(Bible en slavon de 1256, imprimée vers les années 1570 par Ivan Fédorov)

Le protestantisme,  c’est à dire les idées du protestantisme se retrouvent au cours de l’ensemble de l’histoire de l’église: l’autorité des écritures, la tradition des apotres, le salut directement de Dieu, etc.

Résumé d’un article de Liliane Crété, à partir du portail internet de l’Eglise Réformée d’Auteuil

John Wycliffe

(…) Il rédige en 1378 deux traités, De veritate Scripturae sancta et De Ecclesia, que Pierre Chaunu classe dans les grands traités de la pré-réformation anglaise. Wycliffe proclame l’autorité de l’Ecriture. (…) il affirme que l’autorité de l’Ecriture, Parole de Dieu attestée par l’Esprit saint, est indépendante du magistère de l’Eglise-institution. Alors que, depuis des siècles, on disait : Dieu, l’Eglise, l’Ecriture, Wycliffe propose d’inverser cet ordre et de dire : Dieu, l’Ecriture, puis l’Eglise.(…) il estime que l’Ecriture est suffisamment claire pour n’avoir pas besoin de commentaires (…) entre Dieu et l’homme, seule est nécessaire la Parole. (…) Il affirme par ailleurs que l’Eglise est inutile au salut. (…) il affirme le droit des individus contre la prétention du clergé à les guider en toutes choses, et se fait le défenseur du libre-arbitre et de l’égalité des hommes devant Dieu.(…)

Condamné au silence, Wytcliffe se retira dans son pays, à Lutterworth, où il mourut en 1384. (…) Wycliffe mort, ses idées continuent à se propager (…)  parmi les étudiants en théologie, les laïcs cultivés, les enseignants et les jeunes prêtres. (…) Parmi ses adeptes, nous trouvons (…) les Lollards (…) Le mouvement Lollard attira dans ses rangs des universitaires, des artisans, des marchands et même quelques chevaliers de l’entourage de Richard II. Les Lollards ont difficilement séparé la prédication religieuse du prophétisme social, attaquant les richesses de l’Eglise, (…) C’est (…) à l’intention des Lollards que le châtiment du bûcher est proclamé pour hérésie.(…)  il n’est pas vain de dire que sans Wycliffe, il n’y aurait peut-être pas eu Jan Huss.

Jan Huss (Ou Jean Hus ou Jean Huss)

Commencement de l’article de Francis Richard au sujet du livre : Jean Huss précurseur de Luther (1370-1415), écrit par Aimé Richardt et préfacé par le catholique P-M Guillaume. à partir du site : www les observateurs ch

Il y a bientôt six siècles, le 6 juillet 1415, Jean Huss finissait sur le bûcher pour hérésie. Dans sa préface, Mgr Paul-Marie Guillaume, évêque émérite de Saint-Dié, écrit: « Nous ne devons pas juger les événements douloureux de cette époque tourmentée à l’aune de notre culture moderne. » Il n’empêche que si nous ne devons pas juger cette époque tourmentée à l’aune de notre culture moderne, il faut se réjouir de l’heureux chemin parcouru par la justice religieuse en six siècles, même si elle reste imparfaite, comme toute institution humaine. Mgr Guillaume parle à raison d’époque tourmentée. Le contexte est celui du Grand Schisme d’Occident (1378-1417), qui voit l’élection, en 1378, de deux papes rivaux, soutenus par des Etats rivaux, l’un à Rome, l’autre en Avignon, puis l’élection d’un troisième lors du concile de Pise, en 1409, au cours duquel celui résidant à Rome est déposé. Le contexte est celui de l’apparition de réformateurs, Jean Wiclif en Angleterre, puis Milic de Kromeris, Mathias de Janov et Thomas de Stiné en Bohême. Ces réformateurs reprochent à l’Eglise le contraste entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être; ils prônent l’abandon des biens matériels par l’Eglise; ils demandent de revenir aux Saintes Ecritures. Aimé Richardt préfère parler de réformistes à propos de Milic, de Mathias et de Thomas, plutôt que de réformateurs, parce qu’ils ne mettent pas en cause, comme Wiclif, l’autorité du pape.  (NDLR: Lequel des 3 papes cités précédemment? A noter que l’autorité du pape date de Vatican 1, auparavant, l’assemblée des évêques avaient l’autorité) (…) Convoqué à Rome en 1412, il ne se présente pas davantage que la première fois et se voit infliger l’excommunication majeure. Jean Huss, confiant dans les sauf-conduits délivrés par l’empereur Sigismond, se rend à Constance, en novembre 1414, pour se justifier devant le Concile, réuni dans cette ville pour recoller les morceaux de l’Eglise déchirée. En fait, au bout d’un peu plus de trois semaines, il est arrêté, et l’empereur ne pourra rien contre cette arrestation. Au cours des interrogatoires, à la surprise de ses interrogateurs, Jean Huss se démarque d’un grand nombre des positions radicales de Wiclif, alors qu' »on leur avait garanti que la doctrine de Huss et celle de Wiclif n’étaient qu’une seule et même chose ». (…) Jean Huss se défend alors pied à pied. Ce qui n’empêche pas la condamnation au feu de ses écrits, sa dégradation (réduction à l’état laïc) et son abandon au bras séculier, c’est-à-dire sa condamnation au bûcher: « Alors qu’on le conduit au supplice, il répète qu’il meurt pour des erreurs qu’on lui a faussement attribués. » Ce qui est vrai… Mais il est vrai aussi qu’il a été condamné pour d’autres erreurs, bien réelles celles-là, telles que la croyance en la prédestination et en la prééminence de l’Ecriture sur la Tradition des Pères et des Conciles (NDLR : Les pères eux-mêmes renvoient à la prééminence de l’Écriture sur leur propre écrits … quand à se faire tuer par le supplice du feu du bûcher pour avoir cru en la prédestination … Jésus faisait-il brûler ceux qui se trompaient? Ou même ceux qui pensaient différemment de lui, ce que signifie le terme hérétique à la base: avoir une croyance différente. Même pour les faux-prophètes avérés, ni Jésus et par la suite, ni les apotres ou encore « les pères » ne demanderont de les passer au feu ..)

 

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