• « Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux » 1Timothée2:9 (Traduction de la Bible Segond 1910)

D’autres traductions françaises de ce passage:

  • Je veux aussi que les femmes s’habillent correctement. Elles doivent avoir une tenue digne et simple, sans coiffure compliquée. Elles ne doivent pas porter de bijoux en or, ni de perles ou d’habits trop chers 1Timothée2:9 (Traduction de la Bible: Parole de Vie)
  • Je désire aussi que les femmes s’habillent d’une façon décente, avec modestie et simplicité; qu’elles ne s’ornent ni de coiffures compliquées, ni de bijoux d’or, ni de perles, ni de vêtements luxueux (Bible en français courant)
  • De même les femmes, en vêtements décents, parées avec pudeur et modération, sans nattes, or, perles ou vêtements coûteux (Traduction de la Bible: André Chouraqui)

La traduction de la Bible des Peuples, par exemple, ne parle pas du tout d’habits dans la première partie de la phrase. Mais d’avoir pour habit, de la grâce et du bon sens:

  • « Et de même, que les femmes sachent se revêtir et se parer de grâce et de bon sens, plutôt que de coiffures, d’or, de perles et de vêtements de prix. » 1Timothée2:9

Tout est-il relatif à un environnement donné?

Paul écrivait en fonction de ce qu’il voyait autour de lui. Toutes les femmes qu’il croisait dans la rue n’avaient pas des coiffures aussi sophistiquées que Cléopâtre!

 

Mais lorsqu’il écrit à Timothée, il ne parlait certainement pas de la coiffure de Laura Ingalls.

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Film la Maison dans la petite prairie: Nellie Oleson (gauche) Laura Ingalls (droite)

Nellie Oleson doit se faire longuement coiffer par une autre personne. Par contre, Laura fait ses tresses toute seule en 2 minutes. Les tresses dont parlent Paul étaient un des signes extérieurs de richesse. Les tresses de Laura sont elles, un signe extérieur de pauvreté. D’ailleurs, Nellie ne peut pas travailler dans les champs sans que sa coiffure « de riche » se défasse.

La chevelure des femmes romaines à l’époque des premiers chrétiens

Les Romaines les plus riches se faisaient coiffer des heures par des esclaves, les « orneurs », ou les « ornatrices », serviteurs qui ornaient leurs têtes. Les coiffures les plus difficiles à faire, et les styles les plus sophistiqués indiquaient que la femme était riche et indiquait la hauteur de sa classe sociale. L’ écrivain romain, Pline l’Ancien, avait écrit dans les années 77: « comme il est ennuyeux le long temps dédié par les femmes romaines à ces séances interminables d’accommodement de leurs cheveux » (Encyclopédie: Histoire naturelle)

 

 

Voir aussi un autre article de ce blog sur la signification des tresses dans les temples païens: Isis et ses tresses magiques

La modestie

Pour se vêtir avec pudeur et modestie et pratiquer la justice, je reste persuadée que Dieu tient compte de ce que nous connaissons et ne connaissons pas. Lorsqu’en lisant dans la Bible de ne pas se faire des tresses, une première femme a changé sa coiffure, certainement, Dieu a vu la pureté de son coeur, son désir de faire au mieux. Par contre, ce même acte, avec un coeur ‘de pierre’ ou pire, avec l’orgueil d’avoir l’impression de bien agir, mieux que celles qui porteraient des tresses …

Bien plus que les coiffures et les vêtements, notre coeur compte, notre motivation compte devant Dieu. Il me semble que Paul ne demande pas de ne pas avoir une certaine coupe de cheveux mais de ne pas avoir une apparence sophistiquée, une garde-robe coûteuse, pouvant démarquer ‘du petit peuple’. Il demande de ne pas donner à l’apparence l’importance qu’elle n’a pas, le but n’étant pas de dissimuler nos richesses mais de les partager.

A nos époques, les signes extérieurs de richesse sont multiples. Il y a quelques années, pour plusieurs, les signes extérieurs de richesse étaient certaines marques de voiture, avoir une montre de telle ou telle qualité, une certaine marque de chaussures, avoir une femme de ménage, une maison qui a telle ou telle apparence, une cuisine qui comporte ceci ou cela. Ces dernières années, les nouvelles technologies sont devenues un signe extérieur de richesse prédominant pour beaucoup.

Jésus demanda aux disciples d’aller deux par deux avec un manteau et une tunique. Certainement Jésus, s’il envoyait de nos jours des disciples, dirait une chose allant dans le sens de ne prendre qu’une valise légère ou encore qu’un petit sac de voyage. Ou encore de ne prendre ni pc ni téléphone … bien qu’avoir la Bible en toute les langues à disposition sur notre portable …

Jésus s’est sans cesse référé à ce que son entourage connaissait. Pour expliquer des notions compliquées, il partait du quotidien de tous. Réaliser le contexte dans lequel Paul vivait, c’est réaliser notre contexte actuel: portables dernière technologie, (pc, tablette, téléphone) chaussures, sac à main, importance des marques, etc, etc.

C’est réaliser aussi le contexte social actuel: qui confectionne nos vêtements et dans quelles conditions? Qui produit nos vêtements et à quel prix? Au prix de leur santé, de leur intégrité, de leur vie? Personne dans les pays francophones n’ignore que des enfants-esclaves sont trop souvent utilisés comme de ‘petits mains’ gratuites, que des hommes et des femmes travaillent des heures pour ne presque rien gagner dans les pires conditions. D’une catastrophe à l’autre, les médias se taisent mais nous ne pouvons pas ne pas savoir ce qui se passe dans passablement d’ateliers de couture et de chaussures, d’usines de décoloration de Jean’s, etc, etc …

A notre époque, pratiquer la justice est difficile car nous ne voyons pas de nos yeux la confection de nos vêtements … mais ‘nous savons’ … nous nous considérons souvent comme trop pauvres pour nous préoccuper de la pauvreté d’autres … nous assurer que notre tapis d’Orient n’a pas été fabriqué par des enfants petits à petits rendus aveugles, à force de travailler dans les pires conditions. Mais … nous n’avons pas le temps de nous préoccuper de savoir si une paire de chaussure a été fabriquée dans la dignité … pourtant nous avons des horaires de travail toujours plus réduits et toujours plus de machine pour faire le travail à notre place …

Ne pas avoir connaissance de l’environnement des premiers chrétiens, quelle incidence pour nous?

Est-ce que pour d’autres passages de la Bible, ne pas avoir connaissance de la culture générale, des coutumes, de la situation politique, ethnologique, démographique, sociale, dont les apôtres étaient environnés pourrait avoir une incidence sur notre compréhension de la Bible? Le chameau qui passe dans le trou d’une aiguille est compris par tous, sans aucune connaissances en exégèse, les chameaux pourraient être des cordes à passer dans de réelles aiguilles, et sans aucune connaissances architecturales  (les trous pourraient être de toutes petites portes, celles qui, dans chaque ville, restaient ouvertes la nuit et les aiguilles des battons pour faire avancer les chameaux (1).

Quoi qu’il en soit, nous comprenons tous les difficultés inhérentes aux richesses.

Partir de ce que nous connaissons

Nous partons tous de ce qui nous entoure et de ce que nous avons appris par lectures, photos, statues, etc. Les générations qui nous ont précédés n’avaient pas toutes connaissance des parures des femmes grecques, égyptiennes, romaines, éthiopienne, numides, et moins encore de l’apparence du peuple hébreu.

Parmi ceux qui lisaient la Bible depuis plusieurs siècles, quelques chrétiens, en Europe, ont imaginé que Paul parlait des tresses comme celles de Laura Ingalls et les ont alors interdites. D’autres les ont nommées nattes ou quettes. Était-ce pour ne pas parler de tresses? De l’autre coté de l’océan par contre, aucun chrétien ne semble avoir fait de rapprochement entre les tresses de Laura et le passage de la Bible écrit par Paul. Sinon, les concepteurs de la série télévisée, ‘La maison dans la petite prairie’, feuilleton qui représente une famille chrétienne américaine typique, n’auraient pas coiffé de tresses, la plupart de ses actrices, au risque de rebuter les auditeurs de ce pays. … à moins que les américains pensent que les recommandations de Paul étaient ‘pour un autre temps’ …

Amour et légalisme

Les parents de quelques fillettes ont pensé bien faire en leur interdisant de porter des nattes/tresses/quettes, à la façon Laura Ingals, pendant plusieurs générations. Personne parmi leur entourage ne se représentant les parures sophistiquées que Paul avait eu l’occasion d’observer. Cette interdiction est même parfois devenue une ‘loi de base de la chrétienté’, voir dans la coiffure un critère ‘de santé’ de la foi des chrétiens, porter ou ne pas porter de tresses prenant parfois une importance démesurée. Alors que d’autres préceptes bibliques, en tout premier aimer comme Christ a aimé, étaient en parallèle nettement atténués. D’autres chrétiens, sans pour autant avoir connaissance des modes de l’époque, ont définis ces interdictions comme étant un regard légaliste sur la Bible.

Les tresses, un des signes extérieurs de richesse?

En Europe, réaliser que les tresses étaient à l’époque un des signes extérieur de richesse, comme pourrait l’être de nos jours, un sac à main, un portable, une voiture, était impossible pour la plupart, selon les connaissances courantes.
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Béréenne attitude

Article connexe: la signification des tresses dans les temples païens: Isis et ses tresses magiques

(1) Aiguille (rhaphis),  vient du verbe frapper avec une tige (rhapizó) et du nom qui signifie soit la personne qui applique l’autorité, soit le bâton qui sert à appliquer l’autorité (rhabdos), selon les numéro 4476, 4474 et 4464 des concordances bibliques:  Strong’s et New American Strandard

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