Fornication traduit dans le Nouveau Testament le mot grec porneïa. Porneïa est encore traduit par d’autres mots en français dans le Nouveau Testament, principalement par impudicité.

  • Porneïa dans l’Ancien Testament

Dans La Septante (la première traduction en grec de l’Ancien Testament vers 270 av JC)le grec porneïa est la plupart du temps traduit en français par prostitution.  Le contexte général qui revient sans cesse dans les passages contenant ce mot grec est de vénérer d’autres dieux que Dieu. Les temples de tous les peuples avaient des prêtresses, parfois des prêtres, souvent des eunuques avec lesquels coucher, pour par exemple, augmenter la fertilité des couples et des récoltes.

  • Les peuples époux, épouses de leurs dieux

Dans La Bible, le peuple de Dieu est souvent appelé l’épouse de Dieu ou encore sa fiancée. Les prophètes de l’AT nous parlent par exemple du peuple entier de Juda comme étant une femme, du peuple entier d’Israël comme étant la soeur de Juda. D’autres  peuples se sentaient ‘mariés’ à leurs dieux, et comme ils ne pouvaient pas coucher avec ‘les dieux’, ils couchaient ‘entre humains’. Ces pratiques sont arrivées parfois jusque chez les hébreux.

1 Rois 14,21-24 Juda fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur et, par les péchés qu’il commit, provoqua sa jalousie plus que n’avaient fait leurs pères. Comme ceux-ci, ils bâtirent à leur usage des hauts lieux, des stèles et des poteaux sacrés sur toutes les collines élevées et sous tout arbre verdoyant; il y eut même des prostitués sacrés dans le pays, ils agirent selon toutes les abominations des nations que le Seigneur avait dépossédées devant les fils d’Israël.

  • Le dieu des hébreux et les autres dieux

Dans les peuples non-hébreu, dans les nations,  les prêtres et les prêtresses recevaient à manger par le peuple, en échange de pouvoir ‘coucher avec dieu’ afin d’être béni. Plusieurs peuples faisaient aussi des sacrifices humains afin d’avoir de bonnes récoltes, la pluie, etc. Leurs dieux étaient souvent très exigeants et demandaient beaucoup de sacrifices d’animaux, d’enfants et même d’adultes. Les rois, les pharaons, les empereurs faisaient souvent en sorte d’être considérés comme des « dieux ». Les dieux  sculptés dans la pierre et dans le bois, et représentés parfois en mi-homme, mi-animal, parfois en animal ou par un homme ou une femme ont certainement tous existé un jour (en tant qu’être humain « normal », pensent la plupart des historiens.

Dieu, le dieu des hébreux promettait lui à son peuple la fertilité, un grand peuple, la santé, de bonnes récoltes sans avoir à ‘coucher avec lui’, c’est à dire, sans avoir à coucher avec les prêtres et les prêtresses de son Temple. Dieu ne demandait pas non plus de sacrifice humain, uniquement des sacrifices ‘de bonnes odeurs’, c’est à dire, le gras de la viande était brûlé pour Dieu, ce gras pas très bon pour la santé.  Toutes les autres choses que le peuple apportait en dîme et en offrande étaient mangées par le peuple lui-même.  Les prêtres  (les sacrificateurs) se servaient et le peuple lui aussi mangeait la viande qui avait rôti sur l’autel. Si la viande était restée 3 jours sur l’autel, plus personne n’avait la permission de la manger, c’était une abomination devant Dieu. C’était aussi et surtout un grand risque d’intoxication alimentaire pour le peuple hébreu. Dieu n’a donné aucune loi pour sa propre ‘réjouissance’. Ce qui réjouissait Dieu était de voir son peuple danser, chanter, se réjouir lui. Ce qui réjouissait Dieu aussi,  c’était de voir son peuple pratiquer la justice, c’est à dire qu’il soit intègre, droit, franc, qu’il se préoccupe des autres et qu’il ne laisse personne sans nourriture. Les exigences de Dieu servaient en premier son peuple lui-même. Dieu était donc très différent des autres dieux.

L’Ancien Testament en entier nous montre la différence entre le Dieu du peuple hébreu et les autres dieux. Dieu a comme principale exigence de l’avoir lui seul pour Dieu. Il donnera de nombreuses lois à son peuple,  pour faire de lui un grand peuple, par AMOUR pour son peuple.  Les autres dieux ne sont pas jaloux, ils ne sont pas exclusifs. Il est possible de vénérer plusieurs dieux à la fois, et même de vénérer en plus, le Dieu des hébreux. Par contre, les autres dieux ont des exigences énormes envers leurs adorateurs, des exigences bien souvent égoïstes,  pour le bien ‘des dieux’ et non pas pour le bien du peuple ou alors en contrepartie, les dieux pensent au bien du peuple mais pour eux-même bénéficier des faveurs du peuple.

  • La sacralisation de la chasteté et la vénération des idoles

Dans le Nouveau Testament, même (et peut-être surtout)  les pharisiens se défendront devant Jésus d’être « porneïa » et diront nous avons uniquement Dieu pour Père, nous ne sommes pas des enfants « porneïa » (Jean 8:41)

Lorsque la religion chrétienne est devenue obligatoire, beaucoup de non-chrétiens n’ont pas abandonné leurs idoles. Ces statues ont reçu pour la plupart des noms de chrétiens décédés. Avoir plusieurs dieux, dont le Dieu des hébreux ne sera plus considéré comme étant contraire à la foi chrétienne par plusieurs.

En parallèle, de plus en plus de chrétiens se faisaient moines, renonçant à tout. Parmi eux plusieurs ont beaucoup écrits, devenant les leader de ce nouveau mouvement. Les temples n’avaient plus de prêtres et prêtresses sacrées mais toujours plus d’ascètes prônant la chasteté pour ‘atteindre Dieu’.

Pour contrecarrer la sexualité sacrée, beaucoup ont ‘sacralisé’ la chasteté. Être un saint, pour eux, c’était n’avoir aucune relation sexuelle. Ce que La Bible ne dit pas. A aucun moment, Jésus, les apôtres et avant eux les prophètes ne laisseront entendre que ne pas avoir de relation du tout, rendrait plus saint que d’en avoir.  Ce qui rend saint, consacré  mis à part, c’est la mort à la Croix de Jésus et ceci pour tous les chrétiens : mariés, non-mariés, etc, etc. Mis à part, saint, consacré, c’est premièrement se mettre à part des pratiques païennes.

La vénération des vierges accentuera encore ce mouvement contraire aux pratiques païennes de la sexualité sacrée. Des réglementations très sévères, jusque dans l’intimité des couples verront le jour, prescriptions allant bien au delà des dires de Jésus et des apôtres. Beaucoup de choses furent considérées comme ‘sales’, même l’amour entre conjoint.

  • Doubles vies

Les mères transmettaient à leurs filles qu’elles ne devaient pas jouir, que ce n’était pas bien ‘aux yeux de Dieu’.  Ce qui n’est écrit nul part dans La Bible. Ces superstitions ont provoqués beaucoup de frustrations sur des générations de couples pour les habitants de ces régions. Les épouses devaient rester ‘le plus vierge possible’. En parallèle, la prostitution-non-sacrée, grandissait créant deux ‘sortes’ de femmes, (les vierges et) les mères et les putes. De leur coté, les hommes bien souvent commencèrent de mener des doubles vies :  une ‘sage’ vis-à-vis de leur famille et une deuxième, cachée.

Dans l’Ancien Testament, dans la loi de Moïse, les hommes qui venaient de se marier étaient dispensés de faire l’armée (et d’autres choses). Ils pouvaient rester « à la maison » pendant toute une année, uniquement pour réjouir leur nouvelle épouse. Même si cela allait avec ‘faire un enfant’, dans l’Ancien Testament,  l’amour entre conjoint était encouragé.

  • Le contexte des tous premiers chrétiens

Dans passablement de villes autour de la méditerranée (et ailleurs ?)  les premiers chrétiens pouvaient voir des statues d’hommes et de femmes souvent très peu couvertes ou même pas du tout. De nombreuses fresques représentant des couples, et pas que des couples, ornaient les bâtiments. A Pompeï,en Italie, pas très loin de Rome,  il y avait 25 lupanars, c’est à dire 25 bars à putes, pour 15’000 habitants.

Les apôtres donneront plusieurs recommandations aux premiers chrétiens afin qu’ils ne succombent pas à ‘porneïa’. Paul écrivait aux couples : ne vous privez pas l’un de l’autre afin d’éviter d’être tenté. Il écrira aussi : que chaque femme ait son mari et que chaque mari ait sa femme, afin d’éviter ‘porneïa’. Avoir été comblé ‘à la maison’ permettait de pouvoir parcourir avec plus d’aisance les rues des villes dans lesquelles les chrétiens habitaient. Avoir été comblé, satisfait, et être alors libre dans ses pensées, est différent que de subir des interdits extrêmes, puis de les contourner en cachette.

Béréenne attitude

Articles suivants:

  1. Fornication, porneïa, dans La Septante et Le Nouveau Testament
  2. La fornication : suite

Sources:

  1. * En langue hébraïque Matthieu 19:9 Dutillet strong n°2184 zenuwth. Zenuwth est 9 fois dans l’Ancien Testament : (Nombres. 14:33; Jérémie. 3:2, 9; 13:27; Ézéchiel. 23:27; 43:7, 9; Osée. 4:11; 6:10)
    • 7 fois pour décrire l’idolâtrie
    • 2 fois où il est difficile de déterminer de quoi il s’agit.
  2.  (Dans la Septante en Grec : porneïa) (Genèse 38:24; Nombre 14:33; 2 Rois 9:22; Esaie 47:10; 57:9; Jérémie 2:20; 3:2, 9; 13:27; Ézéchiel 16:15, 22, 25, 33f, 36, 41; 23:7f, 11, 14, 17ff, 27, 29, 35; 43:7, 9; Osée 1:2; 2:4, 6; 4:11f; 5:4; 6:10; Michée 1:7; Nahum. 3:4 ) (Les f signifient : et le(s) verset(s) suivant(s). Les versets suivants ne sont pas dans la liste ci-dessus)
  3. Étymologiquement, le nom latin de fornicatio a été donné par les écrivains de l’Eglise latine aux relations avec les prostituées, parce qu’on appelait à Rome et à Pompéi fornices (de fornix, voûte, chambre voûtée) les chambres où on descendait de la rue et qui servaient de lieux de prostitution, source: Art. fornix, dans le Dictionna II. ire des antiquités grecques et romaines de Darenberg et Saglio, Paris, 1896, t. II, p. 1264, et dans Real Encyclopädie der classischen Altertumswissenschaft de Pauly-Wissowa, Stuttgart, 1910, t. VII, col. 11
  4. Étymologiquement, porneïa (fornax) vient de l’indo-européen: gwher, qui signifie chaud, chaleur et peut-être encore:  chaleur des fours (fourneaux) ou bruler.
  5. Fornax est aussi une déesse, la déesse des fours (ou de fourneaux) utilisés pour torréfier les grains de blé. Les romains donnaient la dime de leur récolte à leurs dieux puis faisaient rôtir le blé ou l’épeautre dans des fourneaux (ou de fours). Fornax, la déesse protégeait les habitations du feu des fourneaux.
  6. Fornax est aussi une constellation d’étoile dont le pendant chinois est le tigre blanc de l’ouest
  7. Les passages du nouveau testament contenant le mot « prostitué homme »  se retrouvent par le strong grec n°4205 : pornos,   traduit par « impudique ». Pornos vient  de pernemi  : vendre  (si le lien fonctionne, voir :  Pornos) Les citoyens des citées (des villes), semblent être désigné dans la Bible comme des hommes libres, impossibles d’êtres vendus. Bien qu’une ville pouvait soudain assujettir une autre ville et l’ensemble de ses habitants. Actes 21:39 Je suis Juif, reprit Paul, de Tarse en Cilicie, citoyen d’une ville qui n’est pas sans importance. Permets-moi, je te prie, de parler au peuple. Actes 22:24 Le tribun commanda de faire entrer Paul dans la forteresse, et de lui donner la question (l’interrogatoire) par le fouet, afin de savoir pour quel motif ils criaient ainsi contre lui. 25 Lorsqu’on l’eut exposé au fouet, Paul dit au centenier qui était présent : Vous est-il permis de battre de verges un citoyen romain, qui n’est pas même condamné ? 26 A ces mots, le centenier alla vers le tribun pour l’avertir, disant : Que vas-tu faire ? Cet homme est Romain. 27 Et le tribun, étant venu, dit à Paul : Dis-moi, es-tu Romain ? Oui, répondit-il. 28 Le tribun reprit : C’est avec beaucoup d’argent que j’ai acquis ce droit de citoyen. Et moi, dit Paul, je l’ai par ma naissance. 29 Aussitôt ceux qui devaient lui donner la question (l’interrogatoire au moyen du fouet) se retirèrent, et le tribun, voyant que Paul était Romain, fut dans la crainte parce qu’il l’avait fait lier.
    Pornos est de la famille de piprasko (Strong 4097) qui a pour signification vendre, qui peut être compris dans le sens de « valeur marchande ». L’esclave est « un vendu pour telle valeur ». Les choses et les personnes étaient désignées par leur valeur marchande, par leur prix. L’esclave correspond à une valeur, à un prix. Le maitre des esclaves est désigné lui aussi par la grandeur de ses valeurs, (dont ses esclaves) Le total est sa valeur (marchande) à lui. Lorsque Jésus a été vendu par Juda, les responsables ont considéré que Jésus valait 30 pièces d’argent. Matthieu 27 : 9 Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur (le prix) de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël. En comparaison: Actes 19 : 19 Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlèrent devant tout le monde: on en estima la valeur à cinquante mille pièces d’argent. Les hommes et les choses avaient un prix, un honneur, une considération, une valeur marchande.
  8. Texte reçu comparé au texte alexandrin :www.info-bible.org/bible/texte-recu.ht
  9. Le concile de Trente entre protestants catholiques dans l’histoire: Modifications apportées  au concile de trente: 1542-1563 :  theologiedelepiscopat chez-alice fr – bio de Jésus no 169 (avant-dernier paragraphe)
  10. Contexte historique : Le google book Auctoritas Par Giles Constable, Michel Rouche page 73 à 75
  11. Renvoi des femmes étrangères : Ancien Testament : Esdras 10

Articles connexes

  1. Tromper Dieu avec d’autres dieux:
    Le peuple de Dieu, épouse de Dieu, épouse de Christ
    Le blasphème
    Le péché selon l’Ancien Testament
  2. Fornication, porneïa, dans La Septante et Le Nouveau Testament
  3. La fornication : suite
  4. La vidéo de Théonoptie Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage