez, je n’en ai plus que faire».

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Autre extrait de ce même livre

La constance de nos martyrs au milieu des souffrances et des privations et en face des plus horribles supplices ne doit pas nous faire oublier qu’ils étaient des hommes sujets aux mêmes infirmités que nous. Le martyrologe protestant n’est pas une légende des saints, qui place une auréole au front de ses héros. C’est une histoire très sérieusement documentée et d’une sincérité absolue. On y trouve donc le récit des défaillances momentanées de plusieurs de ces héros de la foi, mais on y voit aussi comment ils se relevaient par l’humiliation et par la prière. Leurs infirmités les rapprochent de nous et nous ôtent le droit de déclarer leur exemple inimitable.
Les luttes spirituelles occupent une grande place dans leurs lettres. On s’aperçoit, en les lisant, que les plus rudes assauts ne leur venaient pas des théologiens cauteleux qu’ils avaient à combattre, mais de cette lutte de la chair contre l’esprit, à laquelle nul n’échappe et qui pour eux avait une intensité poignante.
«La chair bataille merveilleusement contre l’esprit», disait Aymon de la Voye au moment d’aller au supplice, «mais j’en serai incontinent dépouillé. Seigneur, en tes mains je recommande mon âme».


On ignore la date exacte de la naissance de Jean Crespin. Il ouvrit une imprimerie et se livra spécialement à la publication d’ouvrages destinés à propager la foi évangélique. Il mourut victime de la peste en 1572. Le livre qu’il publia (pour la première fois) en 1554, a immortalisé son nom est l’Histoire des Martyrs.
«Merveilleux livre», dit Michelet, «qui met dans l’ombré tous les livres du temps; car celui-ci n’est pas une simple parole, c’est un acte d’un bout à l’autre, et un acte sublime». Ce livre, qui eut une quinzaine d’éditions, (…) avec la Bible et le Psautier, formait le fond de la bibliothèque de la famille huguenote (…) Ses récits gravèrent sur la conscience huguenote ce mot, que la main d’une pieuse prisonnière grava plus tard sur une pierre de la tour de Constance: «RÉSISTEZ!»
Le Martyrologe de Crespin nous fait connaître la fière attitude des réformés du seizième siècle en face de la persécution la plus violente et la plus acharnée qui fut jamais. Crespin a voulu surtout conserver et transmettre à la postérité les actiones et monimenta, les lettres et confessions des martyrs; il a voulu, comme il le dit dans la préface de sa première édition, «recueillir, non leurs os ou leurs cendres, mais leur constance, leurs dits et écrits, leurs réponses, la confession de leur foi, leurs paroles et adorations dernières, pour rapporter le tout au giron de l’Eglise, afin que le fruit en revienne à la postérité».
Lire ce livre en entier : PORTRAITS ET RÉCITS HUGUENOTS PAR MATTHIEU LELIÈVRE
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L’édit de Nantes selon wikipédia

C’est un édit de tolérance signé en 1598, par le roi de France Henri IV, et révoqué sous le règne de Louis XIV, par l’édit de Fontainebleau, en 1685. (87 ans plus tard). Il reconnaît la liberté de culte aux protestants, selon plusieurs limites (…) Henri IV lui-même était un ancien protestant, et avait choisi de se convertir au catholicisme afin de pouvoir monter sur le trône.

Sources: