Par Theonoptie: Une caractéristique des Pharisiens – l’orgueil spirituel

Les pharisiens connaissaient très bien la Bible. Ils passaient des années à l’étudier et faisaient tout pour la mettre en pratique. Bien entendu, ils étaient loin d’y arriver parfaitement puisque seul le Seigneur Jésus y est parvenu. La chair empêchait la Parole de Dieu de faire son oeuvre en eux. Il aurait fallu, comme Jésus l’a dit à l’un d’entre eux, Nicodème, qu’ils passent par une nouvelle naissance spirituelle et qu’ils apprennent à marcher selon l’esprit nouveau qu’ils auraient alors reçu.

Leurs connaissances bibliques étendues et leur légalisme religieux extrême leur donnaient une profonde satisfaction de soi. Ils étaient les meilleurs à leurs propres yeux et n’avaient pas besoin qu’on les enseigne ou les reprenne. Ils dirent à l’aveugle-né qui avait été guéri : « Tu es né tout entier dans le péché et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent » (Jn 9 : 34).

Les pharisiens connaissaient toute la lettre de la loi et de la doctrine. Mais celle-ci n’était pas descendue dans leur cœur pour y produire la vie. Un pharisien peut connaître toutes les doctrines bibliques essentielles ou vous réciter toute la doctrine de la Croix et de l’œuvre de Christ mais il s’est laissé séduire par cette connaissance, croyant que celle-ci suffisait pour le changer, sans se rendre compte qu’elle n’avait pas produit la vie en lui. Il peut vous expliquer la doctrine de la marche par l’esprit, sans marcher par l’esprit lui-même. Quel piège que celui de la connaissance qui enfle sans l’amour qui édifie !

Pour que la connaissance biblique nous change, il nous faut la recevoir humblement dans le cœur en désirant qu’elle révèle notre propre péché et le moyen d’en être libérés.

Leur orgueil spirituel et leur autosatisfaction rendaient les pharisiens incapables de se réformer spirituellement et moralement. Pourquoi le faire puisqu’ils étaient les meilleurs à leurs yeux ?

Cet orgueil spirituel les empêchait de se mêler aux gens « de mauvaise vie » et aux pécheurs. Ils étaient scandalisés de voir Jésus manger avec des publicains et des prostituées. « Comme Jésus était à table dans la maison, voici, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec Lui et avec ses disciples. Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples : Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? Ce que Jésus ayant entendu, il dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Mt 9 : 10 à 13).

Les pharisiens étaient toujours prêts à faire des sacrifices pour Dieu mais ils ignoraient ce qu’était la miséricorde. Leur attitude était la suivante : « Ne me touche pas, je suis saint ! » Mais ils ne se rendaient pas compte que, pour le Seigneur, les impuretés viennent du cœur de l’homme, de l’intérieur. Mais cela ne souille pas d’aller manger avec des pécheurs quand on veut s’occuper d’eux pour les soigner. « Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme » (Mc 7 : 21 à 23).

L’orgueil des pharisiens se manifestait aussi par le fait qu’ils aimaient les premières places dans les synagogues et qu’ils aimaient à être salués dans les places publiques. Ce sont des manifestations charnelles typiques : le désir d’être reconnu à sa juste valeur, le désir d’être mis en avant, le désir d’être salué ou visité.

L’orgueil des pharisiens les empêchait d’avoir une confrontation directe et franche avec ceux qu’ils considéraient comme leurs adversaires ou ceux avec lesquels ils n’étaient pas d’accord. Ils calomniaient Jésus par derrière mais ne l’affrontaient jamais en face. Ils essayaient de Le prendre par surprise mais n’abordaient pas franchement les problèmes avec Lui.

L’orgueil des pharisiens se traduisait aussi par de l’envie et de la jalousie. Le Seigneur Jésus n’avait pas fréquenté leurs célèbres écoles bibliques mais Il faisait des miracles qu’ils étaient incapables de faire et Il attirait des foules énormes qu’ils étaient incapables de réunir. Comme le dit Nicodème à Jésus : « Rabbi, nous (les Pharisiens) savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jn 3 : 2). Les pharisiens savaient donc que Jésus était venu de Dieu mais leur orgueil, leur jalousie et leur envie les empêchaient de Le reconnaître publiquement.

L’orgueil des pharisiens les poussait aussi à persécuter le Seigneur Jésus. Caïn a toujours persécuté Abel ! La chair n’a jamais supporté l’esprit ! « Mais les pharisiens dirent : C’est par le prince des démons qu’Il chasse les démons » (Mt 9 : 34). « Alors Jésus dit à l’homme : Etends ta main. Il l’étendit et elle devint saine comme l’autre. Les pharisiens sortirent et ils se consultèrent sur les moyens de le faire périr » (Mt 12 : 13 à 14). « Ils cherchaient Jésus et ils se disaient les uns aux autres dans le temple : Que vous en semble ? Ne viendra-t-il pas à la fête ? Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l’ordre que, si quelqu’un savait où Il était, il le déclarât, afin qu’on se saisît de lui » (Jn 11 : 56-57).

Il arrive que certains « chrétiens » calomnient ou « persécutent » ceux qu’ils savent pourtant envoyés par Dieu, ceux qui sont leurs frères dans la foi ! Ils s’arrangent parfois pour les mettre à l’écart, les empêcher de parler et les mettre « hors d’état de nuire », sous quelque prétexte fallacieux mais apparemment valable à leurs yeux !

Bref, les pharisiens étaient tellement remplis d’eux-mêmes qu’ils en étaient devenus aveugles à leur propre condition spirituelle : « Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » (Lc 18 : 10 à 14).

Voilà le portrait parfait du pharisien : « O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes ». Même s’il ne le dit pas, c’est en réalité ce qu’il pense. Infatué [1] par ses connaissances bibliques et son légalisme religieux, il ne se rend même pas compte qu’il est incapable de recevoir le pardon et la justice de Dieu !

En revanche, le publicain, qui se reconnaît humblement pécheur devant Dieu, et qui Lui demande grâce, est reparti justifié, c’est-à-dire « rendu juste » par la grâce et le pardon du Seigneur. Oui, l’orgueil spirituel nous ferme la porte de la grâce. Mais quelle situation terrible que d’être dans les ténèbres et de ne pas s’en rendre compte ! « L’œil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! » (Mt 6 : 22 et 23).

L’œil des pharisiens était en mauvais état. Ils ne voyaient pas leur condition spirituelle réelle. Pour la voir, il aurait fallu qu’ils acceptent de s’humilier devant le Seigneur mais leur orgueil spirituel les empêchait de le faire. Ils étaient perdus, tout en croyant faire partie de « la crème » des sauvés !

Notes

[1] Rendu imbu de sa personne, orgueilleux.

Par Theonoptie

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