(Sur la photo d’entête: Chapelle St-Pierre de l’église catholique chrétienne: premier bâtiment non-protestante de la commune de La Chaux-de-Fonds, (Canton de Neuchâtel – Suisse) construit de 1835 à 1841)

L’Eglise catholique chrétienne entend sa mission comme tâche de transmission du message du salut dans les circonstances relatives au moment historique que nous vivons. Pour ce faire, elle a recours aux connaissances et aux trésors de la tradition chrétienne toute entière. Elle est en lien étroit avec les Eglises orthodoxes et anglicanes.

La triple fonction du ministère évêque-prêtre-diacre est accessible aussi bien aux hommes qu’aux femmes. L’ordination des femmes à la prêtrise a été approuvée par l’Eglise catholique chrétienne après une discussion approfondie. Ainsi, le presbyterium comprend des femmes diacres et prêtres qui collaborent avec leurs collègues masculins. Il n’y a pas d’obligation relatif à l’ordination et au célibat.

Le centre de la vie communautaire est l’eucharistie célébrée dans la langue nationale. Les autres sacrements sont :

  1. le baptême (voir détails)
  2. la confirmation
  3. le mariage (également pour les ecclésiastiques) (voir détails)
  4. le pardon
  5. l’onction des malades
  6. l’ordination
  • L’ECC en Suisse aujourd’hui

En Suisse, il y a près de 14’000 catholiques-chrétiens, (pour 8 millions d’habitants) dont environ la moitié vivent, pour des raisons historiques, dans les cantons d’Argovie et de Soleure. On trouve des paroisses dans les cantons de ZH, BE, LU, BS, BL, SH, SG, NE et GE. Dans les cantons où les Eglises sont reconnues par le droit public, les catholiques-chrétiens sont considérés, à côté des catholiques-romains et des réformés, comme Eglise nationale (ou Eglise reconnue).

Le siège de l’évêque est à Berne. (Capitale de la Suisse) La faculté de théologie catholique-chrétienne se trouve à l’Université de Berne. Elle ne forme pas seulement le clergé pour la Suisse, car elle est aussi la seule faculté vieille-catholique du monde qui a le droit de décerner des doctorats. De nombreux étudiants issus d’autres Eglises vieilles-catholiques et d’Eglises orthodoxes y acquièrent des formations « post-grades » ou y préparent un doctorat.

  • Histoire

En 1870, le 1er concile du Vatican a proclamé, après de larges controverses, deux dogmes qui sont devenus ainsi une obligation pour la foi des croyants :

Le pape dispose comme le chef suprême de l’Eglise du plein pouvoir sur toute l’Eglise (juridiction universelle du pape).

Les décisions du pape sont infaillibles, s’il se prononce en tant que pasteur suprême et enseignant, dans les questions de foi et de mœurs (magistère infaillible du pape)

Ces décisions sont l’aboutissement d’une évolution au sein de l’Eglise catholique qui dans le passé avait toujours été contestée et soulevée bien des oppositions. Elle a été parmi les causes des grandes ruptures entre chrétiens dans l’histoire. Les catholiques qui s’opposaient ouvertement à ces deux dogmes parce qu’ils refusaient la centralisation du pouvoir dans la personne du pape et la conception de l’Eglise qui en est à la base, n’ont plus eu de place dans l’Eglise catholique et furent excommuniés.

Tout cela a conduit en Allemagne, en Suisse et en Autriche à la naissance de diocèses vieux-catholiques. En Suisse, le processus a duré de 1871 à 1876. En 1875, le synode national s’est constitué et a approuvé la constitution de l’Eglise. En 1876, le synode a élu le premier évêque, Edouard Herzog (1841-1924), qui avait été auparavant professeur de théologie à Lucerne. Il a été ordonné par l’évêque vieux-catholique allemand Reinkens, qui avait reçu lui-même son ordination par un évêque de l’Eglise d’Utrecht aux Pays-Bas. L’Eglise d’Utrecht a été fondée au 7°siècle et s’est trouvée séparée de Rome en 1723-1724 lors de l’élection puis de l’ordination d’un nouvel archevêque d’Utrecht que le pape n’a pas voulu accepter. C’est par l’Eglise d’Utrecht que les Eglises vieilles-catholiques détiennent la succession apostolique.

L’opposition de l’Eglise catholique chrétienne de Suisse aux dogmes papaux s’est également accompagnée de nombreuses réformes (par exemple l’emploi de langue maternelle et l’introduction d’actes de pénitence dans les liturgies, la suppression de l’obligation du célibat pour le clergé, etc.) qui ont été réalisées du moins partiellement dans l’Eglise catholique romaine lors du 2° concile du Vatican (1962-1965). La participation des laïcs à la direction de l’Eglise a été considérée comme importante dès l’origine et s’est réalisée en particulier par la création du synode (du mot grec « faire chemin ensemble ») auquel appartiennent les ecclésiastiques et les laïcs délégués par les paroisses. La structure épiscopale et synodale illustre clairement la responsabilité fondamentale de tous les baptisés pour la vie de l’Eglise. Par-là, on a tenu compte de préoccupations qui correspondent aux revendications actuelles de la «démocratisation de l’Eglise».

Ces informations à partir du site :  www catholique-chretien ch

(Ndlr: Historiquement, dans les états protestants de Suisse, l’église catholique chrétienne est arrivée avant l’église catholique romaine.  La Suisse est politiquement comme les Etats-Unis (ou l’Europe). Elle est composée de plus de 20 états, dont une moitié sont historiquement protestants. Les catholiques chrétiens sont une des églises étatiques des cantons historiquement protestants de Suisse, aux cotés des réformés et depuis qu’ils sont arrivés principalement avec les émigrés des pays latins européens, des catholiques romains. )

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