• Chercher l’Eglise dans les saintes Ecritures où le Christ, son Rédempteur, se révèle à nous

Augustin parlait ainsi de l’église et des écritures dans les années 410. La phrase ci-dessus est textuellement d’Augustin. Dans sa 394ème lettre, Augustin, qui vivait dans les années 354-430 répondait au sujet des « mensonges officieux », c’est-à-dire, à certains détracteurs de La Bible qui accusaient les apôtres d’avoir écrit des mensonges dans le Nouveau Testament. Voici ce qu’Augustin leur avait répondu :

  • Nous ôter toute croyance aux autorités des divines Ecritures:

Les louanges de Dieu peuvent elles-mêmes passer pour des mensonges officieux,destinés à allumer le divin amour dans les coeurs froids et languissants : c’est ainsi que la vérité n’aura plus d’autorité certaine dans les livres saints. Avec quelle sollicitude le même apôtre ne nous recommande-t-il pas la vérité; lorsqu’il dit: « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi aussi; nous ne sommes plus que de faux témoins de Dieu, parce que nous aurons rendu ce témoignage contre Dieu même, en disant qu’il a ressuscité le Christ qu’il n’a pas ressuscité . » Si quelqu’un avait dit à Paul : Pourquoi ce mensonge vous inspire-t-il tant d’horreur, puisque, si ce que vous avez dit est faux, Dieu n’en reçoit pas moins une grande gloire? L’Apôtre n’aurait-il pas détesté la folie d’un tel langage? n’aurait-il pas cherché, par toute parole possible, à mettre en lumière les plus profonds replis de son coeur, criant que ce n’est pas un moindre crime, mais un plus grand peut-être de louer Dieu par le mensonge que d’accuser la vérité? Il faut donc que tout homme qui aspire à connaître les divines Ecritures les juge si saintes et si vraies, qu’il ne se plaise jamais à y rencontrer des mensonges officieux, mais qu’il passe l’endroit comme ne le comprenant point, plutôt que de préférer son propre coeur à la vérité elle-même. Assurément, celui qui parle ainsi de ces mensonges officieux veut qu’on le croie, et il agit de façon à nous ôter toute croyance aux autorités des divines Ecritures. Et quant à moi, dans la mesure des forces que le Seigneur m’a données, je montrerais que tous ces témoignages pour établir l’utilité du mensonge doivent être compris d’une autre manière : leur ferme vérité serait prouvée. Ces témoignages ne doivent pas plus être menteurs que favorables au mensonge. Mais je laisse cela à votre intelligence. Une lecture plus attentive vous le fera voir peut-être mieux que je ne le vois moi-même. Votre piété remarquera que l’autorité des divines Ecritures deviendrait incertaine, qu’on y croirait ce qu’on voudrait …

On ne peut pas ne pas voir dans ce texte des similitudes avec les remises en question actuelles de La Bible. Si à ces époques, certains soupçonnaient les apôtres de mentir, de nos jours, c’est l’ensemble nouveau et ancien testament qui sont discutés, à commencer par l’existence même de passablement de protagonistes de La Bible y compris Jésus. Il est très intéressant de lire le développement d’Augustin. Il explique que remettre en question UNE chose entraine un effet ‘boule de neige’ et qu’au final, il ne reste rien des écritures. Tôt ou tard, c’est la résurrection même de Jésus qui deviendra incertaine. Et c’est ce qui se passe actuellement dans certains milieux: remettre en cause la Genèse, puis l’existence de Job, puis celle des patriarches, et ainsi de suite, jusqu’à remettre en cause le sens de la croix et encore avant Jésus en tant que Christ. Jésus en devient un simple homme dont l’histoire a prouvé l’existence, et dont l’homme en a fait un héro, une idole,  un mythe, « un dieu ». Voir, Jésus n’a jamais existé. C’est vers quoi tendent plusieurs théologiens et exégètes actuels : ne plus voir la divinité de Jésus, ne plus croire aux écritures,  moins encore à l’autorité des écritures mais croire que l’homme s’invente un dieu pour se rassurer et expliquer ce qu’il ne comprend pas, et, ou, ce qu’il ne maitrise pas comme la foudre, les volcans, la mort, etc.  Plusieurs ‘croient’ que La Bible décrit comment nos ancêtres se représentaient ‘dieu’ (les dieux).

  • Quels sont les livres les plus importants?

Les manichéens remettaient en cause les écritures et avaient écrit un « livre » qu’ils plaçaient au dessus des écritures: Septante et écrits des apôtres. Augustin leur répond que penser que leur livre aurait une quelconque autorité est le fruit de l’orgueil et de la témérité.

  • Extrait de la réponse d’Augustin aux manichéens:

Jésus-Christ n’a pas prononcé cette parole? Mais elle se trouve littéralement dans l’Evangile. Qu’elle est faussement rapportée? Un tel sacrilège ne surpasse-t-il pas ce qu’il y a de plus impie? quoi de plus téméraire? quoi de plus audacieux? quoi de plus criminel ? Les adorateurs des idoles, qui eux aussi blasphèment le nom de Jésus-Christ, n’ont jamais contre les Ecritures tenu un semblable langage. Il suivrait de là en effet que tous les écrits du monde seraient altérés; qu’il faut anéantir tous les livres connus, si ce qui est appuyé sur la religion des peuples, ce qui est confirmé par l’accord unanime des siècles et des hommes, peut devenir l’objet d’un doute capable de faire perdre toute confiance et toute garantie à l’histoire la plus vulgaire. Enfin quelles maximes pouvez-vous tirer des Ecritures, quelles qu’elles soient, contre lesquelles je ne puisse répliquer par votre réponse même, si elles contredisaient mon sentiment et mon opinion? Qui pourra souffrir que les manichéens nous refusent le droit de croire à des livres très-connus et placés entre les mains de tous, et qu’en même temps ils nous commandent de croire à ce qu’ils enseignent eux-mêmes? Si l’on doit douter de toute écriture , ne doit-on pas douter surtout de celle qui n’a pas même mérité l’honneur de la publicité et qui a pu n’être tout entière qu’une fiction sous un nom emprunté. Si donc tu me l’opposes quoique je n’en veuille pas; si tu me forces à y ajouter foi par des preuves d’autorité comment d’un autre côté, douterai-je de nos Ecritures que je vois constamment répandues sur toute la face du monde, que je trouve munies du témoignage unanime de toutes les Eglises de l’univers? Ne serais je pas malheureux d’en douter, et plus malheureux encore de n’en douter que sur ton témoignage? Alors même que tu me présenterais d’autres exemplaires, je ne devrais m’en tenir qu’à ceux qui me seraient recommandés par le consentement du plus grand nombre. Maintenant tu n’as à m’opposer que ta propre parole, aussi vaine que téméraire. Crois-tu donc que le genre humain soit assez dépourvu de bon sens et tellement privé de l’assistance divine, qu’il préfère à ces Ecritures, non pas même d’autres écritures par toi présentées comme réfutation, mais uniquement ta parole ? Produis donc, il le faut ! un autre texte contenant la même doctrine, mais non altéré et plus authentique, et dans lequel il ne manquerait que les points que tu soutiens y avoir été criminellement introduits ! Par exemple si tu prétends que l’épître de saint Paul aux Romains a été interpolée, présente-m’en une autre qui soit restée intacte; ou plutôt montre un autre manuscrit renfermant cette même épître de l’Apôtre sans altération, sans falsification. Je ne le ferai pas, dis-tu, dans la crainte qu’on ne la croie interpolée par moi-même. C’est là en effet votre réponse habituelle, et elle est juste. Car si tu le faisais, tu n’empêcherais pas les hommes doués du bon sens le plus vulgaire, de te soupçonner. Par là, juge toi-même de quel poids doit être à tes yeux ta propre autorité; comprends enfin quel cas il faut faire de tes attaques contre l’Ecriture, en voyant de quelle témérité on serait accusé, pour ajouter foi à un manuscrit, uniquement parce qu’il serait produit par toi.

Ce n’est pas sans rappeler le nombre important de livres écrits à nos époques, dont l’autorité dépasse La Bible elle-même. Par ailleurs, plusieurs filtres de lecture (herméneutique) sont proposés. Si le filtre est faux, La Bible entière est déformée. Nous ne  lisons bien souvent plus La Bible avec les yeux de ceux qui l’ont rédigée mais avec les yeux de ceux qui commentent et analysent La Bible. Croient-ils aux écritures ? Et premièrement ‘en Dieu’ ? Augustin écrivait encore :

  • Pour comprendre, il faut premièrement croire !

Béréenne attitude

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