Extrait d’un article de Marc Burnod à partir du blog porte-parole (les titres ont été ajoutés)

 

Les chrétiens au Moyen-Orient : Iran

Historiquement, la foi chrétienne est enracinée dans les divers pays de cette région du monde depuis les débuts du christianisme, et y était démographiquement majoritaire encore récemment ! Seule l’expansion violente de l’Islam, par le moyen de pressions multiples, de contraintes coercitives et de graves persécutions, a abouti, au cours des derniers siècles, à une inversion du rapport numérique entre chrétiens et musulmans. Des dénominations chrétiennes très anciennes existent d’ailleurs toujours dans ces divers pays, et l’on en a malheureusement beaucoup entendu parler récemment à l’occasion des évènements dramatiques qui se déroulent en Irak et en Syrie.

Les religions chrétiennes historiques en Iran

Or, en Iran, si ces religions chrétiennes « historiques » sont plus ou moins tolérées, c’est parce que leurs offices religieux – regroupant uniquement des croyants qui le sont par héritage familial – se déroulent dans des langues tellement anciennes que même les membres de ces communautés ne les comprennent pas ! En effet, on n’apprend plus ces langues historiques, qui ont été remplacées au fil du temps par la seule langue officielle de l’Iran moderne : la langue persane.

Ces églises traditionnelles, de toute manière, n’ont pas le droit de s’adresser aux citoyens iraniens de religion musulmane en persan, et ne sont donc autorisées à pratiquer leur culte qu’avec leurs propres membres. Leur présence, qui a été préservée dans l’Iran moderne, y compris dans le contexte de la Révolution Islamique, sert d’ailleurs d’alibi aux autorités iraniennes, qui mettent en avant leur existence pour nier que la liberté religieuse soit actuellement un problème dans ce pays ! En fait, l’objectif du pouvoir iranien est de faire de ces Eglises historiques des « églises-musées », souvenirs d’une époque révolue, et de contribuer activement à la disparition, à terme, toutes les religions autres que l’Islam…

La persécution pour motif religieux est devenue la persécution pour motif politique

Mais bien évidemment, l’interdiction faite aux chrétiens, quelle que soit leur dénomination, de célébrer leur culte en langue persane, et surtout de témoigner de leur foi au Christ à leurs concitoyens musulmans dans cette langue qui, elle, est comprise de tous, s’impose également, et avec plus de sévérité encore, aux chrétiens évangéliques ; ceux-ci sont donc particulièrement surveillés par les services secrets. Cette surveillance s’accompagne fréquemment d’interventions violentes de la police lors des réunions d’église, et des peines d’emprisonnement sont prononcées à l’encontre de leurs responsables par les tribunaux islamiques. Un certain nombre d’entre eux sont d’ailleurs incarcérés actuellement, dans des conditions extrêmement dures. Des actes de torture envers ceux-ci ont été souvent signalés, ainsi que des mauvais traitements de tous ordres ; plusieurs responsables de l’Eglise d’Iran ont notamment été assassinés au cours des années 1990, mais les dirigeants du pays, soucieux de donner à l’Occident une image moins négative, veillent maintenant à éviter ces excès trop voyants. La persécution a donc pris récemment des aspects plus insidieux, le délit de « témoignage chrétien » ayant été remplacé par celui « d’atteinte à la sûreté de l’état », les chrétiens qui témoignent du Christ « mettant en danger la cohésion du pays », en infraction aux les lois islamiques qui régissent l’Iran. Ainsi, les pays occidentaux n’auraient plus de raisons de se mêler des « affaires internes » du pays, puisque la « persécution pour motif de conviction religieuse », contrevenant au respect des droits de l’homme, n’existerait plus…

Un contrôle permanent

En fait, les dénominations chrétiennes qui demeurent tolérées en Iran sont celles qui acceptent de se soumettre aux exigences du gouvernement, et qui subissent par conséquent le contrôle permanent exercé par des agents des services secrets sur leurs pratiques et leurs rassemblements. Mais même dans ces communautés, le nombre de fidèles régresse constamment, car beaucoup de membres de ces différentes églises, et notamment un grand nombre de jeunes, vivent très mal les contraintes qui s’exercent sur eux, les privant de la possibilité de faire des études débouchant sur des emplois intéressants et rémunérateurs ; ce qui conduit un nombre important d’entre eux à quitter leur pays pour trouver en Occident des conditions de vie et d’ascension sociale plus favorables.

Les dhimmis, des sous-hommes

Il est en effet important de savoir que les chrétiens, ainsi que les membres d’autres religions ( Juifs, Baha’ïs, etc ) sont soumis de facto à la dhimmitude – cette forme de « persécution douce » souvent évoquée par Andro lors de ses interventions – c’est-à-dire à ce statut de « sous-hommes » (les dhimmis) réservé par l’Islam à ceux qui ne sont pas musulmans et se voient par ailleurs contraints de pratiquer leur religion dans la sphère strictement privée; statut qui leur interdit notamment l’accès aux mêmes études et aux même emplois que les musulmans, les cantonnant dans un nombre limité de professions, peu rémunératrices, et leur interdisant l’accès à des postes de responsabilité. Il n’est en effet pas acceptable, sous un régime islamique, qu’un non-musulman exerce une autorité sur un musulman, dans quelque domaine que ce soit.

Les évangéliques, un danger

Mais pour les chrétiens évangéliques, considérés comme particulièrement dangereux  pour le pays du fait du rayonnement de leur témoignage, ces diverses contraintes et brimades sont encore aggravées. L’objectif des autorités étant de les pousser, soit à renoncer à la foi chrétienne, soit à quitter le pays. L’emprisonnement des leaders, en même temps qu’il laisse les églises sans conducteurs, crée aussi un climat de « terrorisme psychologique » qui pèse sur l’ensemble des croyants, étant destiné à les contraindre au silence et, si possible, au renoncement à la foi qui les anime.

Les services secrets comptabilisent des dizaines de milliers de conversions

Il est en effet important de savoir que les conversions à Jésus-Christ se sont multipliées en Iran ces dernières années, malgré les contraintes multiples qui pèsent sur les chrétiens osant témoigner de Jésus-Christ, et bien que le fait de quitter l’Islam expose en principe un musulman à la peine de mort, selon la charia iranienne… Ce qui n’empêche pas ces chrétiens de témoigner de l’amour du Dieu de la Bible à leurs concitoyens iraniens, et plusieurs dizaines de milliers de ceux-ci se sont convertis à la foi chrétienne au cours des dernières années, selon ce que les services secrets ont eux-mêmes constaté !

Ce phénomène inquiète d’ailleurs beaucoup les dirigeants iraniens, qui estiment que si les conversions à la foi chrétienne continuaient à se multiplier au même rythme, les chrétiens pourraient (re)devenir majoritaires à moyen terme en Iran ! Ce qui explique aussi le net durcissement des persécutions anti-chrétiennes depuis l’élection du nouveau président, pourtant réputé plus modéré que son prédécesseur… Mais la multiplication des conversions dans ce pays démontre aussi une réalité qui peut être un puissant encouragement pour les chrétiens de tous pays : là où des enfants de Dieu sont fidèles à leur Seigneur et ont à cœur de partager avec leurs voisins la qualité de vie, autant individuelle que relationnelle, qu’ils expérimentent dans leur relation intime avec Jésus-Christ, le rayonnement de ce témoignage est tel qu’aucune contrainte ne peut en entraver l’efficacité, et cela sans le recours à ces grands moyens logistiques si prisés dans nos pays, et pourtant si peu efficaces en réalité… Preuve supplémentaire que le Dieu de la Bible se plait décidément toujours à manifester la puissance de son amour par les moyens les plus humbles, quand la foi est présente et active !

Situation matérielle des chrétiens iraniens persécutés

L’effet essentiel de cette persécution qui touche les chrétiens de l’Eglise d’Iran, c’est qu’ils sont contraints de vivre dans une situation de grande précarité, et particulièrement les familles des responsables emprisonnés. Ceux-ci étant en général les seuls pourvoyeurs des ressources de leurs familles, leur absence forcée laisse les leurs sans autres moyens de subsistance que la solidarité des autres chrétiens. Mais ceux-ci se trouvant eux-mêmes en situation très délicate, plusieurs familles de responsables connaissent une grande détresse matérielle, que ce soit pour régler le loyer de leur logement ou pour faire face aux divers besoins quotidiens, plusieurs de ces familles incluant d’ailleurs des enfants. Les détenus chrétiens, de leur côté, sont soumis à des conditions matérielles terriblement dures et à de multiples privations ; les visites de leurs familles sont rares, car coûteuses, et l’amélioration (relative…) de leur ordinaire, en particulier sur le plan alimentaire, supposerait quelques moyens financiers dont ils ne disposent évidemment pas actuellement…

Ces familles chrétiennes, tout comme les chefs de famille qui se trouvent en prison, ont donc un urgent besoin d’aide financière, et c’est l’une des raisons du témoignage apporté par Andro dans les églises de nos pays économiquement privilégiés. Ceci d’autant plus que ces chrétiens ne bénéficient d’aucune autre aide que celle qui peut leur être apportée par les personnes et églises qui découvrent cette situation par le moyen du témoignage d’Andro. Une association française a été créée pour collecter les dons résultant de ce témoignage, et les transmettre directement aux bénéficiaires, sans que le moindre centime de frais ne soit prélevé sur les sommes reçues. Il s’agit de l’association Eleuthérie, dont les coordonnées figurent en annexe de ce texte.

Extrait de l’article de Marc Burnod : Bilan du séjour effectué en France par le pasteur Andronicus Sadegh-Khandjani à l’automne 2014. A partir du blog porte-parole blogspot.ch

(Ndlr,  plusieurs de ces pays ont des sous-sols riches en matière première Gaz, Pétrole, utilisés tous les jours par beaucoup d’entre nous. D’autres pays sont géographiquement des routes entre les gisements et ‘nous’ et comportent des infrastructures (pipeline, etc) d’acheminement. La quantité d’argent en jeu est énorme,  et génère un pouvoir économique démesuré. Dans l’histoire, les routes ont été régulièrement  la cause de guerre : route du sel, route de la soie, de l’or, des épices, de l’encens, etc, etc. Beaucoup se sont enrichis par les taxes imposées pour avoir un droit de passage sur l’une ou l’autre route. C’est à dire, à chaque fois, une poignée de personne en particulier s’est démesurément enrichie.)

 

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