Par theonoptie

Il est écrit que les femmes doivent être soumises à leur mari :

  1. « que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. » (1 Co 14 : 34)
  2. « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur » (Ep 5 : 22)
  3. « les femmes aussi doivent être soumises à leurs maris en toutes choses. » (Ep 5 : 24)
  4. « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. » (Col 3 : 18)
  5. « Dis que les femmes âgées doivent aussi […]soumises à leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. » (Tt 2 : 3 à 5)

Pour mieux comprendre les relations dans le couple, il faut revenir à l’Ancien Testament. Le verbe ‘ahab, aimer dans l’Ancien Testament s’applique à :

  1. l’amour de Dieu pour son peuple,
  2. l’amour de l’homme pour sa femme,
  3. l’amour du père et de la mère pour leurs enfants,
  4. l’amour d’un maître pour son serviteur.

Il est à remarquer que ce verbe n’est jamais employé pour parler de :

  1. l’amour d’une femme pour son mari, (sauf dans 1 Sm 18 : 20).
  2. de l’amour des enfants pour leurs parents ?
  3. de l’amour du peuple pour Dieu. Si le peuple doit aimer l’Eternel, la relation la plus courante s’exprime plutôt par : craindre l’Eternel.

Par contre, dans la réciproque de l’amour de Dieu vers son peuple, de l’homme vers son épouse, des parents vers leurs enfants ou du maître vers son esclave, il est parlé d’honorer Dieu, d’honorer son mari, d’honorer ses parents et d’honorer son maître. Ce verbe honorer, kabad signifie littéralement « jouir d’honneurs, être rendu abondant, être honoré, obtenir gloire ou honneur, gagner la gloire ». C’est dans ce sens que la femme est soumise à son mari : elle doit recevoir les honneurs de son mari. Dans la relation des enfants et des parents et de la femme et du mari, il y a un amour qui impose une soumission laquelle reçoit en retour les honneurs : il y a une relation dans les deux sens.

L’épouse est honorée par son mari d’où sa soumission comme il est écrit « de même que l’Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses. » (Ep 5 : 24) Le fait d’insister sur « toutes choses » va dans le sens d’une soumission à l’autorité horizontale ; nous pourrions appeler cette soumission une « soumission horizontale » ! De plus, l’amour du mari définit clairement le mot kabad : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle » (Ep 5 : 25) Ainsi, il y a bien réciprocité et partage de l’autorité horizontale dans le couple et de fait, partage et réciprocité de la soumission horizontale car « la femme est la gloire de l’homme » (1 Co 11 : 7). Nous avons bien ici le sens littéral du verbekabad : « jouir d’honneurs, être rendu abondant, être honoré, obtenir gloire ou honneur, gagner la gloire ». L’autorité horizontale est celle qui se partage et qui émane de la vie en Christ… Elle reçoit les avis et conseils en les filtrant au travers de la Parole de Dieu et l’action du Saint-Esprit… C’était le rôle dévolu initialement à Eve dans le jardin d’Eden comme il est écrit « L’Eternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » [23] (Gn 2 : 18)

De même, les parents tirent honneur de leurs enfants comme il est écrit « Un fils sage fait la joie d’un père » (Pr 10 : 1)

Nous comprenons pourquoi le verbe ‘ahab, « aimer », n’est employé que dans le sens de Dieu vers l’être humain, de l’homme vers la femme, des parents vers les enfants et du Maître vers ses serviteurs ou servantes [24]. Il y a la notion d’honorer « Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni ( eulogeo) par le supérieur » (Hb 7 : 7)… :

  1. Dieu aime ( ‘ahab) l’être humain lequel Lui retourne les honneurs ;
  2. L’homme aime ( ‘ahab) sa femme c’est-à-dire « gagne la gloire » « comme Christ a aimé l’Eglise » [25] (Ep 5 : 25). En retour de cet amour ( ‘ahab), c’est-à-dire de ce gain de la gloire, son épouse lui retourne les honneurs (« la femme est la gloire de l’homme » – 1 Co 11 : 7)
  3. Les parents aiment leurs enfants ( ‘ahab) lesquels doivent leurs retourner les honneurs.

Le verset de Ephésiens 5 : 21 : « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte du Christ », introduction au « code domestique » biblique s’applique vraiment au foyer : il sert de préambule à la description de l’amour de l’homme pour son épouse et à la description de la soumission de la femme à son mari. En fait, la construction de la relation dans le couple par l’apôtre Paul revient à dire que non seulement l’autorité horizontale se manifeste dans le couple mais aussi la « soumission horizontale »…

Par theonoptie

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