Porneïa en grec est traduit dans ‘nos’ Bibles en français  principalement par  fornication ou impudicité. Sur Internet, le site persee.fr comporte de nombreuses études.  Par exemple en français :

  1. Rousselle (Α.), Porneia, de la maîtrise du corps à la privation sensorielle IIe-IVe siècles de l’ère chrétienne
  2. J. Cottiaux. La sacralisation du mariage. De la Genèse aux incises matthéennes (C’est à dire de la Genèse aux écrits de Matthieu )
  3. De l’observance rituelle à l’ascèse: recherches sur le Décret Apostolique

En faisant des recherches informatiques avec les mots porneïa et fornication, il est possible d’arriver directement dans les passages de ces différents livres qui mentionnent ces termes. Il s’avère que ni les théologiens ni les linguistes ni les exégètes ni les historiens ne connaissent de façon formelle la définition de porneïa.

H. Crouzel, un critique catholique du livre de Cottiaux, lui aussi catholique,  exprime clairement que le but du livre de 800 pages (du théologien Cottiaux) n’est pas de rechercher la signification véritable du mot porneïa à l’origine mais de donner un sens au mot porneïa, en fonction des couples de l’institution catholique d’aujourd’hui.

Ce qu’on fait aussi les protestants dans l’histoire.  Cottiaux commence soudain d’écrire des informations très intéressantes, puis coupe court pour citer un dogme catholique.  H. Crouzel qui fait la critique du livre de 800 page de Cottiaux n’arrive en fait jamais à la définition de porneïa, alors que c’est le titre même de sa critique. Une phrase est très importante en introduction, il écrit:  Car la situation du théologien (catholique, M. Cottiaux) à ce sujet est loin d’être confortable, s’il veut rester fidèle à sa tâche de traduire la volonté du Seigneur et la tradition de l’Église d’une manière qui puisse répondre aux nécessités contemporaines.

Aline Rousselle n’est pas catholique. Elle explique deux choses importantes qui se sont déroulées dans les débuts de l’église, lorsque être chrétien est devenu obligatoire, à partir des années 380 environ:

  1. La chasteté mise en avant et vue comme le summum de la dévotion pour ‘servir Dieu’.  C’est historiquement le début des moines qui feront voeux de chasteté. (Les prêtres-curés-papes eux, feront voeux de célibat des siècles plus tard, afin de ne pas avoir d’héritiers. Leurs enfants nés de leurs concubines n’héritent plus alors du patrimoine de l’église et ce dernier ne se parcelle plus en fonction des nombreux héritiers mais reste entre les mains des évêques)
  2. Réprimer, interdire et réglementer les très nombreuses pratiques sexuelles libertines de la Rome antique, jusque dans la chambre à coucher.

Aline Rousselle met clairement en évidence, qu’au 5ème siècle (dans les années 400), l’église romaine a imposé à tous, chrétiens et non-chrétiens, des règles extrêmes de conduite sexuelle. Elle cite plusieurs livres écrits par les pères de l’église de cette époque à ce sujet.

Au 5ème siècle, si l’institution catholique « autorise » n’importe quel dieu dans ses temples, tous construits autour d’un tombeau, la prostitution sacrée en est bannie pour faire place à l’exaltation de la chasteté et de la virginité. La signification réelle du mot porneïa s’est perdue depuis. Il semblerait que la raison était encore ailleurs, c’est à dire, conserver une pérennité de ces peuples et maintenir sa croissance démographie.

Et les apôtres, peuvent-ils nous éclairer ?

Paul et Sosthène en réponse aux questions des Corinthiens préciseront que le chrétien n’est pas lié, lorsque son conjoint païen souhaite divorcer. (1 Corinthiens 7:15)  A ma connaissance, il n’y a pas d’autres raisons de divorce dans les lettres et les actes des apôtres que le paganisme. Les apôtres reprennent forcément les enseignements de Jésus. Et les apôtres ont retranscrit dans les évangiles par porneïa le mot que Jésus a prononcé (peu importe dans quelle langue) lorsque ce dernier a donné la raison de divorce possible.

A cette époque tous comprenaient précisément de quoi il s’agissait. Donc lorsque les apôtres indiquent une raison de séparation: avoir un conjoint païen, il serait logique de penser que les dires de Jésus allaient dans ce sens: celui qui renvoie sa femme, sauf pour cause d’infidélité (sauf pour porneïa, sauf pour paganisme)  (Matthieu 19:9). (En grec, c’est le mot porneïa qui est utilisé)

Par ailleurs, lorsqu’Il instaure l’église, Jésus dira: si ton frère a péché contre toi, reprend-le. S’il ne t’écoute pas, qu’il soit pour toi comme un païen. S’il n’écoute personne, dis-le à l’Eglise; et s’il refuse d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour tous considéré comme un païen. (Matthieu 18 : 17))

Les hébreux dans tout l’Ancien Testament se séparent des païens.  Être un chrétien, être un saint, c’est avoir été séparé, mis à part, des dieux païens … et de ceux qui servent les dieux païens, en couchant avec les prêtres-prostitués des temples, notamment …

La prostitution sacrée, une pratique courante?

A l’époque de Jésus et des apôtres si cette prostitution était très courante, le nouveau testament devrait la mentionner à plusieurs reprises. A première vue, le nouveau testament ne parle pas des prostitué(e)s sacré(e)s des temples païens. Bien que justement, si le mot porneïa la désigne, le nouveau testament dénonce sans cesse la prostitution sacrée mais nous ne le savons pas, par ‘nos’  Bibles en français, qui traduisent porneïa par fornication et impudicité, la plupart du temps.

Or dans les sociétés (peuples) autres que les hébreux, coucher avec les préposés des temples était très courant. En lisant le nouveau testament, sans connaître l’histoire, nous ne penserions pourtant pas que ces pratiques existaient.

L’Ancien Testament par contre, en parle très clairement

Il n’y aura pas de courtisane sacrée parmi les filles d’Israël; il n’y aura pas de prostitué sacré parmi les fils d’Israël. Tu n’apporteras jamais dans la maison du Seigneur ton Dieu, pour une offrande votive, le gain d’une prostituée ou le salaire d’un « chien », car, aussi bien l’un que l’autre, ils sont une abomination pour le Seigneur ton Dieu. (Deutéronome 23:18-19)

Les chiens sont des prêtres prostitués, bien souvent eunuques ou émasculés. Cela ne se voit habituellement pas dans nos Bibles en français.

Parmi les passages de La Bible qui utilisent le mot porneïa,  la plupart désigne les prostituées des temples, c’est à dire se prostituer avec d’autres dieux que Dieu.

Quelques rares versets ne parlent pas de se prostituer avec d’autres dieux que Dieu. Exemple:

On entend dire généralement qu’il y a parmi vous de l’impudicité, et une impudicité (porneïa) telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un de vous a (possède) la femme de son père. (1 Corinthiens 5 : 1)

Paul parle d’une impudicité pire que celle des païens. Que signifiait exactement porneïa dans ce contexte?  Et surtout ‘avoir’ sa belle-mère? Que signifiait dans la bouche des apôtres: avoir une femme? Coucher avec sa belle-mère est en tout cas interdit dans le Lévitique (20:11). Mais serait-ce une débauche pire que celle des païens? Selon les fresques retrouvées sur certains murs et plafonds de la Grèce antique, les païens du temps de Jésus et des apotres pratiquaient « tous ce qu’il était possible » de pratiquer en matière de sexualité.

Les concordances bibliques

La Strong indique qu’en Marc 10:11-12 le mot porneïa serait utilisé pour ‘relation sexuelle avec un divorcé’. (Ce que ne dit pas Marc) En grec, c’est moichaó qui est utilisé pour parler de remariage, dans ces mêmes concordances. (Voir un exemple) Dans la colonne de droite, nous ne voyons pas Marc 10:11-12. En cliquant dans le verset en question, sur le numéro à coté du mot adultère, nous découvrons le grec strong 3429 moichaó. Dans toute La Bible moichaó est traduit par adultère.  Dans ce passage de Marc sur le remariage,  il est parlé d’adultère. Ce terme sous-entend une idée d’appartenance, prendre ce qui appartient à quelqu’un d’autre. Par contre, à ces époques, un homme ne trompait pas son épouse en prenant une deuxième épouse. Il commettait un adultère en prenant une femme qui appartenait à quelqu’un d’autre.

La plupart des dictionnaires bibliques donnent pour définition à porneïa l’ensemble des pratiques sexuelles en dehors d’un couple marié et l’idolâtrie. L’idolâtrie est parfois décrite comme étant manger la nourriture destinée aux idoles. Dans les quelques concordances-dictionnaires consultés, les prostitué(e)s sacré(e)s n’y sont pas mentionnés. Et pourtant, à l’époque de Jésus et des apôtres, dans toutes les villes autour de la méditerranée, et ailleurs dans le monde, il y avait des temples et des prostitué(e)s pour y officier.

  • Pourquoi, cette volonté de taire la signification des termes utilisés par les apôtres jusque dans les dictionnaires ?

Dans la version en hébreu DuTillet de L’Évangile de Matthieu, le mot porneïa  (Mat 19:9) est en hébreu zenuwth: prostitution. Zenuwth est 9 fois dans l’Ancien Testament, dont 7 pour décrire l’idolâtrie de façon certaine.

Porneïa est 36 fois dans La Septante, l’Ancien Testament en Grec, sauf rares exceptions, il est toujours utilisé dans un contexte du peuple d’Israël en entier, qui s’est détourné de Dieu, pour le tromper avec d’autres dieux.

Les impudiques qui pratiquent l’impudicité

Dans le nouveau testament le mot impudique en français traduit le grec pornos: un homme prostitué. Ceux qui pratiquent l’impudicité (porneïa) seraient donc bien les prostitués des temples qui servent les dieux païens? Pornos, étymologiquement vient de vendre. Pornos est de la famille de piprasko (Strong 4097) qui a pour signification vendre, qui peut être compris dans le sens de « valeur marchande ». L’esclave est « un vendu pour telle valeur ». Les choses et les personnes étaient désignées par leur valeur marchande, par leur prix.

Et dans l’histoire?

L’institution catholique, après avoir imposé à tous l’obligation d’être chrétiens, a institué des restrictions énormes en matière de sexualité. D’autre part, l’institution catholique fermera constamment les yeux sur l’idolâtrie. Les cathédrales sont des lieux de vénération, dédiés à l’un ou l’autre ‘dieux-saints’  et souvent à plusieurs, dont les tombeaux d’une ou plusieurs idoles se trouvent à l’intérieur. Cette institution ferme aussi depuis toujours les yeux sur l’adoration des très nombreuses déesses, reines du ciel, dames de tous les peuples, que beaucoup ont soudain toutes nommées ‘Marie’. Les déesses de différentes régions, comportant différents noms, se sont donc soudain appelées du même nom: Marie. Il était donc logique que cette institution n’autorise pas le divorce pour idolâtrie. Sinon, la plupart des couples auraient pu divorcer car l’un ou l’autre conjoint (ou les deux) ne s’était pas mis à part des pratiques païennes.

De façon générale, les règles sur la sexualité que cette institution établira dans les états catholiques qu’elle dirigeait, iront bien au delà de la pensée des apôtres.

Par la suite, les protestants sortiront de l’idolâtrie et créeront des états protestants sur un même modèle que les états catholiques. Les responsables protestants en traduisant La Bible seront eux aussi confrontés à la position difficile du théologien catholique cité au début de cet article: « rester fidèle à sa tâche de traduire la volonté du Seigneur et la tradition de l’Eglise d’une manière qui puisse répondre aux nécessités contemporaines ».

Si les responsables ont eu pour objectif de supprimer le deuxième point: la tradition de l’Église catholique, ils ont pensé aux nécessités contemporaines.

En ne supprimant pas les états protestants, c’est à dire en continuant de rendre la religion obligatoire, que fallait-il enseigner à un nombreux peuple, qui n’avait pas un comportement découlant d’avoir la loi de Christ écrite dans leur coeur?

Ce peuple sortait d’années de conflits, après avoir subit des siècles durant, la pression du régime catholique: menaces d’enfer, de malédictions, (superstitions), etc, etc.  Comment se comporte un peuple qui n’est pas rempli de l’Esprit de Jésus-Christ au sortir d’une guerre? Il fête la paix!  Et après avoir été longtemps écrasé, après avoir vécu des situations de guerres, fêter la Paix, peut aller très, très loin en ‘beuverie’ et en ‘sexualité de toute sorte’. Il est impossible que les responsables des villes et des états (monarchies, etc) devenus protestants à ces époques n’y aient pas pensé.

Révolution sexuelle protestante et puritaine

Les protestants ont en quelque sorte vécu une ‘libération sexuelle’, en tout premier de ne pas avoir à ‘rendre compte’ de ce qui se passait ‘dans la chambre à coucher des couples’ lors des confessions. (Le protestantisme et avant lui, le proto-protestantisme n’a jamais pratiqué la confession). D’autres part, les protestants s’efforceront de faire toutes choses avec intégrité, sans mensonge, sans l’hypocrisie d’une double vie: une ‘bien sage’  ‘aux yeux de tous’ et une cachée, bien moins sage! Et sans l’hypocrisie de créer une multitude de règles, puis de trouver le moyen de les contourner.  Au moment de l’instauration historique du protestantisme, les choses « bien moins sages » se faisaient souvent ouvertement,  et même plusieurs s’amusaient à contourner des règles qu’eux-mêmes promulguaient.

La plupart des superstitions et des tabous propagés pendant des générations par l’institution catholique aux habitants des états catholiques seront abolis dans les états protestants. Les puritains, à partir des pays anglo-saxon, par la suite, vivront eux aussi cette ‘libération sexuelle’, bien que les médias aient souvent utilisé faussement le terme puritain. Ce mot signifie: se libérer de toutes les pratiques, contraintes et superstitions catholiques et des nombreuses reliques, déesses, saints, etc, qui n’ont aucun fondement chrétien.

Forniquer: de la prostitution sacrée à ‘faire l’amour sans être marié’

Le mot fornication désigne très certainement au départ: tromper Dieu avec d’autres dieux, servir et sacrifier aux idoles, coucher avec les prêtres et les prêtresses sacrées des temples païens, etc. Ce sont les Pères de l’église catholique qui ont soudain passé de la prostitution sacrée, au commerce de la prostitution sans rapport avec les temples païens.

Par la suite, les traducteurs protestants anglophones de La Bible King Jame, en 1611, ont soudain désigné « faire l’amour hors mariage » par fornication. Ce qui a été repris par le français. Auparavant, porneïa était traduit par prostitution dans les Bible en vieux français.

  • Autres articles
  1. Fornication, porneïa, dans La Septante et Le Nouveau Testament
  2. La fornication dans La Bible et dans l’histoire: introduction
  3. La vidéo de Théonoptie La destruction du couple – Le divorce

Béréenne attitude

  • Sources et autres informations

Lors de la première traduction des écritures hébraïques en langue grecque, dans les années 270 av JC,  plusieurs termes en hébreu ont été traduits en grec par la famille de porneïa dans certains contextes spécifiques. Les mots de la famille de porneïa sont généralement traduits en français dans l’Ancien Testament par prostitution, un, une prostitué(e), se prostituer. Dans l’histoire, les prostitué(e)s sacré(e)s servaient les dieux et déesses païennes dans les temples en offrant leur corps ‘aux dieux’, c’est à dire à ‘n’importe qui’.

  • Du grec au latin

En grec les voûtes se disent porne, ainsi que les prostitué(e)s, et en latin voûte se dit fornix, ainsi que les prostitué(e)s). Les prostitué(e)s travaillaient sous des voûtes, certainement les portiques qui entourent les cours des temples et des basiliques, ces long couloirs ouverts recouverts d’un toit. En latin, porneïa (grec) a été traduit par fornix, c’est à dire voûte, qui donnera en français: fornication, fornicateur, forniquer.

  • Protestantisme dans l’histoire

Les traducteurs de La Bible King James en 1611 ont soudain désigné ‘faire l’amour avant le mariage’ par fornication-porneïa. Auparavant, la fornication signifiait la prostitution.

  1. Modifications apportées en cours de route : Canon établi au concile de trente 1542-1563 :  theologiedelepiscopat chez-alice fr – bio de Jésus no 169 (avant-dernier paragraphe)
  2. Etymologiquement, le nom latin de fornicatio a été donné par les écrivains de l’Eglise latine aux relations avec les prostituées, parce qu’on appelait à Rome et à Pompéi fornices (de fornix, voûte, chambre voûtée) les chambres où on descendait de la rue et qui servaient de lieux de prostitution. Art. fornix, dans le Dictionna II. ire des antiquités grecques et romaines de Darenberg et Saglio, Paris, 1896, t. II, p. 1264, et dans Real Encyclopädie der classischen Altertumswissenschaft de Pauly-Wissowa, Stuttgart, 1910, t. VII, col. 11
  3. Contexte historique : Le google book Auctoritas Par Giles Constable, Michel Rouche page 73 à 75
  4. Renvoi des femmes qui servent d’autres dieux: Ancien Testament: Esdras 10

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  1. Fornication, porneïa, dans La Septante et Le Nouveau Testament
  2. La fornication dans La Bible et dans l’histoire : introduction
  3. Tromper Dieu avec d’autres dieux:
    Le peuple de Dieu, épouse de Dieu, épouse de Christ
    Le blasphème
    Le péché selon l’Ancien Testament
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