Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux (Paul à 1 Thimothée 2:9)

Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. (1 Pierre 3:3-4)

La décence

Les femmes s’habillaient très peu du temps de Paul et de Pierre, et souvent même pratiquement pas du tout. Les jambes étaient parfois recouvertes uniquement d’un voile très transparent et un sein restait à découvert ou les deux.

Les premières chrétiennes ont été invitées à se couvrir pour ne provoquer personne.

La modestie

Les femmes romaines les plus riches se faisaient coiffer (orner la tête) pendant des heures par des esclaves, les orneurs. Plus les femmes étaient riches, plus elles souhaitaient des coiffures très difficiles à réaliser. Leurs coiffures étaient un de leurs signes extérieurs de richesse, elles démontraient leur classe sociale.

L’écrivain romain Pline l’Ancien, avait écrit dans les années 77: « Comme il est ennuyeux le long temps dédié par les femmes romaines à ces séances interminables d’accommodement de leurs cheveux » (Encyclopédie: Histoire naturelle)

Le but de Paul et de Pierre, était de ne pas mettre en avant sa richesse,  sans pour autant dissimuler sa richesse mais au contraire la partager. (C’était aussi le but de Jacques et des autres écrivains du Nouveau Testament, en premier de Jésus: ne pas faire de différence entre les classes sociales)

Des mots précis

Dans ces verset, plusieurs termes sont « généraux ». Dans le sens, manière décente et pudeur ne signifient pas la même chose au Canada ou en Afghanistan. Lorsque l’ensemble des femmes sont couvertes de la tête aux pieds, montrer son poignet est déjà indécent. Alors que dans une grande partie du monde, montrer ses avant-bras en entier n’a rien d’indécent.

Modestie et habits somptueux sont aussi des termes généraux. Par contre,  ni Paul ni Pierre n’utilisent n’utilisent de terme généraux pour parler des coiffures, ils sont précis, ils parlent de tresses. Ils ne parlent ni de coiffure sophistiquée ni de coiffure prenant du temps à réaliser.

Les tresses, un signe extérieur du paganisme?

En grec, tresse signifie aussi tissé ou assembler en tordant. Tous les manuscrits grecs sur lesquels se basent nos traductions françaises parlent de tresses.

Les chrétiens qui lisaient la Bible depuis les apôtres, avaient premièrement vécu aux cotés des païens ou étaient eux-mêmes païens avant de devenir chrétiens. Ils savaient que les cultes à Issis comportaient des cérémonies où les tresses avaient une grande importance. Les tresses, appelées aussi boucles étaient le centre même de certaines coutumes païennes.

En plus de la Bible, les chrétiens transmettaient leurs connaissances. Bien après les premiers chrétiens, certains groupes ont certainement continué de ne pas porter de tresses, en toute connaissance de cause. Se séparer des païens, signifie aussi ne pas ressembler aux esclaves-prêtresses-prostituées des temples païens, afin de ne pas être confondues avec elles.

Par la suite, comme les cultes à Issis ont été interdits, il sera logiquement donné toujours moins d’explications à ce sujet.

Éventuellement, d’autres groupes de chrétiens dans l’histoire pourraient peut-être avoir continué de ne pas porter de tresses mais sans en connaître la raison.

Éventuellement aussi, certain(e)s chrétienn(e)s auraient pu porter des tresses, ne sachant pas du tout ce qui se pratiquaient dans les temples païens et n’ayant pas remarqué ce verset dans la Bible.

Puis, comme il n’y avait plus aucune explications au sujet des tresses d’Issis, les années ont passé, plus personne n’a parlé de tresses, puis elles sont devenues à la mode, aussi chez les femmes chrétiennes.

Certaines traductions françaises de la Bible ont d’ailleurs remplacé le mot tresse par d’autres choses, par exemple par « coiffure recherchée ».

Ce qui correspond aux femmes romaines décrites au début de cet article. Dans les autres peuples, la coiffure des femmes riches étaient tout aussi longue et compliquée à réaliser. Et elle démontrait tout autant la richesse, la position sociale des femmes.

Aujourd’hui, nous n’avons aucune idée du pourquoi Paul demande de ne pas porter de tresses. Certainement tous savaient de quoi Paul parlait à son époque.

D’autres chrétiennes, n’ayant aucune connaissance de ce qui précède ont porté des tresses et ont soudain découvert cette interdiction directement dans la Bible.

De nos jours, les tresses sont devenues un sujet important pour plusieurs chrétiennes. Je ne sais pas si la même importance est donnée à l’or ou encore à la pudeur ou encore au pardon, à l’amour, à la justice, à Dieu, à Jésus.

De nos jours, beaucoup de personnes non-chrétiennes portent des tresses, sans participer à des cultes dédiés à Issis pour autant. Elles ne savent souvent pas du tout que cela pourrait avoir un quelconque rapport avec les prêtresses-esclaves-prostituées des temples païens. Comme beaucoup de chrétiennes, elles ne connaissent pas la signification des tresses dans les cérémonies païennes. Mais ces cultes reviennent à la mode.

(Voir  un autre article de ce blog: Isis et ses tresses magiques)

Les signes extérieurs de richesse

Il y a quelques années, pour plusieurs, avoir une certaine marque de voiture, une montre d’une certaine qualité, des chaussures de telle ou telle marque, avoir une femme de ménage, une cuisine bien aménagée, etc, démontraient le « statut » dans la société. Ou encore pratiquer tel loisir, sport, art, etc. Les plus riches rivalisaient entre eux pour avoir plusieurs maisons, voitures, bateaux, voir un ou des avions. Ces dernières années, les nouvelles technologies sont devenues un signe extérieur de richesse prédominant pour beaucoup d’entre nous.

Jésus demanda aux disciples d’aller deux par deux avec un manteau et une tunique. Certainement Jésus, s’il envoyait de nos jours des disciples, dirait une chose allant dans le sens de ne prendre qu’une valise légère ou encore qu’un petit sac de voyage.
(Bien que les disciples avaient des maisons: Matthieu 8:14 et 9:10 –  Marc 1:29, etc Jésus était à table chez Matthieu. –  Jésus se rendit alors à la maison de Pierre.  – Jésus se rendit avec Jacques et Jean à la maison de Simon et d’André.)

Jésus s’est sans cesse référé à ce que son entourage connaissait. Pour expliquer des notions compliquées, il partait du quotidien de tous. Réaliser le contexte dans lequel Paul vivait, c’est réaliser notre contexte actuel:  dernière technologie: pc, tablette, téléphone, etc, chaussures, sac à main, importance des marques, etc.

C’est réaliser aussi le contexte social actuel: qui confectionne nos vêtements et dans quelles conditions? Qui produit nos vêtements et à quel prix? Au prix de leur santé, de leur intégrité, de leur vie?

Personne dans les pays francophones n’ignore que des enfants-esclaves sont trop souvent utilisés comme de ‘petits mains’ gratuites, que des hommes et des femmes travaillent des heures pour ne presque rien gagner dans les pires conditions. D’une catastrophe à l’autre, les médias se taisent mais nous ne pouvons pas ne pas savoir ce qui se passe dans passablement d’ateliers de couture et de chaussures, d’usines de décoloration de Jean’s, etc, etc …

A notre époque, pratiquer la justice est difficile car nous ne voyons pas de nos yeux la confection de nos vêtements et nos téléphones … mais ‘nous savons’ … nous nous considérons souvent comme trop pauvres pour nous préoccuper de la pauvreté d’autres … nous assurer que notre tapis d’Orient n’a pas été fabriqué par des enfants petits à petits rendus aveugles … que notre ordinateur ne comporte pas de coltan, ce métal en provenance du Kiwu (RDC) où de nombreux enfants travaillent dans les mines, des femmes sont violées (et des très petites filles), etc, etc.   Mais … nous n’avons pas le temps de nous préoccuper de savoir comment a été produit notre tablette-pc–portable-téléphone…

Les signes extérieurs du paganisme actuel

Généralement, selon nos pays d’habitations, il y a des bijoux ou des vêtements que nous ne portons pas, pour ne pas être identifiés avec une certaine « mode ». Chacun le comprend sans avoir besoin d’un verset particulier de la Bible.  Ou encore envers différentes coupes de cheveux, ou couleur de cheveux.  Bien que chacun (chaque groupe de chrétien, bien souvent) interprète en fonction de différents paramètres pas toujours objectifs.

D’autres chrétiens dans l’histoire très récente avaient estimé que l’apparence n’avait absolument aucune importance, et qu’il fallait au contraire donner envie aux non-chrétiens qui s’habillaient de façon excentrique à le devenir. Ils ont lutté contre toutes les recommandations sur l’apparence et se sont habillé « de façon contraire », aussi par provocation.

Ce sont les Jésus Freak. Ils sont réellement chrétiens.

Comment aurait été accueilli dans leur groupe, un homme en costard-cravate, bien rasé, les cheveux très courts ou encore, une femme avec des cheveux longs, une robe longue, dans une tenue « la plus chrétienne possible, je ne sais pas! 😉

(Ils s’habillent actuellement de façon toujours plus « standard »)

Notre coeur compte

Lorsqu’en lisant dans la Bible de ne pas se faire des tresses, une femme change sa coiffure, certainement, Dieu voit la pureté de son coeur, son désir de faire au mieux. Par contre, ce même acte, avec un coeur de pierre ou pire, avec l’orgueil de penser mieux agir que celles qui porteraient des tresses … ou même avec de la culpabilité. Le but de Dieu est toujours notre libération et non pas de nous mettre sous des jougs pesants.

Pour la pudeur, nous comprenons tous ce que signifie ne pas provoquer.

Bien plus que les coiffures et les vêtements, notre coeur compte, notre motivation compte devant Dieu. Il me semble que Paul souhaite dire de ne pas avoir une apparence sophistiquée, une garde-robe coûteuse, pouvant nous démarquer ‘du petit peuple’. Il demande de ne pas donner à l’apparence l’importance qu’elle n’a pas, le but n’étant pas de dissimuler nos richesses mais de les partager. Ceci pour la modestie.

Maintenant pour les tresses?

Lorsque beaucoup autour de nous parlent de tresses ou que beaucoup autour de nous pourraient penser que nous sommes des païens, alors pour ne choquer personne, pour se faire tout à tous, ne pas porter de tresses fera taire toutes les discussions à ce sujet et les chrétiennes pourront alors passer à autre chose.

Le but est aussi d’être un témoignage pour les non-chrétiens et donc de ne pas leur donner l’occasion de nous critiquer: « voyez l’importance que prend cette histoire de tresses ».

Dans l’autre sens, les non-chrétiens peuvent eux avoir étudié les cultes à Issis et penser que porter des tresses, c’est à quelque part s’associer à ces pratiques païennes. Ces cultes reviennent à la mode. (Voir un autre article de ce blog : Isis et ses tresses magiques)

Paul ne souhaitait pas que les chrétiennes puissent être confondues avec celles qui pratiquaient des cultes païens. Dans toute la Bible, le but est de se mettre à part des païens, de se séparer du paganisme.

Ne pas connaître l’environnement des premiers chrétiens, quelle incidence pour nous?

Est-ce que pour d’autres passages de la Bible, ne pas avoir connaissance de la culture générale, des coutumes, de la situation politique, ethnologique, démographique, sociale,  et surtout des cultes païens, dont les apôtres étaient environnés pourrait avoir une incidence sur notre compréhension de la Bible? Le chameau qui passe dans le trou d’une aiguille est compris par tous, sans aucune connaissance en exégèse.

Les chameaux pourraient être des cordes à passer dans de réelles aiguilles, et les aiguilles pourraient être de toutes petites portes,  qui, dans chaque ville, restaient ouvertes la nuit et les chameaux être de réels chameau qui devaient être délestés de tout leur chargement pour pouvoir passer par les petites portes de la grandeur d’un homme. Et donc passer la toute petite porte sans rien « sur le dos ». (1) Sans aucune connaissance en architecture, nous comprenons néanmoins tous, combien il est difficile pour un riche d’entrer dans le royaume.

Béréenne attitude

(1) Les aiguilles seraient en fait des battons pour faire avancer les chameaux .  Aiguille (rhaphis),  vient du verbe frapper avec une tige (rhapizó) et du nom qui signifie soit la personne qui applique l’autorité, soit le bâton qui sert à appliquer l’autorité (rhabdos), selon les numéro 4476, 4474 et 4464 des concordances bibliques:  Strong’s et New American Strandard