Hébreux 10:25 N’abandonnons pas notre assemblée [epi-sunagógé], comme c’est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour

Ailleurs dans le Nouveau Testament, l’assemblée ou encore l’église traduisent le mot grec « ekklesia ».

Il y a plusieurs mots en grec qui signifient assemblée. Chacun a un sens bien précis. Dans ce verset, le nom utilisé est epi-sunagógé. Il est formé de deux termes: du préfixe « epi », du grec ancien: « qui se situe sur »,  « ce qui est au-dessus de », et de « sunagógé », en français « synagogue » : assemblée, lieu de réunion.

Epi-sunagógé ensemble forme le mot: au-dessus de la synagogue, au-dessus de l’assemblée, au dessus du lieu de réunion.

Au-dessus peut être compris comme supérieur, plus important que.

Ce même nom est une deuxième fois dans le Nouveau Testament dans le contexte suivant:

2Thessaloniciens 2:1  Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion [epi-sunagógé] avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là.

Le contexte d’Hébreux 10:25

Il parle du royaume dans les cieux, ne pas perdre notre fermeté à croire car dans peu de temps, Jésus viendra au jour du grand rassemblement.  Or le juste, qui a été justifié par le sacrifice unique de Jésus, vivra par la foi. Mais si quelqu’un se retire  (de la promesse de Dieu de nous offrir la Vie Éternelle) Dieu n’a pas de plaisir par cette personne.  Continuons de croire dans le salut de notre âme, par la foi dans le sacrifice unique de Jésus, mort une fois pour toute, et qui a remplacé définitivement les sacrifices d’animaux de l’ancienne alliance. Dieu a fait alliance avec nous. Il nous a fait la promesse de la Vie Éternelle et Dieu est fidèle, Dieu tient ses promesses de façon certaine. (fin du chapitre 6 de cette même lettre aux hébreux).  Ne pas sortir de la promesse, ne pas se retirer, garder l’espérance, continuer de croire que Dieu tient ses promesses, ne pas renier le sang de la nouvelle alliance, c’est ne pas quitter notre rassemblement dans les cieux.

Hébreux 10:25 N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour …

… du grand rassemblement dans les cieux.  Ce qui correspond à l’autre utilisation de ce même terme  epi-sunagógé. (Au-dessus de la synagogue, au-dessus de l’assemblée)

(Voir d’autres utilisations de ce terme en tant que verbe et adjectif en note de bas de page)

A quoi s’exhorter ?

Il est précisé juste avant de veiller les uns sur les autres dans le but de pratiquer la charité:

  • Hébreux 10:24 Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes oeuvres.

Peu après et peu avant, il est encore écrit:

  • Hébreux 10:23 Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle.
  • Hébreux 10:35 N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération.

La promesse de Dieu est de nous sauver, la grande rémunération est la Vie Éternelle, le salut. (Le mieux est de lire le chapitre en entier)

Dans le verset 25 précisément, nous devons nous exhorter à ne pas quitter notre rassemblement. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement?

Une autre explication

Ce passage a pour explication première de ne pas quitter notre rassemblement dans les cieux. Ce qui correspond à la fin du verset  » cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour » ,  qui signifie que le jour du grand rassemblement dans les cieux est proche.

Une deuxième explication prend en compte plusieurs chapitres de cette lettre aux hébreux, et premièrement le passage immédiatement après Hébreux 10:25.

En effet, plusieurs hébreux devenus chrétiens, retournaient au judaïsme, délaissant Jésus et tout ce que cela comporte, selon cette même lettre aux hébreux.

Cela correspond à la traduction de Lemaistre de Sacy qui parle des assemblées des fidèles. Les fidèles est un des termes utilisés  pour parler des chrétiens.

  • Hébreux 10:25 Traduction Lemaistre de Sacy – ne nous retirant point des assemblées des fidèles

Il est le seul a écrire « des fidèles » et cela correspond à la traduction Darby,  qui parle du rassemblement de nous-mêmes:

  • Hébreux 10:25 Traduction  John Nelson Darby – n’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes

Darby s’éclaircit avec la traduction de Witness Lee qui explique en note de bas de page de la traduction « Recouvrement »: certains hébreux s’étaient retiré de la promesse du salut, c’est à dire de la foi chrétienne, et donc des rassemblements de chrétiens pour retourner dans le judaïsme. Witness Lee explique que cela signifie se retirer des assemblées chrétiennes pour retourner aux assemblées judaïques, c’est à dire dans les synagogues.

Le contexte de la lettre aux Hébreux en entier correspond. Les assemblées chrétiennes sont aussi, d’un point de vue chrétien, au-dessus des synagogues.

  • Hébreux 10:25 Traduction Witness Lee – (Recouvrement) – n’abandonnant pas notre propre rassemblement

Les deux explications ensemble

Se retirer des assemblées chrétiennes, pour retourner au judaïsme, se retirer du rassemblement « au dessus des synagogues »,  c’est selon cette même lettre aux Hébreux, après avoir cru au salut offert par Jésus-Christ, sortir de la promesse, en d’autres mots, renier le salut. C’est à dire, se retirer de l’assemblée dans les cieux dans notre cœur, dans notre tête, dans notre esprit.

(Je vous invite à lire le chapitre 10 en entier et même la lettre aux Hébreux en entier, en tout cas le chapitre 9, qui introduit ce chapitre 10 pour comprendre de quoi cet épître parle dans son ensemble)

Les églises-religions étatiques

Les religions fonctionnaient par ville. Le conquérant de la ville détruisait la ville et son dieu. Il imposait alors son dieu. Dans l’histoire, les empires (qui avaient conquis plusieurs villes) ont plusieurs fois rassembler les religions des villes de tout leur territoire puis imposé un mixte-religieux commun à tous. L’empire catholique romain avait inventé très tôt dans l’histoire, l’obligation ‘d’appartenir à l’église’. Il a été enseigné pendant des siècles: hors de l’église catholique (romaine) pas de salut.

Est-ce que la traduction d’Hébreux 10:25 sans préciser qu’il s’agit d’une assemblée « au dessus de la synagogue » plus importante que la sysnagogue, et l’interprétation qui en est parfois faites, pourrait en être une des conséquences?

Le protestantisme et l’anglicanisme avaient continué d’instaurer des états ou des monarchies religieuses dans la suite du catholicisme romain, en Europe occidentale ou chacun avait l’obligation d’appartenir à la religion de l’état.

Béréenne attitude

Références:

  1. Les derniers versets du  chapitre 6 de la lettre aux hébreux qui explique que Dieu nous a donné le salut et que Dieu tient ses promesses de façon immuable (c’est la promesse de Dieu de nous sauver et Dieu tient lui ses promesses de façon certaine)
  2. Le chapitre précédent, Hébreux 9, qui introduit ce chapitre d’Hébreux 10
  3. Le contexte du chapitre en entier : Peut-on se sauver soi-même ? (Hébreux 6 et 10)

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N’abandonnons pas notre assemblée ?

Par Paul Calzada (blog : lueurs du matin)


Certains responsables de communautés chrétiennes usent et abusent de ce verset pour culpabiliser ceux qui seraient tentés de quitter leur assemblée. Est-ce le sens de ce verset ? Considérons ce texte dans son contexte. Remontons au chapitre 9 verset 28 qui introduit très bien la pensée de l’auteur sur le chapitre qui suit : « De même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut » (Hébreux 9.28). L’auteur fait allusion à la grande espérance des chrétiens : Jésus doit revenir et les croyants l’attendent !

Cette espérance est mentionnée dans Hébreux 10.23 : « retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. » Il convient de souligner que le verset 25, se termine avec ces mots : « D’autant plus que vous voyez s’approcher le jour». Or, dans les Evangiles, comme dans les épîtres, le jour qui est proche, est toujours celui qui est en relation avec le jour de Sa venue. Vers la fin de ce chapitre 10 il est écrit :  Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas.

Ce chapitre 10 de l’épître aux Hébreux fait allusion à cette grande espérance des croyants : Le retour de Jésus Christ et le rassemblement dans les airs de ceux qui croient en Lui.

En grec le mot traduit par assemblée est « epi-syn-agogè »! Dans le vocabulaire du Nouveau Testament, le mot « épi-syn-agogè ») a un sens bien précis. Il parle toujours du grand rassemblement auprès du Christ lors de son retour. On le retrouve dans Matthieu 24.31 : « Il enverra ses anges… et ils rassembleront (epi-syn-ago) ses élus des quatre vents…» De même dans Marc 13.27 et dans 2 Thessaloniciens 2. 1 : « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui (epi-syn-agogè), nous vous prions, frères… » Donc Hébreux 10.25, ne parle pas de l’assemblée terrestre, mais du rassemblement de tous les chrétiens lors de l’enlèvement.

Le mot « epi syn-agoguè » est composé du préfixe « epi » comme dans épiderme, (au dessus du derme). Et de « syn-agoguè » qui est le rassemblement. Donc « epi syn-agoguè » c’est le rassemblement dans les airs, au-dessus de la terre.
En fait, cette exhortation a pour but de diriger nos pensées vers un objectif glorieux – le retour du Seigneur – et nous encourage à ne pas le perdre de vue.

D’ailleurs c’est ce que nous dit le verbe grec qui est traduit par « n’abandonnons pas » et qui signifie littéralement « ne laissez pas derrière » (en-cata-leipo), c’est-à-dire n’oubliez pas.

Un encouragement pour ce jour : Jésus revient bientôt, n’oubliez pas cette grande vérité de l’évangile.

Paul Calzada

D’autres articles de Paul Calzada sur son blog: Lueurs du Matin


Notes supplémentaires

(concerne la toute première partie de l’article)


  • Epi-sunago: en temps que verbe dans le Nouveau Testament:
  • Epi signifie à nouveau: qui se situe sur,  ce qui est au-dessus de, et le verbe sunago signifie, rassembler, réunir, collecter. Le nom sunagógé a pour racine: une complète collection. Exemples:

Matthieu 23:37 et Luc 13:34 Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu!

Matthieu 24:31 et Marc 13:27 Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.

Luc 17:37 Les disciples lui dirent: Où sera-ce, Seigneur? Et il répondit: Où sera le corps, là s’assembleront les aigles.

  • Epi-sunago: En temps que verbe dans l’Ancien Testament en grec (La Septante, LXX)

Isaïe 52:12 Car vous ne sortirez pas en tumulte ; vous ne marcherez pas comme des fuyards. Le Seigneur marchera le premier devant vous ; car c’est lui qui vous aura réunis ; c’est le Dieu d’Israël.

Psaumes 105:47 Sauve-nous, Seigneur notre Dieu, et rassemble-nous du milieu des Gentils, pour que nous proclamions ton saint nom et que nous mettions notre gloire à te louer.

  • Epi-sunagógé: Dans les livres deutérocanoniques de La Septante (LXX)

(Les livres des Maccabées étaient dans toutes les Bibles protestantes pendant plusieurs siècles. A partir de 1835, les livres deutérocanoniques furent supprimés de plusieurs traductions  protestantes pour  rendre La Bible plus légère et moins couteuse. Il était mentionné que Les livres des Maccabées et les autres livres  deutérocanoniques ne faisaient pas partie du canon hébraïque ni du canon protestant- Au concile catholique-protestant de la ville de Trente, dans les années 1550, lorsque la Bible fut canonisée, ni les catholiques romains ni les protestants n’avaient considéré ces différents livres comme étant « inspiré ». Ces livres nous permettent en tout cas de comprendre se que signifiaient plusieurs termes pour les écrivains de ces époques)

  • Epi-sunago: En temps que verbe:

2Maccabées 1:27 Rassemblez ceux des nôtres qui sont dispersés, délivrez ceux qui sont esclaves des Gentils, et regardez ceux qui sont méprisés et détestés, afin que les nations sachent que Vous êtes notre Dieu.

2Maccabées 2:18 selon qu’Il l’avait promis dans la loi, nous espérons qu’Il aura bientôt pitié de nous, et qu’Il nous rassemblera dans le lieu saint, de tous les pays qui sont sous le ciel.

  • Episunagógé: En temps qu’adjectif : (en grec, c’est un adjectif. Il est parfois traduit par un nom en français)

2 Maccabées 2:7-8 (…) ce lieu demeurerait inconnu, jusqu’à ce que Dieu eût rassemblé et qu’alors le Seigneur montrerait ces choses, et que la majesté du Seigneur apparaîtrait, et qu’il y aurait une nuée, comme elle avait apparu à Moïse, et comme elle fut manifestée lorsque Salomon demanda que le temple fût sanctifié pour le grand Dieu.

(Traduction de la Bible Jérusalem: «Ce lieu sera inconnu, dit-il, jusqu’à ce que Dieu ait opéré le rassemblement de son peuple et lui ait fait miséricorde 8. Alors le Seigneur manifestera de nouveau ces objets, la gloire du Seigneur apparaîtra ainsi que la Nuée, comme elle se montra au temps de Moïse et quand Salomon pria pour que le saint lieu fût glorieusement consacré.»)

Les traductions qui ne mentionnent pas de traducteur particulier sont celles de la Segond 1910, selon la version qui se trouve sur Internet.